27.08.2008

La France, première puissance démographique européenne

Lors de la négociation du traité de Nice, beaucoup avaient critiqué Jacques Chirac quand il avait accepté d’introduire le vote en fonction de la population. Pourtant, si cela donne aujourd’hui plus de poids à l’Allemagne, cette réforme est principalement à l’avantage de la France. Démonstration :

Déjà en 2004, la France était de loin championne d’Europe des naissances avec 800 000 naissances, devant le Royaume Uni (716 000), l’Allemagne, seulement troisième, (705 000) et l’Italie (563 000). Cet ordre diffère très largement de la hiérarchie des populations puisque là, l’Allemagne arrive en tête avec 82,5 millions d’habitants, devant la France (62,3), le Royaume-Uni (59,9) et l’Italie (58,2). Cela tient à l’écart très important du nombre de naissances par femme puisque le taux de fécondité atteignait alors 1,91 enfants par femme en France, contre 1,74 au Royaume Uni, 1,37 en Allemagne, 1,33 en Italie et 1,32 en Espagne. Mieux, depuis, ce taux de fécondité a progressé dans notre pays puisque nous avons atteint le cap des 2 enfants par femme en 2006, avant de redescendre à 1,98 en 2007.

Mieux, comme le montre cet article du Figaro, et comme l’explique Emmanuel Todd, le taux de fécondité est un indicateur imparfait puisqu’en mesurant le taux de natalité en fonction du nombre de naissance de l’année, il ne prend pas en compte le fait que les femmes ont des enfants plus tardivement, ce qui contribue à sous-estimer la fécondité réelle du pays. Par exemple, les femmes nées en 1956 ont eu 2,14 enfants alors que le taux de fécondité a oscillé entre 1,7 et 1,9 pendant toute la période où elles ont eu des enfants. Autre exemple, les femmes nées en 1966 avaient 1,97 enfants en 2006 mais n’en avaient qu’1,76 à 35 ans contre 1,96 pour celles nées en 1956. Au final leur descendance finale dépassera le cap de renouvellement des générations. Ce décalage est le même dans tous les pays.

Nous ne sommes qu’au début des conséquences démographiques de cette évolution. On peut anticiper qu’autour de 2040, alors que la France devrait toujours compter plus de 800 000 naissances, si la fécondité de nos voisins remonte autour d’1,5 enfants par femme, il n’y aurait plus que 525 000 naissance outre-Rhin (du fait d’un nombre beaucoup moins important de femmes en âge de procréer) et 420 000 en Italie ! À horizon 2050, la France devrait compter environ 80 millions d’habitants, contre 75 pour notre voisin allemand, 70 pour les Anglais et moins de 50 pour l’Italie (certains scénarios parlent de seulement 40…). Ces prévisions, aussi surprenantes soient-elles, sont assez réalistes, dans la mesure où les phénomènes démographiques sont largement culturels et évoluent lentement.

Cela nous amène aux raisons de cet écart qui va bouleverser les rapports de force au sein d’une Europe vieillissante où la France, et dans une moindre mesure, le Royaume Uni, vont tirer leur épingle du jeu. La politique familiale joue un grand rôle bien sûr puisque les ménages Français profitent d’un réseau de crèche beaucoup plus développé que dans le reste de l’Europe et d’avantages fiscaux importants. Cette politique a un coût (2,6% du PIB) mais il s’agit d’un investissement pour l’avenir. Mieux, cet effet devrait durer car il y a désormais un véritable écart culturel entre la France, où la norme sociale est la famille de deux enfants (et où autant de foyers ont trois enfants qu’un seul) et l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, où la norme oscille entre 1 et 2.

Résultat, dans quelques décennies, la France va devenir le premier pays d’Europe par la population, ce qui ne devrait pas être sans conséquence sur notre poids et dynamisme économiques.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/08/21/01016-...

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/08/21/01016-...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Démographie_de_l'Union_euro...

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