21.07.2008
Des projets concrets pour une autre Europe
Après avoir essayé d’imaginer ce que pourrait être l’organisation du projet européen et de ses institutions, il est également important de réfléchir à son contenu. Si on peut se poser la question de la pertinence de certaines politiques communes, de nouvelles politiques pourraient être envisagées dans d’autres domaines.
Une remise à plat de l’existant
Un premier tri pourrait en effet être réalisé sur les politiques aujourd’hui gérées par l’Union Européenne. Si la réussite de la PAC semble incontestable, on peut s’interroger sur la pertinence de la politique diplomatique de l’Union Européenne, qui ouvre de nombreux postes à l’étranger et finance désormais de nombreux projets de développement. En l’absence de politique diplomatique commune (il n’est pas question de renoncer à la règle de l’unanimité), on se demande bien pourquoi l’Union Européenne a besoin d’ouvrir de tels postes diplomatiques. Soit on crée une vraie diplomatie unique (ce à quoi je suis opposé car une diplomatie est par définition nationale), soit on supprime ce coûteux embryon actuel. Il convient donc de supprimer les postes de représentations qui sont d’inutiles distractions, qui plus est impotentes.
D’un point de vue réglementaire, il faut revenir sur la supériorité systématique de la législation européenne sur les législations nationales. Sur beaucoup de questions, l’uniformisation des lois à l’échelle européenne n’apporte pas un plus pour les citoyens des pays de l’Union. Une nouvelle Europe pourrait se mettre d’accord sur un principe de mieux disant législatif, à savoir qu’une réglementation européenne ne peut s’appliquer dans un pays que si elle apporte un plus. Il n’est pas normal que la construction européenne se solde par une uniformisation par le bas des réglementations sociales (temps de travail, Bolkenstein…) ou environnementales (OGM, poulet chloré…). Mieux vaut que l’uniformisation prenne plus de temps plutôt qu’elle se fasse par le bas.
L’euro constitue naturellement un chantier prioritaire dans sa redéfinition. Outre la sujétion de la BCE aux politiques, que j’évoquais hier, les polémiques récurrentes sur la politique monétaire implique une véritable remise à plat. Depuis la naissance de l’euro, la croissance de l’Europe est passée sous celle des Etats-Unis du fait du renchérissement excessif de l’euro, conséquence logique du biais monétariste des statuts de la BCE. Il convient donc d’ajouter la croissance et un cours raisonnable de l’euro dans les objectifs de la banque. À moyen terme, on peut néanmoins se poser la question de la pertinence de cette construction, car la zone euro n’est absolument pas une Zone Monétaire Optimale. La solution sera sans doute de faire évoluer l’euro en une monnaie commune plutôt qu’unique avec le retour des monnaies nationales, qui donneront la possibilité d’ajuster les politiques monétaires aux situations nationales.
Les nouvelles frontières européennes
Mais l’idée n’est pas seulement de faire reculer la construction européenne, loin de là. Il est des domaines où la construction européenne est le moyen pour la France de davantage peser sur le cours des choses. Il est des réalisations que nous pourrons beaucoup mieux mener à bien avec nos voisins européens que seul dans notre hexagone. Dans trois domaines principalement, l’Europe peut être ce démultiplicateur de puissance et de réalisation : la régulation de la finance, l’environnement et l’industrie.
Les innombrables crises financières que nous expérimentons depuis 1987 montre l’urgence qu’il y a à mieux réguler un monde dont les excès jamais réellement corrigés menacent toujours plus l’économie réelle, et notamment les ménages les plus modestes. C’est à l’échelle européenne que nous pourrons imposer de nouvelles régulations, des ratios prudentiels plus sévères qui limiteront la formation des bulles absurdes des dernières années, qui montrent bien que la main invisible du marché a de graves limites.
Outre la régulation, c’est à l’échelle européenne que nous pourrions mettre en place une taxe Tobin sur tous les mouvements de capitaux, de manière à limiter la spéculation et à faire davantage contribuer le monde de la finance à la collectivité : une taxe de 0,05% sur tous les mouvements de capitaux en Europe pourrait représenter plus de 180 milliards d’euros, soit plus que le budget européen en 2008. Pourquoi ne pas remplacer la part de TVA qui part dans le budget européen par une telle taxe et baisser à proportion la TVA ? Nous pourrions taxer la spéculation pour rendre du pouvoir d’achat aux citoyens de l’Union.
Deuxième domaine où l’Europe peut jouer ce rôle de démultiplicateur : l’environnement. En effet, un pays seul ne pourra pas vraiment changer les choses (à part les Etats-Unis ou la Chine, bien sûr). En revanche, l’Europe, en agissant de manière unie, peut radicalement contribuer à réduire les émissions de CO2 et il y a du travail à faire. Le principe de l’émission de droits à polluer qui seraient ensuite échangés sur un marché était séduisant dans la mesure où il permettait de faire porter l’effort de manière rationnelle, mais les évolutions erratiques des cours du CO2 découragent les investissements des industriels, en rendant incertaine leur rentabilité, comme The Economist, la bible ultra-libérale, le reconnaît. La taxation des activités polluantes est dangereuse dans la mesure où elle risque seulement de provoquer la relocalisation de ces activités dans les pays où les contraintes sont les moins fortes.
L’Europe peut donc construire une nouvelle voie mêlant la réglementation des activités non délocalisables et la taxation des produits au niveau du consommateur, en fonction de l’empreinte écologique globale (matières premières, processus de fabrication et transport). Nous pourrions par exemple ainsi moins taxer l’électricité éolienne et surtaxer l’électricité produite à base d’hydrocarbures. Pratiquement, il s’agirait uniquement d’un transfert de la TVA vers une taxe écologique. En baissant le coût des produits propres et en augmentant celui des autres, cela provoquerait un transfert massif de la consommation et pousserait les industriels à adopter de meilleurs standards, comme il se passe avec le bonus malus dans l’automobile. Mais surtout, ce dispositif éviterait une pression vers le bas des législations des pays émergents et prendrait en compte le coût écologique du transport depuis la Chine…
Troisième point pour lequel l’échelle européenne pourrait être un démultiplicateur pour le meilleur : l’industrie. Il est proprement incroyable qu’Airbus et Ariane se soient développés sous la forme de coopérations intergouvernementales sans la moindre aide européenne. Pire, les nouveaux traités auraient plutôt tendance à condamner de telles politiques qui ne correspondent pas à « la concurrence libre et non faussée ». Pourtant, tous nos grands concurrents industriels (Etats-Unis, Japon, Corée du Sud, Chine) mènent des politiques industrielles très volontaristes pour assurer le développement d’activités sur leur territoire, à mille lieux des pratiques européennes d’ouverture sans contrepartie ou d’euro cher, qui font fuir nos emplois industriels…
Pour créer les emplois de demain, il convient au contraire d’aider les entreprises européennes à développer les activités du futur et à en être les champions. Que ce soit dans le domaine des énergies propres ou des nano technologies, il est crucial que l’Europe développe des pôles de compétitivité associant recherche publique et privée, grandes universités et entreprises pour créer les nouvelles Silicon Valley européennes. L’Europe est à la pointe dans de nombreux domaines (automobile, aéronautique, transport ferroviaire, nucléaire, machines outils, santé, luxe…). Il est crucial de conserver notre avance et de la développer dans d’autres domaines. Dans le domaine de la santé, où l’on sait que la recherche privée ne traitera jamais les maladies orphelines, qui ne seront jamais rentables, on pourrait imaginer par exemple la création d’un laboratoire public européen qui leur serait dédiées. L’axe franco-allemand pourra être à la pointe dans ce domaine.
Ces quelques exemples de projets montrent bien qu’il est possible de voter « non » à Maastricht ou au TCE tout en étant pour la construction européenne. Il y a beaucoup d’autres façons de construire l’Europe. Le vote de 2005 n’était pas un vote anti-européen, c’était un vote alter européen.
10:55 Publié dans Actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : pac, euro, bce, crise financière




Commentaires
Bravo ! Que de bonnes idées. Voilà un programme politique livré clés en mains pour un futur candidat.
Écrit par : ZapPow | 22.07.2008
Juste une petite remarque sur la taxe tobin : OK pourquoi pas, mais ne penses tu pas qu'il faudrait aussi restaurer un contrôle des capitaux, parce que depuis que les économies se sont ouvertes, y a des montagnes de milliards d'euros qui se sont envolés vers les US et vers la Chine. Je ne connais pas le chiffre pour l'UE, mais j'avais vu que la France était la championne du monde de l'exportation de capitaux depuis 10 ans.
La taxe tobin ne m'a toujours plus qu'à moitié car elle présuppose une économie monde totalement ouverte et dérégulée. Enfin, il me semble ...
Autre remarque : Que veux tu dire quand tu parles de réglementation des activités non délocalisables ?
Sur l'environnement, comme je le disais dans mon billet, je pense que l'Europe pourrait également se servir de l'outil normatif pour faire évoluer les pratiques. Je ne comprends toujours pas pourquoi on n'a pas encore imposer une date au transport routier pour passer à l'hybride !
Écrit par : Malakine | 22.07.2008
@ ZapPow
Merci pour les commentaires et également pour votre ouverture d'esprit sur les questions dont nous avons débattues.
@ Malakine
Complètement d'accord avec une meilleure régulation des mouvements de capitaux. A priori, en renchérissant le coût de ces mouvements par une taxe de type Tobin, cela devrait déjà réduire ces mouvements mais on peut aussi réduire les mouvements par d'autres moyens (là, j'avoue que je m'y connais moins bien).
Par réglementation des activités non délocalisables, je pensais au logement, aux règles sur l'automobile ou les transports par exemple.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 22.07.2008
La taxe Tobin c'est un sparadrap sur une hémoragie.
Je reponds en même temps à vos propos émis sur le blog de Malakine. Le controle des flux financiers sont possible sans instance internationnal mais pour cela il va falloire que je dise une grossièreté : nationalisation des banques.
Je rappel que le CNR avait nationalisé les banques ce n'est pas par hazard. Il se trouve que le control de la monaie passe non seulement par le controle de la banque centrale mais également par le controle des flux monétaire globaux. Aujourd'hui l'essentiel de la monaie que nous utilisons est le fruit des pret bancaire. 95% de la masse monétaire est émise par des banques privées si vous voulait vraiment que l'état est un role à jouer dans l'économie la seule chose à faire est la nationalisation de la monaie si je puis dire. Pas besoin de l'UE pour çà une fois les nationalisations effectué pas une seul transaction extérieure ne pourra se faire sans l'accord de la banque de France nous mettrions fin au fraude fiscale et à la fuite des capitaux ou à l'ntrée de capitaux spéculatif genre fond de pension anglosaxon avide d'entreprises à plumer.
Il faut bien comprendre que le système économique actuel à était entièrement pensé dans l'intérêt de Londre et des USA. La liberté de circulation des capitaux, qui est la raison d'être de l'UE, joue en faveur des concepteur de l'Europe à savoir les USA. Donc je trouve trés ironique le fait que certain comme vous et Malakine, que j'apprécie pour ces objectifs, ne voient pas qu'il est impossible de modifier l'UE pour quel corresponde à l'intérêt du continent.
Si l'on veut une autre Europe il faudra entrer d'abord en rupture avec celle qui existe, vouloir sortir de l'UE ce n'est pas ne pas vouloir une organisation Européenne. C'est d'abord vouloir l'indépendance des européens.
En ce sens ma position est celle du M'pep de Jacques Nikonov qui prone la sortie de l'UE je vous invites à lire leurs textes d'ailleurs:
http://www.m-pep.org/
voir par exemple ce texte : bouger l'Europe ou en sortir:
http://www.m-pep.org/spip.php?article506
Écrit par : yann | 22.07.2008
Nationaliser les banques, la belle histoire. Les nationalisations procèdent d'une vision socialiste c'est à dire marxiste, de l'économie : Le socialisme à la français s'est toujours reconnu dans le principe de l'appropriation collective des moyens de production. Passé un certain seuil d'appropriation publique du secteur économique, la société basculerait mécaniquement dans le socialisme. Aussi loin de considérer les nationalisations comme des mesures de circonstance, il faut y voir dans l'esprit de ceux qui les défendent un projet cohérent de transformation de la société. Ce projet ne signifie rien d'autre à terme que la fin de l'économie de marché : c'est pourquoi cette vision doit être combattu sans équivoque et sans relâche.
Mais, à cette position de principe, il faut ajouter les leçons de l'expérience : c'est par un abus de termes flagrants que le pouvoir a prétendu en 1981 remettre à la nation les entreprises dont les banques qu'il a en fait "étatisées" c'est à dire soustraites au contrôle de la représentativité nationale. Elles sont, au contraire, devenues le champ clos des rivalités technocratiques et des affrontements syndicaux, le lieu privilégié où s'expriment la volonté de puissance bureaucratique et le mépris avoué de la productivité.
L'expérience démontre que après la vague des nationalisations de 1945-1946, un quasi équilibrage s'était établi entre le secteur public et le secteur privé. Cet équilibre a été rompu en 1981 puis rétabli en 1986-1987. Les entreprises publiques ne pèsent pas seulement sur les finances publiques, elles tendent à accroitre les rigidités en faussant le jeu du marché et donc a affaiblir la capacité de réaction de l'économie aux chocs extérieurs.
L'opinion publique doit connaître la vérité sur les nationalisations. Loin de donner à l'ensemble des français la maîtrises des banques on en fait des féodalités dans l'état. Cette étatisation met les entreprises nationalisées ( banques) , non pas au service de la nation et de l'intérêt général, mais au service de leurs intérêts propres qu'elles identifient abusivement à l'intérêt général parce qu'elles font partie intégrante de la puissance de l'état.
Écrit par : flamant rose | 22.07.2008
@ Yann,
Je pense que la taxe Tobin est un élément parmi d'autres, mais qui, en pénalisant et en réduisant la rentabilité des mouvements de capitaux à très court terme, réduirait la spéculation. En outre, je crois qu'il faut revoir la régulation encadrant les établissements financiers (Freddie Mac et Fanny Mae par exemple ont pu engagé 65 fois leurs capitaux propres en emprunts...). Je ne maîtrise pas suffisamment les dossiers pour être plus concret sur le sujet...
@ Yann et Flamant Rose
Concernant la nationalisation des banques, a priori, je n'y suis pas vraiment favorable. Je crois qu'elles ne font pas partie du service public. Ce n'est pas pour moi un monopole naturel qui nécessite d'être public.
Je ne crois pas que l'expérience de 1981 ait montré la pertinence de leur nationalisation.
En revanche, il y a des secteurs économiques qui sont des monopoles naturels pour lesquels les privatisations me semble dangereusement dogmatique : train, poste, énergie, autoroute. On pourrait se poser la question de la distribution de l'eau également.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 22.07.2008
@flamand rose
"Aussi loin de considérer les nationalisations comme des mesures de circonstance, il faut y voir dans l'esprit de ceux qui les défendent un projet cohérent de transformation de la société. Ce projet ne signifie rien d'autre à terme que la fin de l'économie de marché : c'est pourquoi cette vision doit être combattu sans équivoque et sans relâche."
Excusez moi mais en quoi vouloir transformer la société est il un mal en soi. Les néolibéraux ont bien transformé les rapports sociaux depuis trente ans, bien sure quand on fait partie des bénéficiaires on voit moins les inconvénients de l'organisation économique actuelle. Je pense que vous n'avez jamais réfléchit à la nature réel de l'argent comme vous ne semblez pas distinguer la différence entre l'économie de marché et le capitalisme. Personne ici ne réclame la fin de l'économie de marché, le marché existait avant le capitalisme et il existera bien aprés lui.
Notre problème c'est qui contrôle qui, celui qui fait la monnaie est celui qui détient le pouvoir réel le droit de seigneuriage. Les banques privés tirent des revenues astronomiques sur de la monnaie créée exnihilo au travers l'endettement des états, des ménages et des entreprises. Or il fut un temps où dans ce pays l'état n'avait pas besoin d'emprunter de l'argent sur les marchés internationaux pour mener à bien ses projets d'investissements. Il n'avait ainsi quasiment pas de dette il émettait simplement par le biais de la banque de France les crédits nécessaires à l'investissement.
je ne vais pas expliqué tous ça ici des gens bien plus talentueux que moi l'on fait comme Maurice Allais ou récemment André-Jacques Holbecq dans son livre "La dette public une affaire rentable" je vous invites à les lire.
Un petit texte de Allais:
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/La_crise_mondiale_d_aujourd_hui_Maurice_Allais_1998.pdf
"Cette étatisation met les entreprises nationalisées ( banques) , non pas au service de la nation et de l'intérêt général, mais au service de leurs intérêts propres qu'elles identifient abusivement à l'intérêt général parce qu'elles font partie intégrante de la puissance de l'état."
Mais quel est la différence avec les banques privé dans ce cas, croyez vous que les banques se fasse concurrence, êtes vous si naïf de croire que le marché existe entre de si grandes institutions.
Je vais vous dire une chose je crois que le marché n'a qu'une seule vertus celle de limiter le pouvoir des entreprises. Seulement je connais les théories de Smith et je sais pertinemment que la concurrence n'existe que si les entreprises ne dépassent pas une certaine taille par rapport au marché. Ainsi on dit qu'il y a concurrence s'il y a atomicité des acteurs, la réalité du monde puisque vous y faites référence c'est qu'il y a bien peu de marché correspondant à la définition libérale du marché "Atomicité des acteurs". Nous sommes dans des sociétés socialo-capitaliste ou capitaliste de type monopolistique privé, l'inverse de la société soviétique en somme. Et les banques sont totalement imbriqué ce sont des cartels qui organisent la société en fonction de leurs intérêts, même chose pour la plupart des multinationales quelque soit le secteur. Donc vos craintes sont ,je dois vous l'annoncez, la description de notre présent. Nous ne sommes pas des sociétés de marché, nous sommes des sociétés capitalistes et les capitalistes n'aiment pas la concurrence. Mais nos dirigeants pratiquent le double langage notamment la commission de Bruxelles qui dit vouloir une concurrence libre et non faussé, mais qui accouche exactement de l'inverse dans la pratique. Ce qui a tendance a faire perdre les sens des mots, nous faisant vivre dans un univers Orwellien où un mot peut exprimé l'inverse de sa définition officielle.
Donc si l'on me demande de choisir entre un monopole ou un cartel privé et un monopole d'état je préfère la seconde hypothèse au moins peut-on grâce à un système électorale éjecté les dirigeants qui ne nous plaises pas.
@Laurent
Ne pensez vous pas que l'émission monétaire est le droit régalien de l'état et non d'acteur privé? Trouvez vous normal qu'une banque gagne de l'argent grâce à des intérêts tirés d'une monnaie créée artificiellement, et si vous trouvez çà normale alors qu'est ce qui justifie le fait que certains acteurs privés puissent émettre de la monnaie et pas d'autre? C'est le genre de question qu'il faut se poser pour vraiment toucher du doigt le fond des crises que nos sociétés traversent de génération en génération.
Pour aborder le sujet voici un documentaire assez explicatif sur le problème de la monnaie:
part1:
http://www.dailymotion.com/relevance/search/money%2Bas%2Bdept/video/x56de6_money-as-dept-1-vostfr_news
part2:
http://www.dailymotion.com/relevance/search/money%2Bas%2Bdept/video/x56dem_money-as-dept-2-vostfr_news
part3:
http://www.dailymotion.com/relevance/search/money%2Bas%2Bdept/video/x56ddz_money-as-dept-3-vostfr_news
Écrit par : yann | 22.07.2008
@ Yann,
Analyse assez juste sur l'évolution monopolistique privée de l'économie actuelle. Ce n'est pas vrai dans tous les domaines, mais il est vrai que cela correspond tout à fait à la tendance actuelle. Je lisais récemment un article sur Arcelor Mittal, qui va augmenter ses prix de plus de 50% suite à la hausse des cours des matières premières. Bien sûr, une partie de cette hausse est la conséquence de cette hausse des matières premières, mais je suis bien sûr qu'Arcelor en aura profité pour augmenter sa marge car il détient 25% du marché mondial. Le rachat d'Arcelor par Mittal n'aurait jamais dû être autorisé, tant pour des raisons de concurrence (ancien N°1 et N°2 mondiaux) que de patriotisme économique.
La concentration actuelle de certains marchés donne clairement une capacité de fixation de prix qui transforme la nature de l'économie.
Je suis d'accord que l'émission monétaire est un droit régalien, qui revient à l'Etat et donc aux politiques (en cela, je suis contre l'indépendance des banques centrales). Néanmoins, même si les banques privées émettent en effet de l'argent, elles le font en fonction de règles fixées par les banques centrales. En cela, elles conservent en partie le contrôle de la création monétaire à mon sens. Mais il faut que je creuse la question plus à fond.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 22.07.2008
Pour rebondir sur les propos de Yann, je confirme que le bouquin de André-Jacques Holbecq est remarquable ( http://www.yvesmichel.org/admin/nouveautes-livres/la-dette-publique-une-affaire-rentable )
Pour la monnaie, la question qui se pose est tout simplement pour quelle raison l’état devrait payer pour l'obtenir auprès des banques commerciales alors qu’il pourrait la créer gratuitement lui-même ?
A cette question je réponds (après d’autres) : il n’ y aucune raison.
Surtout quand l'on prend conscience que le montant total cumulé estimé des intérêts de la dette de la France depuis 1979 est à peu près égal au montant de cette dette (comme démontré dans le bouquin ci-dessus).
C’est une coïncidence mais elle est parlante.
Écrit par : RST | 22.07.2008
La taxe Tobin c'est un sparadra sur une hémoragie.
Je reponds en même temps à vos propos émis sur le blog de Malakine. Le controle des flux financiers sont possible sans instance internationnal mais pour cela il va falloire que je dise une grossièreté : nationalisation des banques.
Je rappel que le CNR avait nationalisé les banques ce n'est pas par hazard. Il se trouve que le control de la monaie passe non seulement par le controle de la banque centrale mais également par le controle des flux monétaire globaux. Aujourd'hui l'essentiel de la monaie que nous utilisons est le fruit des pret bancaire. 95% de la masse monétaire est émise par des banques privées si vous voulait vraiment que l'état est un role à jouer dans l'économie la seule chose à faire est la nationalisation de la monaie si je puis dire. Pas besoin de l'UE pour çà une fois les nationalisations effectué pas une seul transaction extérieure ne pourra se faire sans l'accord de la banque de France nous mettrions fin au fraude fiscale et à la fuite des capitaux ou à l'ntrée de capitaux spéculatif genre fond de pension anglosaxon avide d'entreprises à plumer.
Il faut bien comprendre que le système économique actuel à était entièrement pensé dans l'intérêt de Londre et des USA. La liberté de circulation des capitaux, qui est la raison d'être de l'UE, joue en faveur des concepteur de l'Europe à savoir les USA. Donc je trouve trés ironique le fait que certain comme vous et Malakine, que j'apprécie pour ces objectifs, ne voient pas qu'il est impossible de modifier l'UE pour quel corresponde à l'intérêt du continent.
Si l'on veut une autre Europe il faudra entrer d'abord en rupture avec celle qui existe, vouloir sortir de l'UE ce n'est pas ne pas vouloir une organisation Européenne. C'est d'abord vouloir l'indépendance des européens.
En ce sens ma position est celle du M'pep de Jacques Nikonov qui prone la sortie de l'UE je vous invites à lire leurs textes d'ailleurs:
http://www.m-pep.org/
voir par exemple ce texte : bouger l'Europe ou en sortir:
http://www.m-pep.org/spip.php?article506
Écrit par : yann | 23.07.2008
Créer la confusion ou l'art de brouiller les esprits
Les nationalisations de l'après-guerre: Une double nécessité
Il était nécessaire en priorité d'assurer la reconstruction de l'économie nationale après cinq années de guerre. Ensuite et afin de pouvoir assurer cette modernisation de l'économie il était indispensable de doter le pays des infrastructures qui s'imposaient. Les nationalisations concernaient donc essentiellement les activités de service public pour lesquelles les coûts d'investissements étaient considérables et les banques se devaient de participer à ces reconstructions.
Au contraire les nationalisations de 1982 n'étaient pas une nécessité mais un choix stratégique.
Les idées qui mènent aux nationalisations de 1982 n'ont rien à voir à celles de la libération. Elles ont eu un caractère stratégique pour le pouvoir en place et elles intervenaient dans des secteurs qui se portaient bien, à l'exception de quelques uns (c'était le cas de la sidérurgie). l'État par idéologie voulait intervenir directement dans le moteur de l'économie, pour cela il lui a fallu nationaliser des secteurs essentiels à la fois de l'appareil financier et de l'appareil de production . Ces nationalisation ont permis au gouvernement de l'époque de contrôler à la foi les décisions d'entreprise en faisant lui même les choix industriels et les choix budgétaires.
Prôner les nationalisations au prétexte que cela a été fait après guerre c'est de la mauvaise foie dans le but de faire passer dans l'opinion une certaine idéologie. C'est une argumentation très connue qui consiste à entremêler nécessité et choix stratégiques et c'est pourquoi je pense que cette vision doit être combattue sans équivoque et sans relâche.
Écrit par : flamant rose | 23.07.2008
Les eurocrates diraient que le projet de Laurent est trop empreint de "colbertisme" issu des temps antédiluviens du pompidolisme et que la seule politique qui vaille c'est celle des clusters c'est à dire créer les conditions concurrencielles favorables à l'innovation c'était le sens des pôles compétitivité.
De plus, quand on voit la part de l'investissement privé dans la R&D en général, on pâlit.... c'est l'un des points noirs de la stratégie de Lisbonne que tu voudrais "muscler". Attention toutefois aux partenariats public-privé!
En plus d'une taxe sur la spéculation, je serai pour une taxe pour les stocks options des grands patrons européens...
Écrit par : René Jacquot | 24.07.2008
Question à Flamant Rose : Qu'est ce qui mesure le mieux le degré de socialisation d'une économie : Le taux de dépense publique dans le PIB ou la part que détient l'Etat dans l'appareil productif ?
Depuis 20 ans on a privatisé à tour de bras, mais on n'a rien libéralisé du tout ! Le taux de prélèvements obligatoires n'a fait qu'augmenter.
Malgré toutes ces privatisations, l'Etat actionnaire a gagné cette année 5Mds d'Euros. C'est pas mal non ? Ne serait-il pas temps de réhabiliter l'Etat actionnaire ?
Et d'ailleurs n'est ce pas ce que veut faire notre bon président lorsqu'il veut transformer la caisse des dépôts en fonds souverain ? :-)
Écrit par : Malakine | 25.07.2008
@ Malakine
Je vais être très bref sur les dépenses publiques.
Elles ont été très fortes après guerre un peu plus de 40 % pour les raisons que j'ai évoquées dans mon commentaire précédent. Elles ont baissé dans les 20 ans qui suivirent avant de remonter. Aujourd'hui nous sommes de l'ordre de 54%. Il y a les dépenses régaliennes qui ont toujours existé ( police, justice , EN, défense), il est difficile de faire le rapprochement car est apparue la sécurité sociale et il faut savoir que ces dépenses nouvelles représentent plus que le budget de l'état et ce depuis une dizaine d'années. Si on ajoute la décentralisation loin d'être terminée je vois mal comment diminuer les dépenses publiques sans faire pousser de hauts cris à la moitié de la population. Il suffit de lire les blogs, ,certains journaux où d'écouter FR3. Si on arrive à maîtriser ces dépenses publiques ce sera déjà pas mal étant donné le "toujours plus" qui règne dans les mentalités. Alors bien sûr vous dites et je vous cite "Le taux de prélèvements obligatoires n'a fait qu'augmenter". Il faut savoir ce que l'on veut dans la vie, elle est faite de choix, j'en ai fait, vous en avez fait.
Ensuite la part de l'état dans l'appareil productif.
Je dirais pour faire court que la mondialisation nécessite une nouvelle définition des outils de l'action publique. Néanmoins, une action de l'État est indispensable en matière de régulation des échanges de biens, de services et de capitaux. l'État doit aider les entreprises à préserver et améliorer leur compétitivité, il doit plus largement veiller à l'attractivité de notre territoire. Tel doit être son rôle et se limiter à ça. .
En ce qui concerne les fonds souverains, l'idée a été lancée par L Laurent Fabius et ses 4 propositions pour retrouver une perspective. Il dit je le cite "Je propose que la France se dote d'un fond souverain, constitué à partir de la Caisse des Dépôts". Il interviendra dans le domaine économique selon des critères éthiques analogues à ceux de l'actuel fonds souverains norvégien".
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4720091.htm
Ensuite c'est N Sarkozy qui reprend la même idée. Pas plus que vous je ne me suis exprimé sur ce sujet car je n'en ai pas eu l'opportunité. Ceci dit et puisque vous me demandez ce que j'en pense je vous réponds que je n'en pense pas du bien.
Pourtant je suis d'accord sur l'analyse de Fabius à savoir que l'état est un bien mauvais stratège industriel et je redis mon opposition aux nationalisations. Mais si je suis d'accord sur le constat, les propositions qui sont faites me dérangent et si j'étais trivial je dirais que c'est du "flan".
Premier Objection: L'argent. Les caisses de l'état ne permettent pas de dégager l'argent nécessaire. Il faut de l'argent, beaucoup d'argent et ce n'est pas les propositions de Fabius " privatisations et cessions immobilières de l'état" qui vont suffire à alimenter ces fonds. Quand on compare à la Norvège on omet de dire que ce pays possède du pétrole. Ceci dit Fabius prend le contre pied de Mitterrand en 82 et des nationalisations en proposant des privatisations. Si je ne suis pas socialiste, lui prétend l'être.
Deuxième objection :En cliquant sur le lien ci-dessous vous constaterez que la CDC se porte bien
http://www.caissedesdepots.fr/spip.php?article969
Je doute que malgré sa richesse, si la CDC conservait tout son argent cela suffirait pour soutenir un fond souverain. Mais il se trouve qu'elle ne la conserve pas puisque l'état prélève sa part pour son bon fonctionnement et que par ailleurs une autre part non négligeable est investit dans le social. En définitive; Il apparaît donc que la CDC est incapable de gérer des fonds souverains.
Un de vos lecteurs préférés s'est foutu de ma "gueule" en terme peu respectueux lorsque j'ai dit sur votre blog que j'étais un "petit porteur" et que j'ai gagné un peu d'argent en boursicotant et c'est pourtant vrai. Il se trouve que la CDC n'est pas un petit porteur, c'est ce que l'on appelle un investisseur institutionnel.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Investisseur_institutionnel
La particularité des "institutionnels" c'est que contrairement aux spéculateurs (opérations au jour le jour ou sur le mois boursier) ils investissent sur le long voire très long terme. Ce qui m'amène à la troisième objection. Comment l'UE pourrait-elle accepter ce qu'elle pourrait considérer comme étant une intervention de l'état lorsqu'on on la connaît aussi tatillonne.
Ces objections, ni Fabius ni Sarkozy ne les ignorent aussi je pense que la création de fonds souverains n'est pas pour demain. Où alors il faut m'expliquer comment on peut procéder autrement.
Par ailleurs j'ai lu sur votre blog que vous vouliez engager avec vos lecteurs un débat sur le thème des nationalisations. Je vous parlais ci dessus de l'Europe. Je pense que vous ou vos lecteurs favorables n'auront aucune difficulté à expliquer pourquoi vous ou eux sont favorables aux nationalisations (je connais les arguments). Par contre ce que je lirai avec intérêt c'est "le comment faire". L'UE ayant montré sa susceptibilité aux interventions des états dans de nombreux domaines et il ne s'agit que d'interventions, pas de nationalisations.
Impossible de développer plus longtemps sauf à créer mon propre blog et je n'en ai pas l'intention. La vie associative (présidence de conseil d'administration), la photo, la pêche, le jardin et bientôt une petite fille ( grand père pour la première fois à 59 ans, ça va me faire drôle) ne m'en laissent pas le temps. Et pourtant que la retraite est bonne, ça fait déjà 4 ans.
Ah, j'oubliais, je suis d'accord avec vous lorsque vous écrivez "notre bon président". Je le pense ausi.
Cordialement
Écrit par : flamant rose | 25.07.2008
@ Flamant Rose
Je vous donne rendez vous sur Horizons à mon retour de vacances pour poursuivre le débat sur la question des privatisations et des fonds souverains.
Juste une remarque : Fabius confirme que son cerveau s'est bien ramolli. Vouloi financer des prises de participation en capital par des privatisations, ça c'est fort !
Naturellement, mon expression "'notre bon président" était une boutade. J'aime pas tellement le personnage mais tant que Guaino est à ses cotés, je refuserais de m'engager dans le camps des antisarkozystes. D'ailleurs, ça me fatigue. La posture est trop confortable et empêche de penser.
Écrit par : Malakine | 28.07.2008
l'allemagne donne l'exemple en terme de relations inter européennes et cette voie est peut ètre un modèle pour marginaliser l'UE empêtrée dans ses contradictions et revenir a l'esprit de de Gaulle sur la grande europe (des nations) en effet l'allemagne développe actuellement avec la russie des relations privilégiées tant commerciales scientifiques que culturelles ,face aux blocs en présences l'europe aura besoins de toutes ses composantes, la france devrait profiter du fort courant de sympathie qu'elle a en russie .
Écrit par : christian | 29.06.2011
NoN seulement faire entrer n'importe qui en Europe nous mène à notre perte mais Mayotte devait rester dans les Comores.(résolution de l'ONU non suivie). Toutes les habitantes des îles alentour viennent accoucher à Mayotte pour les allocations. A cause de qui ? VGE. Nous nous appauvrissons, à cause d'irresponsables que nous payons une fortune.Je connais un moyen simple pour faire des économies....supprimons les députés qui sont dangereux pour la France et payons les autres en fonction des services qu'ils rendent, comme dans une entreprise.
Écrit par : DUSSI | 28.08.2011
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