09.07.2008
Indécences sarkozystes
Nicolas Sarkozy a l’air heureux. Il ne semble pas se soucier de son impopularité, étant donné la vacuité de l’opposition, en pleine préparation du Congrès de cet automne. Il peut donc se permettre de se lâcher, avec tout ce que cela suppose chez lui…
Il fallait voir le président samedi lors du conseil national de l’UMP, tout souriant, déclarer que « désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit ». Ce nouveau moment typique du sarkozysme était triplement indécent. Tout d’abord, il n’est pas normal qu’un président en exercice vienne s’exprimer au conseil national d’un parti. Le président de la République est sensé être au-dessus des partis et représenter tous les Français. Ensuite, la forme était choquante : l’exultation du président à avoir vaincu les syndicats était profondément indécente de la part de quelqu’un qui est encore une fois censé incarné une forme de rassemblement national. Enfin, cette déclaration de victoire est franchement prématurée quand on connaît le contexte social actuel. Et surtout, elle pourrait bien contribuer à une mobilisation plus forte à l’automne…
Ce président heureux d’être là et de tresser ses propres louanges a également fait un nouveau show sur France 3 avant l’interview de la semaine dernière en se laissant aller à quelques nouveaux dérapages. Si le ton était parfaitement calme, le fond pose question. Est-il normal qu’un président interviewé sur le service public se laisse aller à parler de la mise au placard d’un journaliste juste avant l’interview ? Cela ne peut-il pas être considéré comme une menace à l’égard de journalistes qui vont dépendre d’un président qu’il souhaite nommer directement ? Cette thèse est renforcée par sa réplique « ça va changer » au sujet du technicien qui lui posait son micro et qui n’avait pas répondu à son bonjour.
Mais les sarkozystes font parfois encore mieux que leur modèle. À ce sujet, l’incident des remerciements tronqués d’Ingrid Bettancourt sur le site du Figaro illustre bien la vision des médias du président. Rien ne doit dépasser. C’est ainsi que sur une vidéo d’un peu plus de deux minutes, Le Figaro a censuré les trente secondes de remerciements à Jacques Chirac et Dominique de Villepin pour ne conserver que les louanges pour le président. Pire, il ne s’agissait pas seulement de la coupe de la fin d’une intervention pour être plus court, mais bien d’une censure de personnalités « dissidentes » dans la mesure où a été conservée une phrase dite après les remerciements coupés.
Dans l’adversité, le comportement de Nicolas Sarkozy et de ses supporters aurait pu être plus modeste. Mais en fait, ils continuent à fanfaronner et à se comporter comme les maîtres du monde, oubliant la retenue qui devrait venir avec la fonction. Les 4 ans à venir vont être longs !
Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/337175.FR.php
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/336102.FR.php
http://www.lepost.fr/article/2008/07/03/1218369_ingrid-betancourt-libre-chirac-et-villepin-coupes-au-montage-par-le-figaro.html
10:54 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, grèves, france 3, le figaro, bettancourt




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