07.06.2008
Bouger pour exister
Depuis quelques semaines, face à une opinion qui lui reste peu favorable, Nicolas Sarkozy a décidé de revenir à ces fondamentaux et de revenir en campagne. Résultat, c’est à un véritable déluge de lois, discours et déplacements que nous assistons, sans qu’un sens général n’apparaisse…
Le président est décidemment sur tous les fronts, éclipsant toujours plus l’hôte de Matignon, dont il ne faudra pas oublier le faire-part de départ pour que les Français se rendent compte qu’il n’est plus premier ministre… Nicolas Sarkozy multiplie donc les déplacements, en Italie pour le sommet de la FAO, en Pologne pour préparer la présidence française de l’Union Européenne, en Savoie pour soutenir les familles de l’accident de bus comme à Rungis, dès cinq heures du matin pour bien montrer qu’il est du côté de la « France qui se lève tôt ». Ce tourbillon lui permet de reprendre en partie la main en maîtrisant l’agenda médiatique et donne l’impression qu’il est sur tous les fronts.
Qui plus est, ce tourbillon touche également le domaine des propositions et de la loi puisqu’une multitude de réformes sont en cours en même temps. C’est ainsi que l’économie serait en train d’être modernisée, les institutions révisées, l’audiovisuel public transformé. Et parce qu’il n’en a jamais assez, le président a annoncé une réforme du lycée qui sera bouclée en 2012 et a demandé aux autorités européennes d’envisager une baisse de la TVA sur les produits pétroliers pour compenser les effets de la hausse du prix du baril. Malheureusement, le plus n’est pas le mieux. La réforme des Institutions risque bien d’être enterrée au Congrès. Et la loi dite « de modernisation de l’économie » est surtout un beau cadeau pour les lobbys.
Mais surtout, cet activisme n’a pas été exempt de nouveaux couacs. Les ministres des finances européens ont sèchement refusé la proposition du président, ce qui était plus que prévisible (et que le gouvernement espérait sans doute, tant on se demande comment il aurait pu le financer). Sur les 35 Heures, nous avons eu droit à une série de déclarations contradictoires, en passant de la proposition de démantèlement de Patrick Devedjian au recadrage de Xavier Bertrand, avant que le gouvernement lance à nouveau un projet de remise en cause. Enfin, sur l’affaire du mariage annulé, Rachida Dati a balancé entre déclarations contradictoires, victimisation et attaque hors de propos.
N’arrivant pas à convaincre les Français, Nicolas Sarkozy se rassure en remplissant l’agenda médiatique. Une telle saturation des médias a l’avantage de ne pas vraiment permettre un examen approfondi de chaque événement, mais il ne résout en rien la question du sens de cette présidence ou de sa direction.
11:08 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, lycées, tva, 35 heures




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