25.06.2008
Premier satisfecit international pour Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy est revenu hier d’un voyage au Moyen Orient où il a porté le message d’une paix juste. Si je suis habituellement très critique vis à vis de la politique internationale du président, force est de constater que son déplacement a été globalement de bonne tenue.
Bien sûr, on pourra objecter qu’il a passé l’essentiel de son temps en Israël et n’a finalement consacré que quelques heures à la Palestine. On pourra aussi dire qu’il a mis du temps à venir au Proche Orient alors qu’il s’agit sans doute de l’endroit du monde dont la crise a le plus de répercussions sur les relations internationales. Enfin, on pourra souligner que quand le chef de l’Etat dit « qu’il ne discute pas avec les terroristes (du Hamas) » « parce que la France discute avec les hommes et les femmes courageux qui font de la politique et non pas du terrorisme », sa parole n’est peut-être pas complètement en conformité avec ses gestes puisque le Hamas affirme discuter avec la France et qu’il discute même avec Israël en Egypte.
Cependant, comme il l’a dit à Mahmoud Abbas à Bethléem : « dans mon discours et le discours de la France, il n'y a pas deux langages, un langage à la Knesset et un langage différent ici. Il n'y a qu'un seul langage. La France est aux côtés de ceux qui veulent la paix ». Et dans les faits le président de la République a tenu parole. Son discours à la Knesset était bien équilibré, entre la reconnaissance légitime de l’exigence de sécurité d’Israël mais également une série de propositions en ligne avec les revendications palestiniennes, à savoir un retour d’Israël aux frontières de 1967, l’arrêt de la colonisation et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux Etats. Il a plaidé pour la constitution d’un Etat palestinien fort pour assurer la sécurité d’Israël.
Alors que Nicolas Sarkozy peut faire honte quand il cède aux répartis triviales, comme il l’avait fait lors de la remise du prix Charlemagne à Angela Merkel, lors de ce discours à la Knesset, on pouvait être fier de la France. Car cette fois-ci, notre représentant a su exprimer notre amitié avec Israël, et reconnaître sa légitime exigence de sécurité tout en sachant émettre des critiques sur la politique conduite jusqu’à présent. Il était à sa place de président de la République en poussant l’agenda diplomatique qui permettra peut-être de sortir de la crise, tout en se faisant applaudir par une partie des députés.
Bien sûr, le bilan du président ne changera pas en un jour et un discours et certains aspects de cette visite restent gênants. Néanmoins, je crois que Nicolas Sarkozy a pour une fois bien tenu son rang sur la scène internationale. Quelle que soit l’opinion sur la personne, cela fait plaisir.
Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/06/24/nicolas-sarkozy-oppose-les-terroristes-du-hamas-a-mahmoud-abbas-un-homme-de-paix_1062388_3218.html#ens_id=891944
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/06/23/nicolas-sarkozy-a-la-knesset-israel-n-est-pas-seul_1061544_3218.html?xtor=RSS-3208
11:11 Publié dans Actualités, International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, israël, palestine, hamas




Commentaires
Bonjour Laurent,
J'ai pour ma part trois critiques concernant ce voyage :
- la première est le reproche de Sarkozy fait au Hamas d'avoir rompu la trêve avec Israël. Sarkozy a rajouté que l'on ne pouvait pas discuter avec le Hamas, on ne fait pas selon lui la paix avec les terroristes.
Cela le place il faut bien le reconnaitre sur la même ligne que Bush. Le président américain défend comme Sarkozy la paix en soutenant Olmert et Abbas mais refuse de considérer le Hamas comme une force essentielle à la résolution du conflit.
Ce que de nombreux commentateurs et spécialistes désapprouvent à commencer par Hubert Védrine.
- la deuxième, Sarkozy n'a pas évoqué lors de son voyage les terribles condidtions de vie des gazaouites, dans son dernier ouvrage, un Candide en Terre Sainte, Régis Debray les décrit précisèment. J'ai noté quelques chiffres, en 1948, Gaza comptait 70 000 habitants, 550 000 en 1984, 1.5 million en 2007 dans une zone fermée et encerclée par Israël.
Si la France était dans la même situation, elle aurait 2 milliards d'habitants dans ses frontières actuelles dont la moitié serait au chômage !
Les exemples ne manquent pas pour décrire l'horreur que vivent les habitants de Gaza et qui peuvent nous permettre non pas de tolérer le terrorisme mais de comprendre le désarroi de la population de Gaza. Un désarroi que n'a pas évoqué Sarkozy.
-Troisième critique le refus de Sarkozy de parler de décolonisation, le président n'a parlé que de gel de la colonisation la différence est majeure. Cette différence le place même sur un position plus extrême que celle de l'administration Bush qui par la voix de Condolezza Rice a affirmé l'inéluctabilité de la décolonisation.
La rencontre de Sarkozy avec Netanyahu, que seul le journal de France 3 a évoquée, précise encore la position du Président Sarkozy.
La France, cette fois-ci ne s'est pas déshonorée, mais elle ne s'est pas non plus distinguée.
Écrit par : Rémy | 25.06.2008
@ Rémy,
Comme je le dis dans la note, ce voyage n'est pas exempt de tout reproche, mais comme j'ai plutôt été agréablement surpris. j'ai trouvé le discours de la Knesset globalement bon et dans la ligne de la position français (alors que j'attendais une certaine rupture), donc au global, la bonne surprise l'emporte sur les réserves, à titre personnel.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 25.06.2008
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