05.11.2008

Barack Obama, le nouvel espoir

Les sondages avaient donc raison. Nous n’avons pas eu de mauvaise surprise de dernière minute comme en 2000. Barack Obama sera donc le 44ème Président des Etats-Unis. Qui plus  est, il pourra compter sur une Chambre des Députés et un Sénat désormais à large majorité démocrate.

Et à dire vrai, cette conclusion est sans doute la meilleure pour cette campagne. S’il n’a pas fortement marqué les esprits au Sénat, Barack Obama a démontré de très grandes qualités dans cette dure campagne où il a réussi à défaire les deux plus formidables machines électorales du pays : les Clinton lors des primaires et les Républicains, qui avaient démontré leur force en 2000 et 2004. Outre ses dons d’orateur et son charisme, remarqués lors de la convention démocrate il y a quatre ans, le sénateur de l’Illinois a démontré des qualités de grand leader, à la fois ferme et calme, capable de débattre contre de rudes adversaires. Sa campagne a été la plus professionnelle, la mieux organisée, ne cédant jamais à la panique, même dans les moments les plus difficiles. Il a également su s’entourer, qualité essentielle pour un chef d’Etat. En un an et demi, cette campagne a démontré ses grandes capacités de chef.

Mais outre cette capacité à diriger, c’est aussi le programme du candidat démocrate qui correspondait le mieux aux questions que se posent les Etats-Unis aujourd’hui. Par son opposition à la guerre en Irak et une volonté affichée de renouer le dialogue avec le reste du monde, Barack Obama pourrait radicalement changer la perception des Etats-Unis et contribuer à un apaisement bienvenu des relations internationales, même s’il ne faut pas s’attendre à ce qu’il oublie les intérêts Américains… Et c’est surtout sur le plan intérieur qu’il devrait faire la différence, en revenant sur les baisses d’impôt de Georges Bush et en permettant à la majorité des 47 millions d’Américains sans couverture maladie d’être enfin couverts. On peut également s’attendre à un activisme plus important dans la lutte contre la crise et un encadrement plus fort des mécanismes du marché.

Malgré tout, cette élection a également été l’occasion de constater les disfonctionnements de la démocratie Américaine. Cette élection a coûté la bagatelle de 1,5 milliards de dollars. En octobre, Barack Obama a davantage dépensé en publicité que Mac Donald’s ou General Motors ! Pire, la majorité de ces dépenses ont été faites sur des publicités négatives souvent très abusives, notamment de la part des républicains. Les images d’hier ont également montré la complexité du système électoral Américain (bulletins, temps d’attente…). Il n’est pas sûr non plus que la personnalisation à outrance soit un élément positif. Enfin, on peut se poser des questions sur le rapport compliqué des Américains à la question raciale. Si l’élection d’un métis représente un immense espoir pour la majorité, comment ne pas souligner que l’électorat noir a voté avec un biais racial beaucoup plus important que l’électorat blanc ? Et comment ne pas se demander si sans cette couleur de peau, le même candidat aurait pu aller aussi loin ?

Cependant, le moins que l’on puisse dire est que cette élection a déclenché un enthousiasme inédit. En cela elle est porteuse d’un immense espoir mais potentiellement de déceptions aussi importantes. Heureusement, dans le contexte actuel de crise économique, l’élection de Barack Obama peut contribuer à rétablir une plus grande confiance, élément essentiel pour, si ce n’est sortir de la crise, au moins la traverser de manière moins douloureuse. Cette élection projette également une image très positive des Etats-Unis, et renouvelle le « rêve Américain » en profondeur, à un moment où ses ressorts en sont pourtant en partie bloqués. Mais le dernier atout de la nouvelle administration sera également de passer après une équipe Bush complètement discréditée, tant sur les questions internationales qu’intérieur.

L’élection de Barack Obama marque un tournant radical pour les Etats-Unis et le monde. Par son charisme et son professionnalisme, il a soulevé un immense espoir qui pourra contribuer à résoudre les problèmes du monde. Espérons qu’il soit à la hauteur de la tâche et de ces immenses espérances. 

Source : http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/...

Commentaires

Les U.S.A. nous donnent une bonne leçon de démocratie et le parti Démocrate américain fait honte à un P.S. français qui n’a plus de socialiste que le nom.
Ceci dit, il serait naïf de penser que le talent d’Obama et la vague de sympathie que son élection déclanche dans le monde sera suffisant à stopper la décadence de l’occident. Décadence due à l’inévitable pourrissement de toute institution. Pourrissement trop lent pour être détectable par les aveugles qui nous régentent.
La Russie nationaliste et racistissîme de Poutine; la Chine nationalo-communiste et racistissîme de Jiabao, seraient beaucoup mieux armées pour effectuer des réformes de structures que les vieilles démocraties. La France, singulièrement, ne sait plus qu’empiler des réformettes contredisant d’autres réformettes ou empiler des lois contredisant d’autres lois (qui n’avaient d’ailleurs jamais eu le temps, d’être elle mêmes, misent en œuvre). Cruel dilemmes : des pans entiers de l’administration devraient être supprimés pour une restructuration-simplification globale… à un moment où le chômage va connaître une embellie conjoncturelle. Mais ceci est une autre histoire. Bonne chance Barak !

Ecrit par : ozenfant | 05.11.2008

Votre retournement de veste pour Obama est tout simplement saisissant !

Il suffit de lire vos notes il y a quelques semaines qui vantaient Mc Cain et Palin en termes dythirambiques.

Si vous faites preuve de la même agilité pour retourner votre veste dans votre carrière politique en France, c'est sûr vous irez loin.

Ecrit par : Barack | 07.11.2008

@ Barack

C'est un peu facile de traîner sur les blogs et d'y écrire des jugements aussi lapidaires et FAUX sans la moindre citation de ce que j'ai écrit. Je me suis soumis à l'exercice de relire toutes mes notes publiées depuis janvier sur le sujet pour répondre : votre commentaire est RIDICULE.

Vous faites deux erreurs majeures :
1- mes papiers n'expriment pas toujours mon opinion mais peuvent simplement être des commentaires sur la direction que prend la campagne, sans jugement de valeur. Alors, certes, j'ai fait deux papiers sur le pari de John McCain en septembre. Mais il faut noter que c'est le seul moment où il passe devant Obama dans les sondages, donc il n'est pas illégitime de constater que le pari (de nommer Palin) ne semblait pas à ce moment une mauvaise idée. Je tiens à souligner que dans la conclusion du papier du 10 septembre, je souligne qu'Obama pourra jouer sur l'économie pour relancer sa campagne.
2- j'ai toujours bien aimé John McCain, je ne l'ai jamais caché : je l'ai dit au début de la campagne, je l'ai dit hier. Par-delà des différences d'opinion, j'admire son parcours (à part la campagne de cette année). Et si j'avais pu voter aux Etats-Unis, je crois que mon vote serait resté incertain jusqu'en septembre : on a quand même le droit d'hésiter !

Petit rappel sur mon prétendu retournement de veste :
- note du 4 janvier : j'évoque une victoire possible d'Obama
- note du 15 juin : dans un papier positif pour Obama comme McCain, je parle des "grandes qualités d'Obama" et je conclus en disant que quelque soit le vainqueur, ce sera "un homme qui fera honneur à la politique dans ce qu'elle a de plus noble"
- note du 14 juillet "Obama en route pour la Maison Blanche", je dénonce la droitisation de la campagne de McCain
- note du 12 août : "Obama à la recherche d'un second souffle" : je dis que ce n'est pas grave et qu'il garde de grandes chances de devenir président
- note du 17 septembre "clairs obscurs de la campagne Américaine", devant les procédés de la campagne républicaine et le détail des programmes, j'exprime pour la première fois une préférence en concluant "Heureusement, le contexte économique devrait favoriser Obama"

J'assume parfaitement les commentaires positifs que j'ai fait sur John McCain (d'où ma note d'hier). En revanche, je n'ai jamais exprimé de jugement de valeurs positifs sur Palin. J'ai seulement dit que sa nomination a semblé une bonne idée à un moment et que son discours à la convention républicaine était bon (mais on peut dire cela d'un adversaire). Je n'ai jamais exprimé mon SOUHAIT que les républicains gagnent, même si j'ai évoqué la possibilité qu'ils gagnent, du fait de leur habileté et des divisions des démocrates.

La prochaine fois que vous attaquez l'auteur d'un blog, essayez de ne pas vous contenter d'une lecture superficielle des notes publiées et d'étayer vos jugements de valeur par des arguments.

Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 07.11.2008

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