13.09.2008
Euro cher : le retour du psychopathe de Francfort !
Alors même que l’inflation vient de légèrement baisser, à 3,8%, dans la zone euro, Jean-Claude Trichet vient d’affirmer que « l’inflation va rester élevée pour un certain temps avant de baisser un peu au cours de l’année 2009 » afin de justifier le maintien des taux d’intérêts..
Pour reprendre les mots de Jospeh Stiglitz, la BCE agit à nouveau en « enfant buté » dans cette crise, comme en 2002. La crainte de l’inflation confine au délire paranoïaque tant une analyse un tant soit peu rationnelle montre que cette inflation est purement conjoncturelle. Tout d’abord, on pourrait relativiser le dérapage de l’inflation, qui, à 3,8%, reste à un niveau assez faible historiquement parlant. Ensuite, tous les économistes montrent bien que cette inflation est uniquement la conséquence de la forte hausse du prix des matières premières agricoles et énergétiques et qu’en dehors de ces éléments, historiquement volatiles, l’inflation dans les pays occidentaux reste autour de 2%. De plus, loin des effets de second tour que dit craindre la BCE (où salaires et prix se font la course), les chiffres montrent au contraire que la dépression économique a ralenti la hausse des salaires depuis un an, du fait de la hausse du chômage.
Mais surtout, étant donnée que la hausse de l’inflation a débuté l’an dernier à la même époque, nous rentrons dans un comparatif « plus favorable ». Contrairement à ce qu’affirme notre Don Quichotte monétariste, la baisse récente des cours va commencer à se retrouver dans les prix cet automne. Sans être économiste, en supposant que le pétrole ne reprenne pas sa course folle (si la baisse de production de l’OPEP stabilise son cours un peu au-dessus de 100 dollars), j’estimerai volontiers que l’inflation baissera à 3 / 3,5% d’ici la fin de l’année en Europe pour rapidement passer sous les 3% dès le premier trimestre 2009, voire plus rapidement encore. Les prévisions de Jean-Claude Trichet ne servent qu’à justifier son manque d’action. En outre, de nombreux économistes ont souligné que les causes actuelles de l’inflation et son caractère conjoncturel et non structurel font que la politique monétaire n’a que peu d’impact sur son niveau.
Si l’inflation baisse aussi vite aux Etats-Unis qu’en Europe dans les prochains mois, nous aurons une nouvelle preuve de l’absurdité totale de la politique monétaire suivie à Francfort puisque la baisse des taux de la Fed n’aura absolument pas provoqué de dérapage inflationniste, malgré une politique monétaire beaucoup moins restrictive qu’en Europe. Une fois encore, la politique monétaire européenne va prolonger et renforcer inutilement la crise économique du vieux continent par des décisions délirantes, envoyant, comme en 1993 et en 2001 des millions d’Européens au chômage par l’effet inutilement dépressif de leur politique de taux d’intérêts. Et à nouveau, personne ne pourra demander de compte aux banquiers centraux sur ces choix suicidaires.
Rendez-vous dans six mois pour vérifier la pertinence de ces prédictions. Malheureusement, entre temps, une chose est sûre, l’économie européenne aura traversé une inutile récession provoquée par le monétarisme borné de la BCE.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/09/05/la-bce...
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/09/10/01011-200809...
11:01 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bce, trichet, euro, taux d'intérêts, inflation




Commentaires
Le pire dans cette affaire c'est que les taux d'intérêts n'ont jamais eut les effets anti-inflationniste qu'ont leur donne. Pour casser l'inflation avec des politique de taux il faut les faire monter trés pour casser la croissance et l'investissement ce qui effectivement à un effet anti-inflationniste mais à quel prix?
Ce que Trichet ne dit pas c'est que la masse monétaire européenne croit à des rythmes délirant prés de 11% l'année dernière, or c'est bien la croissance de la masse monétaire qui fait croitre l'inflation et non les taux d'intérêt. Mais comme aujourd'hui l'émission monétaire se fait exclusivement par la dette privé (95% de la monnaie en circulation provient d'une dette privé/public et non de la fameuse planche à billet) la BCE ne contrôle pas l'émission de monnaie elle n'a donc aucun pouvoir réel sur l'inflation. Autre fois quand l'état émettait la monnaie s'il y avait inflation il pouvait réduire l'émission mais depuis 73 ce n'est plus le cas et nous en subissons les conséquences jours après jours. C'est à peu prés le même problème au USA d'ailleurs ce sont des acteur privé qui émette trop de prêt qui font l'inflation. A noter qu'en plus cette création de monnaie par dette crée des intérêt à rembourser qui conduisent à un accroissement constant de tout les acteurs économique, il fut un temps ou la croissance ne nécessitait pas d'endettement toujours croissant.
Ecrit par : yann | 13.09.2008
@Laurent
Tant que j'y suis une très bonne annalyse de Frédéric Lordon çà devrait vous plaire:
http://blog.mondediplo.net/2008-09-08-Changement-d-epoque
Ecrit par : yann | 13.09.2008
@ Yann
Merci beaucoup pour les informations supplémentaires et le lien.
Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 13.09.2008
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