26.08.2008

La nouvelle stratégie de Dominique de Villepin

Il y a un an, l’ancien Premier Ministre faisait une rentrée politique fracassante en critiquant l’esprit de cour qui régnait autour du président, sa politique étrangère, devenant brièvement le premier opposant de France. Sa rentrée 2008 marque un changement de stratégie radicale.

C’est non sans une certaine jubilation que Le Figaro retranscrit l’intervention de Dominique de Villepin au Grand Jury. En effet, aux critiques à peine voilées ont succédé des jugements beaucoup plus positifs : « estime », « une critique (de l’esprit de cour) qui vaut beaucoup moins », « une simplicité et un dépouillement dans la démarche qui n’existaient pas il y a six mois » et même un satisfecit international en relevant que « la diplomatie européenne, incarnée par Nicolas Sarkozy a joué un rôle crucial ». Cet apaisement peut paraître surprenant alors que l’affaire Clearstream traîne encore, deux ans et demi après son démarrage, indiquant sans doute que les magistrats n’arrivent toujours pas à trouver quelque chose contre l’ancien Premier Ministre. Mais, malgré cette détente, il ne semble pas souhaiter se présenter aux élections européennes en 2009, comme certains semblent le vouloir à l’Elysée même.

Même si ce changement radical de stratégie peut surprendre de la part du signataire de l’appel de Marianne du 14 février, il s’agit sans doute du meilleur chemin pour préparer l’avenir. L’attaque frontale réduisait Dominique de Villepin à sa rivalité avec l’actuel président, même s’il prenait toujours soin de se placer sur le front des idées. S’il avait gagné ses galons d’opposant, son message était réduit à un affrontement qui ne lui permettait plus de développer la moindre idée, comme le montre le Grand Jury, tel que le rapporte Malakine sur son blog Horizons. L’apaisement actuel peut lui permettre à terme de développer davantage ses idées et de construire une proposition alternative pour 2012, tandis que l’opposition trop forte au régime actuel brouillerait tout autre message. Il faut noter que son appel à distinguer « l’essentiel du subalterne » peut concerner l’équipe actuelle…

Certains pourront interpréter sa non candidature aux européennes comme une nouvelle preuve de sa trop grande distance avec le suffrage universel, tel un Delors ou un Balladur. Mais, outre que son style n’a rien à voir avec ces tièdes figures de notre vie politique, cet éloignement lui donne une liberté qu’il n’aurait pas eu s’il avait été élu en juin dernier et qui l’aurait contraint de s’exprimer sur tous les textes du gouvernement… Et les élections européennes ressemblent trop à un piège comparable à celui que François Mitterrand avait tendu à Michel Rocard en 1994. Mieux, et les commentateurs ne semblent pas le voir, cette stratégie permet à Dominique de Villepin de rester un égal de Nicolas Sarkozy alors que se présenter comme tête de liste UMP en 2009 le rétrécirait au niveau d’un affidé quelconque du président, d’un nouveau trophée.

Ce n’est que dans trois ans et demi qu’il sera possible de juger la pertinence de la stratégie de l’ancien Premier Ministre. Le virage actuel, qui aurait dû me déplaire a priori, me semble au contraire la meilleure des voies pour construire une candidature solide en 2012.

Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/08/25/01002-2008082...

Commentaires

Laurent

Non pas dans son billet mais dans sa réponse aux commentaires Malakine dit je le cite " Si Villepin veut avoir un avenir politique il doit être dans le jeu". Il a raison. Denis Tillinac écrivain et journaliste, un intime de Jacques Chirac a dit un jour en parlant de DDV je cite " Villepin, je ne sais pas quand il va se décider à faire de la politique et a être élu"

Ecrit par : flamant rose | 26.08.2008

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