27.09.2008
L’économie au secours d’Obama
Début septembre, entre les tensions internationales en Géorgie et la nomination de Sarah Palin, la campagne Américaine avait basculé et l’impensable semblait devenir possible : une nouvelle victoire des républicains. Mais la crise économique rebat les cartes en faveur des démocrates.
Comme l’explique très bien The Economist, les Républicains continuent d’aborder les élections en utilisant la stratégie qu’avait initiée Richard Nixon. Elle consiste à dépeindre les démocrates comme les représentants des élites bourgeoises et libérales (au sens Américain, c’est à dire sur les questions de société et non économiques) des grandes villes, coupées de la réalité, méprisantes à l’égard du petit peuple. Cette forme de populisme permet de créer une véritable « guerre culturelle » où s’affrontent à front renversé des républicains défenseurs des valeurs morales des ménages modestes et des démocrates bien éduqués volontiers opposés à l’IVG ou à la peine de mort. Cette présentation de l’offre politique ne manque pas de piquant quand on connaît le parcours des deux candidats, mais elle repose également sur ce qu’ils véhiculent.
À une récente interview sur la crise, John McCain a su répondre avec des mots simples, dénonçant vigoureusement les excès du monde la finance. De son côté, Barack Obama disait la même chose mais d’une manière beaucoup plus littéraire et policée, tendant à renforcer les caricatures que cherchent à véhiculer les républicains. Heureusement pour le candidat démocrate, la campagne de John McCain souffre de deux faiblesses majeures. Les campagnes négatives qu’il fait diffuser sont sans doute beaucoup trop excessives pour un électorat indépendant qui ne peut pas se reconnaître dans les caricatures absurdes et malhonnêtes qui sont faites du candidat démocrate, accusé de tout et n’importe quoi.
Mais surtout, la crise économique est devenue la première préoccupation de la population, ce qui est doublement avantageux pour Barack Obama. Tout d’abord, en période de crise, les électeurs ont tendance à sanctionner l’équipe au pouvoir, comme cela s’était passé en 1992 avec Georges Bush Senior. Ensuite, les démocrates sont plus crédibles que les républicains pour la gestion de l’économie, notamment face à un John McCain qui a fait l’erreur capitale de dire qu’il n’y connaissait pas grand chose… Résultat, en ces temps incertains où les excès du libéralisme plongent l’économie Américaine dans la récession, font monter le chômage et font perdre à des millions d’Américains leur maison, il est peu probable que les Etats-Unis se tournent vers les partisans de la déréglementation.
La crise économique actuelle est le seul moyen pour sortir la campagne Américains de la campagne détestable lancée par le parti républicain, en replaçant l’élection sur de véritables sujets. Barack Obama y a tout gagné, les Etats-Unis et le monde aussi.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2008/09/18/01003-200...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/09/18/premier...
The Economist 20 septembre
11:16 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, mccain, obama, crise financière




Commentaires
Je pense que les circonstances font que c'est un boulevard qui se dessine devant Obama. Mc Caine par les temps qui courent a commis à mon sens une énorme bourde en disant qu'il ne connaît rien à l'économie. En d'autres circonstances (période de croissance, fort pouvoir d'achat) cela aurait peut être pu passer, mais dans la période actuelle j'ai des doutes. J'ai bien l'impression que cette maladresse correspond à un suicide politique. Ce n'était probablement pas le but recherché, mais le mal est fait.
Écrit par : Flamant rose | 27.09.2008
@laurent
Un trés bon résumé de la situation réelle de l'économie US sur le site tropicalbear:
http://tropicalbear.over-blog.com/article-23196684.html
Écrit par : yann | 28.09.2008
@ Yann
Merci pour ce lien très intéressant.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 28.09.2008
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