23.07.2008

Analyse critique du néo-libéralisme : introduction

« La seule querelle qui vaille, c’est celle de l’homme » : cette phrase du Général de Gaulle montre la distance que nous avons parcourue depuis quelques décennies. Aujourd‘hui, il n’est question que d’adaptation des hommes à l’économie, par une terrifiante inversion entre la fin et le moyen.

En mai, 250 000 ménages américains ont été expropriés de leur maison faute de pouvoir rembourser les emprunts qu’ils avaient pris. Le système financier semble à nouveau au bord de l’implosion : l’Etat Américain a volé au secours de Fanny Mae et Freddie Mac et garantir leurs 5 000 milliards de dollars de dette. L’inflation des produits alimentaires et de l’énergie ampute largement le pouvoir d’achat des classes populaires des pays développés et a plongé des millions d’habitants des pays émergents à nouveau dans la pauvreté. Et partout, la même réponse pour traiter cette crise : accélérer les réformes, libéraliser plus encore les échanges et les marchés. Pourtant, comment ne pas s’interroger sur la responsabilité de ces mêmes réformes dans la crise actuelle ?

Lors d’une conférence de presse en février 1965, le Général de Gaulle avait affirmé que : « le laisser-faire ! le laisser-passer ! appliqué à l’économie depuis l’aurore du machinisme a souvent, grâce au bénéfice, à l’esprit d’entreprise, à la libre concurrence, donné au développement une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ». Il affirmait que le « dirigisme » du nouveau régime pourrait corriger ces excès. Ces propos, tenus pendant la période pourtant si calme des Trente Glorieuses, prennent une tout autre dimension aujourd’hui, après vingt ans de crises. Si le capitalisme encadré de l’après-guerre a su apporter un progrès aux hommes, sa variante débridée actuelle montre des carences de plus en plus inquiétantes.

C’est pourquoi, j’ai voulu creuser cette question plus en profondeur, en étudiant également la vision de la défense, par la voix de The Economist, hebdomadaire que je lis depuis une dizaine d’années et sans doute le plus farouche soutien des idées néo-libérales. Mais j’ai surtout cherché à creuser la vision alternative, par la voix des économistes alternatifs, comme Jean-Luc Gréau, Jacques Généreux ou Jean-Claude Michéa. Dans un premier temps, je reviendrai sur les thèses qu’ont développées ces auteurs dans leurs derniers ouvrages, puis je reviendrai sur les différentes manifestations actuelles de la crise pour enfin essayer d’en tirer quelques conclusions.

Je vous donne donc rendez-vous tous les jours pour cette analyse critique du néo-libéralisme. Demain, je commencerai par une revue du livre de Jean-Luc Gréau, « L’avenir du capitalisme ».

Commentaires

Très bonne initiative. J'attends la suite avec impatience

Écrit par : Malakine | 24.07.2008

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