05.06.2008
Martine Aubry, la nouvelle erreur de casting du Parti Socialiste ?
La montée en puissance de Martine Aubry comme candidate pour le poste de premier secrétaire du Parti Socialiste est assez impressionnante depuis son adoubement par les reconstructeurs. En revanche, on peut s’interroger sur la pertinence du choix de la ministre des 35 heures.
Dimanche dernier, Martine Aubry a été soutenue par une bien curieuse alliance des strauss-kahniens, des fabiusiens et de quelques personnalités qui ont pour seul point commun de vouloir éviter que Ségolène Royal ou Bertrand Delanöé ne prenne le parti socialiste. Résultat, l’aile droite et l’aile gauche du parti, ignorant des querelles idéologiques qui semblent finalement bien secondaires, préfèrent tout mettre en œuvre pour préserver les chances de candidature de leur champion pour 2012 . C’est pourquoi ils font barrage à des candidats, qui, s’ils étaient élus, prendraient une option sans doute décisive pour la place de représentant du parti socialiste en 2012. Une bonne illustration du choix des priorités entre ambitions personnelles et combat pour les idées…
C’est ainsi que Martine Aubry réalise cette improbable synthèse entre partisans de DSK et de Laurent Fabius. Elle en a profité pour attaquer les deux principaux candidats à la candidature. Si l’hostilité de la maire de Lille à l’égard de Ségolène Royal n’est pas nouvelle, elle a cherché les bons mots en attaquant la démocratie participative : « la politique (…) c’est pas demander à chacun ce qu’il veut ». Elle a aussi critiqué l’ordre juste en rappelant qu’il « n’y a pas d’ordre sans justice ». Mais même Bertrand Delanöé en a pris pour son grade quand elle a dit que « nous sommes tout simplement socialistes, pas besoin d’ajouter des qualificatifs ». Bref, le parti socialiste continue de se dissoudre dans les querelles de personne, oubliant comme toujours les idées ou les propositions.
Ce choix est tout de même très surprenant. Choisir une ministre phare du gouvernement Jospin de 1997 pour conduire le parti socialiste à la victoire en 2012 peut paraître paradoxal. Mais surtout, alors que l’un des seuls arguments populaires de l’équipe gouvernementale actuelle est la dénonciation des 35 heures, on peut s’interroger sur la pertinence du choix de mettre à la tête du parti la figure emblématique de la baisse du temps de travail. En effet, alors que les Français sont plus que sceptiques sur le bien-fondé des 35 heures, n’est-il pas suicidaire de s’offrir à la représentante ultime de cette mesure controversée ? À croire que les querelles de personne les empêchent de réfléchir.
De manière à préserver leurs chances de se présenter en 2012, certains dirigeants socialistes semblent prêts à choisir n’importe qui pour éviter la prise de pouvoir de Ségolène Royal ou Bertrand Delanöe, quitte à faire une nouvelle erreur de casting qui pourrait à nouveau ouvrir un boulevard à Nicolas Sarkozy…
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/06/01/01002-20080601ARTFIG00036-ps-martine-aubry-en-vedette-des-reconstructeurs.php
11:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, royal, delanöé, aubry




Commentaires
C'est clair ! Si le PS choisit aubry, le débat sur les 35 heures va durer encore 10 ans !
Écrit par : malakine | 05.06.2008
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