15.06.2008

Les Etats-Unis relèvent la tête

Après bientôt huit années de présidence Bush, le résultat des primaires américaines permet d’ors et déjà de conclure que le futur chef de l’Etat de la première puissance du monde sera plus digne de la fonction que son prédécesseur.

Georges W Bush aura sans doute été un des pires présidents de l’histoire récente des Etats-Unis. Le récent livre d’un ancien porte-parole a encore jeté le discrédit sur une présidence plus impopulaire que jamais. L’ancien gouverneur du Texas a entraîné le monde dans un conflit mal préparé et sans fin en Afghanistan et en Irak. Il a créé une zone de non droit où l’on pratique la torture, au mépris des valeurs de liberté dont les Etats-Unis sont censés être les champions. Il est le dernier dirigeant occidental à refuser les accords de Kyoto et a fortement affaibli les efforts de la communauté internationale pour préserver notre bien commun qu’est la planète. Enfin, sa gestion des crises, que ce soit celle du 11 septembre ou plus encore du drame de la Nouvelle Orléans ont permis de questionner ses capacités de jugement.

Heureusement, dans sept mois, un nouveau président le remplacera et il semble bien que chaque camp ait choisi le meilleur candidat pour le remplacer. Surfant sur le rejet des républicains, Barack Obama pourrait tirer partie de l’envie de changement des Américains pour devenir le premier président métisse d’un pays qui enverrait alors un message beaucoup plus positif de lui même à travers le monde. S’il n’a pas complètement levé le doute sur les détails de ce que pourrait être sa présidence (ce qui n’est pas forcément nécessaire), Barack Obama a montré de grandes qualités pendant cette campagne. La guerre que lui a menée Hillary Clinton n’aura pas forcément été moins dure que celle qu’il s’apprête à vivre. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il l’a traversé en gardant son calme et sans tomber dans les excès parfois choquants de son adversaire. Il a démontré une stature de Chef d’Etat dans cette épreuve.

Mais de l’autre côté, l’alternative n’est pas mauvaise. John McCain est tout sauf un successeur de Georges Bush. Il a au contraire été un de ses critiques les plus féroces (sur la conduite de la guerre, la torture, la baisse des impôts, Kyoto…). Si on a souvent tendance à retenir sa saillie sur la durée de l’engagement des Etats-Unis en Irak (« un siècle s’il le faut ») et le ranger dans le camp de l’actuel locataire de la Maison Blanche, sa personnalité, détestée par l’aile conservatrice des républicains, vaut beaucoup mieux. John McCain est un homme de conviction (modéré sur les questions de société, libéral en économie) dont le franc-parler est légendaire aux Etats-Unis. Il n’hésite pas à aller contre l’opinion dominante, comme il le fait sur la guerre en Irak. C’est aussi quelqu’un qui a un vrai sens de l’intérêt général, combat toutes les formes d’abus de pouvoir (comme la pratique qui consiste à acheter les votes des représentants) et sait travailler avec le camp d’en face, comme il le montre au Sénat.

Une chose est sûre maintenant : le prochain président des Etats-Unis sera un homme de valeur. Il n’aura pas forcément toutes les solutions aux problèmes actuels, nous ne serons pas toujours d’accord avec lui, mais dans tous les cas, ce sera un homme qui fera honneur à la politique dans ce qu’elle a de plus noble.

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