16.07.2008

Nicolas Sarkozy rattrapé par l’économie

C’était prévisible, mais Nicolas Sarkozy est doublement rattrapé par l’économie. Non seulement il affronte l’éclatement de la bulle immobilière et financière mais il doit gérer une situation budgétaire rendue d’autant plus délicate par le paquet fiscal.

Heureusement pour le gouvernement, son prédécesseur avait nettement amélioré la situation budgétaire du pays en réduisant les déficits de dix milliards d’euros en 2006. Avec le paquet fiscal, les comptes de l’Etat se sont donc détériorés dès la première année puisque les déficits publics ont atteint 2,7% du PIB (ou 55 milliards d’euros) contre 2,6% l’année d’avant. Et encore, la détérioration a été en partie camouflée, puisque la Cour des Comptes a chiffré à 10 milliards d’euros l’écart enter le déficit annoncé et le déficit réel. Mais l’équation s’annonce encore plus difficile cette année.

Il y a quelques semaines, nous avions eu droit à une passe d’armes entre le gouvernement et l’INSEE sur les prévisions de croissance pour l’année (2% au lieu de 1,6%). Le gouvernement et l’UMP avaient alors violemment critiqué le pessimisme de l’institut. Mais Christine Lagarde vient de réviser hier les prévisions du gouvernement, dans le sens pourtant hier si décrié de l’INSEE puisque le nouveau chiffre retenu par la ministre est 1,7%. Résultat, l’équation budgétaire de l’année devient de plus en plus difficile puisque en plus des milliards du paquet fiscal, Bercy estime que 3 à 5 milliards de plus pourraient manquer cette année, rendant toujours plus difficile la baisse des déficits.

Résultat, en 2008, le déficit devrait être encore équivalent à celui de 2006. On se demande bien comment le gouvernement pourra atteindre l’objectif d’équilibre des comptes en 2012, surtout si le ralentissement de l’économie se confirme et dure. Philippe Marini a ainsi évoqué deux solutions : une hausse des impôts ou repousser encore de deux ans le retour à l’équilibre budgétaire. À dire vrai, le contexte économique actuel ne pousse pas vraiment à la réduction des déficits. La France aurait plutôt besoin de relancer son économie, comme en Espagne, mais les quelques marges de manœuvre disponibles ont été gâchées par l’injuste paquet fiscal.

Nicolas Sarkozy ne s’intéresse pas vraiment aux questions économiques. Il est donc en train de tomber dans le piège d’un ralentissement économique couplé à une gestion hasardeuse des finances publiques. Les mois qui viennent promettent d’être difficiles.

Source : http://www.lefigaro.fr/economie/2008/07/15/04001-20080715ARTFIG00249-finances-publiques-la-majorite-sonne-l-alerte-.php

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