23.05.2008

De la réforme des retraites et du principe de réalité

Je n’aime pas évoquer le principe de réalité à propos de politique car je crois qu’il y a toujours plusieurs choix, qui dépendent d’options philosophiques différentes. Néanmoins, pour une fois, sur les retraites, je suis plutôt du côté du gouvernement que des manifestants.

Dans les manifestations d’hier, on entendait des revendications paradoxales « pour le maintien des quarante ans de cotisations et une revalorisation des petites retraites », le tout sachant que les Français gagnent près d’un trimestre d’espérance de vie tous les ans ! Pour le coup, le gouvernement a raison quand il dit qu’il n’y a pas une infinité de solutions : soit on réduit le niveau des retraites, soit on augmente les cotisations de manière très importante, soit on allonge la durée de cotisation. Bien sûr, il y a d’autres ajustements possibles, mais le choix général doit se porter sur une de ces trois solutions. Et pour le coup, je crois que l’option choisie par le gouvernement est sans doute la plus appropriée étant donné le niveau trop faible des pensions et celui déjà très élevé des cotisations.

Mais si je suis d’accord avec l’option générale choisie par le gouvernement, son action n’est pas exempte de toute critique. Tout d’abord, il est dommage de ne pas avoir mis en place des charges sociales sur les stocks options comme la Cour des Comptes de Philippe Séguin l’avait suggéré il y a quelques mois. Alors que le régime général affiche un déficit d’une dizaine de milliards d’euros, les trois à quatre milliards qui auraient pu être collecté de la sorte auraient grandement contribué au rétablissement de l’équilibre des comptes de la branche retraite de la Sécurité Sociale. Ensuite, le gouvernement n’a pas vraiment donné suite à un certain nombre d’annonces de Nicolas Sarkozy puisque le dossier de la prise en compte de la pénibilité du travail ne semble pas avoir avancé.

À ce sujet, il faut noter le très intéressant dossier de Libération sur les retraites que vous trouverez en lien. Alors que le parti socialiste peine à formuler la moindre proposition alternative, le quotidien propose plusieurs solutions intéressantes. Tout d’abord, il plaide pour le transfert d’une partie des cotisations chômage puisque l’Unedic est aujourd’hui largement bénéficiaire. Il soutient également la prise en compte de la pénibilité de certains métiers, en reconnaissant que cela nécessitera un financement additionnel… En revanche, la proposition du Medef de repousser à 63 ans et demi l’âge de départ à la retraite peut paraître surprenante maintenant que nous sommes passés à un système basé sur la durée de cotisation, qui semble plus juste pour prendre en compte l’âge auquel on commence à travailler.

Si la politique du gouvernement à l’égard des retraites reste perfectible, elle prend sans doute la meilleure direction possible pour l’intérêt commun. C’est pourquoi j’espère que la fermeté affichée jusqu’à présent résistera aux manifestations.

Source : http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/327580.FR.php

Commentaires

Il semblerait que la société de l'Image ait convaincu que le lifting maintiendrait le travailleur au top de sa forme physique et mentale par son apparence djeûûne et qu'il vit plus longtemps (mais combien de morts pour cause de guerre, manque d'hygiène, de chirurgie de pointe dans les précédentes décennies ?)

Et le mode binaire (pensée de l'enfant, avant de pouvoir théoriser) : soit, soit. Tels le bâton et le carotte.
Plutôt minable, comme "politique", oui, non ?
Politique du paternalisme servant à brouiller les pistes pour mieux faire entrer ce qu'on veut dans les p'tites têtes.

Par contre, bel article sur les faux postulats et fausses évidences :
http://lmsi.net/spip.php?article698

Écrit par : Ann o'Nimm | 23.05.2008

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