20.05.2008

L’opposition des médias vue par Marianne

Excellent papier de Jean-François Kahn dans Marianne cette semaine, dans lequel il revient sur l’opposition des média dénoncée par le président de la République lors de sa rencontre avec les parlementaires UMP.

Il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy s’est plaint de l’opposition systématique des médias, qui joueraient le rôle de l’opposition à la place d’un parti socialiste inaudible. Il a attaqué nommément le Nouvel Observateur, Libération, Le Parisien, Marianne et même l’AFP. Le résidant de l’Elysée a notamment critiqué la faible reprise du conflit qui oppose Ségolène Royal à une de ses anciennes employées en affirmant que s’il avait été poursuivi, l’attention médiatique aurait été beaucoup plus importante. Comme d’habitude, Nicolas Sarkozy joue le rôle de la victime.

Jean-François Kahn s’est donc posé la question de la pertinence de ce procès en opposition systématique des médias. Et comme il le fait bien remarquer, tout dépend de la consommation de médias. Car si le président a attaqué quelques supports papiers, restaient exclus la télévision, la radio et une grande partie des quotidiens ou des hebdomadaires. Après tout, le lecteur du Figaro, du JDD, de Paris-Match, du Point, de l’Express, l’auditeur de RTL ou d’Europe 1 ou le spectateur de TF1, France Télévisions ou M6 ne sont pas exposés à une critique très systématique du gouvernement… Bien sûr, le Canard Enchaîné, Marianne, le Nouvel Obs, Libération, Télérama, Canal Plus, voire Le Monde se placent dans l’opposition au chef de l’Etat, mais il s’agit d’une petite minorité des médias en terme d’audience.

Jean-François Kahn a raison de souligner que les médias, dans leur ensemble, ne sont pas si critiques à l’égard de Nicolas Sarkozy. Comme il le montre, sa sortie sur l’enseignement de l’esclavage aux élèves du primaire a été rapportée de manière plutôt complaisante. Après tout, dans aucun pays démocratique le chef de l’Etat se permet d’annoncer une modification des programmes scolaires sans la moindre consultation, pour faire une annonce. Qui plus est, il ne s’agit pas d’un coup d’essai puisqu’il avait déjà pris de telles initiatives avec Guy Môquet et la Shoah. Pire, preuve qu’il n’y avait pas eu la moindre consultation, cet enseignement, qui existait depuis longtemps, avait été formalisé par la loi Taubira de 2002… Bref, les médias ont-ils été si durs avec ce président qui est prêt à dire n’importe quoi pour remplir son agenda médiatique ?

Bien sûr, certaines fois, les médias se sont emparés de certains évènements guère favorables au chef de l’Etat, comme son « casse toi, pauvre con » au salon de l’Agriculture. Mais la critique de l’exploitation par les médias de ce dérapage ne cache-t-elle pas l’essentiel, à savoir que si le président n’avait rien dit de la sorte, les média n’auraient pas pu le reprendre en boucle ? En critiquant les messagers, on oublie la responsabilité de celui qui a émis le message… Car, au final, les médias ne font que reprendre les images et les mots que l’Elysée leur sert à foison depuis un an. Et avec un peu de recul, on note que cette profusion permet au contraire de limiter la critique, sauf en cas de dérapage majeur. Ce matin encore sur RTL, le journal parlait de la réforme des institutions en soulignant sa conformité aux promesses du candidat alors qu’il est revenu sur la plupart de ses annonces de campagne (cumul des mandats, part de scrutin proportionnel)…

Oui, Jean-François Kahn a raison : une grande majorité des médias reste plutôt complaisante, malgré des dérapages qui occasionneraient ailleurs des critiques bien plus virulentes. En fait, se positionner en victime est une diversion qui lui permet d’attirer l’attention sur les messagers plutôt que les messages.

Source : Marianne

Commentaires

Je ne suis pas partisan de la critique systématique, mais reconnais toutefois qu'en l'occurrence, elle est tout à fait pertinente. Surtout, le point sur le ratio entre médias complaisants/relayeurs et critiques est éclairant, et tend à être trop souvent occulté dans les analyses que l'on peut formuler à ce sujet.

Écrit par : Philippe | 20.05.2008

Les déclarations de Guaino lues par NS montrent leur ignorance des programmes scolaires: shoah, esclavage...
Les médias n'ont même pas souligné ce point!

Darcos approuvait la réforme de 2003, pourquoi en rédiger une autre?
On parle des jours de grève: qui gardera les enfants puisqu'il n'y aura plus que quatre jours de classe?

Écrit par : Marco | 20.05.2008

En effet qui gardera les enfants si il n'y a plus que 4 jours de classe. Vous avez raison Marco, c'est une question essentielle. Ils sont jeunes, faisons les travailler 5 jours pleins du lundi matin au vendredi soir et puis remettons l'étude du soir au programme. Après tout ils nous emmerdent ces mioches, on se demande bien pourquoi on les a eus, quelle connerie. Le soir ils nous empêchent même d'aller au cinéma. Si au moins on pouvait prendre exemple sur les pays où on les amusent dans les usines, c'est bien et en plus ils fabriquent des jouets. Quand je pense que j'en ai eu 3 et que ma femme a fait le choix de s'en occuper elle même, quelle conne

Écrit par : flamant rose | 20.05.2008

La mienne aussi s'en occupe et déjà celui qui a 9 ans est crevé après 6 heures de cours.., 5 heures ce serait mieux ; le mercredi, après 3 heures, il est cool.

Elle peut ne pas travailler because je gagne assez pour faire marcher la smala.

Mais les autres?

Écrit par : Marco | 21.05.2008

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