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29.08.2008
RSA : un pas dans la bonne direction
L’équation budgétaire se révélant difficile, Nicolas Sarkozy a finalement opté pour la création d’une nouvelle taxe pour financer le RSA. Et pour le coup, il s’agit d’une taxe « juste et habile », pour citer le Monde, qui plus est pour financer une bonne mesure.
Le Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch est un exemple de bonne politique. Tout d’abord, il a été expérimenté à petite échelle pour mesurer son efficacité plutôt que d’être lancé d’un seul coup. Le test a été réussi et il semble se dégager une véritable unanimité autour de cette réforme. Ce RSA a un double avantage. Premièrement, en permettant de verser une allocation aux personnes qui retrouvent un emploi il accroît, par le haut, l’écart de revenu avec la condition de sans emploi. Il était en effet complètement aberrant que des personnes gagnent presque autant sans travailler qu’en travaillant. Qui plus est, ce dispositif devrait sortir de la pauvreté environ 700 000 personnes, ce qui est bien sûr salutaire dans un pays comme le nôtre.
Le contexte économique difficile ne permettait pas de financer cette mesure. Le gouvernement a donc fait le choix d’une nouvelle taxe. Et ce choix semble juste dans un pays où la taxation du travail est trop lourde puisque l’intégralité du financement se fera sous la forme d’une taxe de 1,1% sur les revenus du capital, contribuant à un léger rééquilibrage de la taxation entre le travail et le capital. En effet, la fiscalité Française pèse trop sur le travail, contribuant sans doute à un niveau de chômage réel encore trop élevé. Mieux, cette mesure, dont l’impact sera malgré tout limité, est juste socialement puisqu’elle revient à faire financer une aide pour les plus pauvres par les classes moyennes supérieures et aisées, dont les revenus augmentent fortement depuis des années, contrairement aux classes populaires.
Si on veut faire la fine bouche, on peut toujours remarquer que 1,5 milliards n’est pas grand chose par rapport aux plus de 10 milliards du « paquet fiscal », à la fois injuste socialement et inefficace économiquement, comme le montrent les résultats de la croissance du deuxième trimestre. On peut également contester cette nouvelle complexification de notre code fiscal, que Nicolas Sarkozy ne semble décidemment pas intéressé à simplifier. On ne peut pas ignorer non plus l’effet d’affichage politique d’une telle taxe, illustré par les protestations du Medef et de quelques élus de droite. Néanmoins, parce qu’elle va dans la bonne direction, que ce soit par la pertinence du RSA et l’inflexion donnée à notre fiscalité, on peut dire que le gouvernement va dans la bonne direction.
Les opposants à la taxe RSA ne devraient pas oublier qu’ils sont souvent les principaux (voir les seuls) bénéficiaires de la croissance des dernières années. À ce titre, une petite contribution qui va permettre de sortir des centaines de milliers de personnes de la pauvreté semble plus que légitime.
10:55 Publié dans Actualités, Economie, Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, rsa, hirsch, taxe capital




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