04.07.2008

À quoi sert le Parti Socialiste ?

Campagne de publicité sur le pouvoir d’achat, réforme de l’audiovisuel qui accentue la mainmise de l’Elysée, renforce TF1 et affaiblit le service public, hausse a minima du SMIC, réforme des institutions : ce ne sont pas les sujets qui manquent pour s’opposer à Nicolas Sarkozy, c’est l’opposition !

Pour être honnête, il y a bien Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande qui est intervenu pour dénoncer les annonces faites par le président sur l’audiovisuel, remplaçant un patron qui préfère sans doute commenter le football sur M6… Alors, bien sûr, le Congrès de novembre doit se préparer, il fallait déposer des contributions, mais cela exonère-t-il de tout devoir de critique des projets gouvernementaux le parti censé incarner l’opposition? En plus, ce n’est pas comme s’il s’agissait de sujets qui faisaient l’objet d’un consensus. Rarement un gouvernement n’avait osé faire une telle réclame à la télévision, réclame d’autant plus choquante qu’il ne donne pas de coup de pouce au SMIC au même moment ou qu’il va faire financer le service public par une nouvelle taxe pour supprimer… la publicité !

Mais non, le Parti Socialiste semble estimer qu’il peut se mettre en pause d’opposition pour mieux préparer les alliances en vue du Congrès… C’est ainsi que Arnaud Montebourg, après avoir été un porte-parole de l’aile gauche du parti, contre le cumul des mandats, puis porte-parole de Ségolène Royal, achève définitivement, j’espère, de se décrédibiliser en soutenant désormais l’aile droite du parti, les partisans de Dominique Strauss-Kahn, tout en cherchant à prendre la présidence du groupe à Jean-Marc Ayrault. Les partisans de Bertrand Delanoë essaient de rassembler au-delà de leur pré carré parisien, Martine Aubry rêve de battre la candidate de 2007 et quelques notables essaient de présenter une alternative aux présidentiables, alors que François Hollande se rêve arbitre et candidat en 2012.

Bref, le parti socialiste est tellement préoccupé par son nombril qu’il ne soucie plus du tout de la France et des Français. C’est un état finalement naturel pour un parti qui ne rassemble plus que des ambitieux en quête d’une franchise électorale suffisamment forte pour pouvoir espérer atteindre la présidence de la République. Car franchement, il n’y a pas grand-chose qui différencie les principaux protagonistes, Royal, Delanoë, Hollande, Aubry, Moscovici, Valls ou Montebourg. Et comme ils sont davantage préoccupés par leur ascension personnelle que par la résolution des problèmes des Français, il est finalement assez logique qu’ils ne se préoccupent guère des projets gouvernementaux, même quand ils sont aussi choquants que ceux autour de l’audiovisuel.

Cette nouvelle séquence pose à nouveau la question de l’utilité du Parti Socialiste. Après 15 années d’exercice du pouvoir dans les 27 dernières années, cette double absence sur le front des idées et de la critique gouvernementale montre que pour l’opposition aussi, la France a besoin d’un plan B.

Commentaires

Il vaut peut-être mieux pour eux et le bon fonctionnement de la démocratie qu'ils soient inaudibles (je suis d'accord : c'est le cas depuis ... depuis ... 1999 ?) mais qu'il tranche clarifient définitivement leur problème de leadership et qu'il puisse présenter un candidat un peu plus solide que la dernière fois.

Ecrit par : Malakine | 04.07.2008

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