28.10.2008
Le nouveau lycée de Xavier Darcos
Il y a une semaine, Xavier Darcos a présenté les grandes lignes de sa réforme du lycée, qui commencera par une nouvelle seconde pour la rentrée 2009. Elle contient de nombreux éléments intéressants, inspirés par l’expérience des pays scandinaves.
Même si certains syndicats enseignants dénoncent le manque d’ambition de cette réforme, elle apportera des changements importants qui visent à permettre une meilleure transition vers les études supérieures. Le nouveau lycée abandonnera le rythme trimestriel pour être divisé en deux semestres. Les 28 à 35 heures de cours seront désormais scindées en trois groupes : 21 heures d’enseignement de base, 6 heures de modules optionnels, qui seront choisis au semestre et 3 heures d’accompagnement personnalisé. Ainsi, un élève pourra changer d’options en cours d’année scolaire et il disposera d’heures de soutien personnalisées, que ce soit pour son orientation ou de l’aide dans des matières où il est en difficulté. En outre, une semaine de « bilan et d’orientation » aura lieu entre les deux semestres, pour travailler l’expression orale.
Les lignes directrices de cette réforme sont très positives. Tout d’abord, en intégrant de la souplesse et une personnalisation décidée par l’élève, elle le responsabilise et le prépare au mode de fonctionnement des études supérieures, de manière à assurer une meilleure transition avec l’université. En outre, cette réforme introduit un soutien personnalisé aux élèves, élément critique de la réussite du modèle éducatif scandinave ou de Singapour. Les études internationales montrent en effet que le soutien individuel est un critère clé de succès des meilleurs systèmes éducatifs car il permet aux élèves en difficulté de rattraper leur retard. L’introduction de ces trois heures de soutien est donc une réforme extrêmement positive.
Plus grande souplesse et personnalisation qui va responsabiliser les élèves, soutien très républicain aux élèves en difficulté, temps dédié à l’orientation : les mesures annoncées par le ministre de l’éducation nationale vont vraiment dans le bon sens. La réforme des classes de première et de terminale sera annoncée plus tard, mais le gouvernement a déjà annoncé qu’il conserverait le baccalauréat et ne le remplacera pas par un contrôle continu qui aurait brisé l’unité républicaine d’un examen national. Il semble en revanche que le ministre pourrait en profiter pour remettre en cause la suprématie parfois absurde de la filière S qui peut pousser les meilleurs étudiants littéraires à choisir une voie scientifique pour obtenir des places dans les meilleurs classes préparatoires littéraires.
On retient souvent de la politique de l’éducation les suppressions de poste inédites, mais il ne faudrait pas oublier que la plus grande réforme du lycée entreprise depuis longtemps démontre une capacité à changer les choses dans la bonne direction en s’inspirant des bonnes pratiques des autres pays.
Source : http://www.liberation.fr/societe/0101163775-la-nouv...
10:55 Publié dans Actualités, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : education, xavier darcos, réforme du lycée




Commentaires
Peut-être bien que tout cela est un progrès.
Mais Maaam Ozenfant qui est une (très bonne) enseignante me dit que ces réformes de structures ne touchent pas au fond du problème de l'enseignement français qui est sa méthode infiniment trop passive.
Elle rejoint en cela le général De Gaulle qui disait que les plus nobles principes du monde ne valent que par l'action et se gaussait du CNRS oh combien peu productif, par sa phrase célèbre "Des chercheurs qui cherchent… on en trouve, des chercheurs qui trouvent... on en cherche !"
Ayant eu une longue discussion sur le sujet avec le vice-recteur de l’école supérieure de mécanique de Nantes, je pourrais développer le sujet, mais je garde cela pour répondre à Flamant Rose qui va pondre un texte sur l’enseignement dans le blog de l'électron libre d’ici deux jours.
A +
Écrit par : ozenfant | 28.10.2008
C'est bien de s'intéresser aux élèves en difficultés pour faire du soutien, mais j'espère qu'on n'oubliera pas de s'intéresser aussi à ceux qui ont des facilités pour leur donner des séances de coups de pieds au cul ! C'est incroyable comme ça rend fénéant d'avoir une bonne mémoire et de piger vite. Si je prends l'exemple de ma fille (qui est en 3ème) elle n'a pas besoin de soutien, mais qu'on la pousse jusqu'à ses limites. Il n'y a que comme ça qu'on progresse.
Sur les filières, je n'ai pas bien compris si cette organisation en tronc commune + modules les condamnaient ou non ... mais je ne me suis pas encore renseigné.
Écrit par : Malakine | 29.10.2008
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