06.11.2008

Au revoir, John McCain

Après une campagne médiocre, John McCain a logiquement perdu les élections présidentielles Américaines au profit de Barack Obama. Mais son discours de défaite, sans doute le meilleur de sa campagne, montre qu’il valait beaucoup mieux que l’image qu’en ont donné la majorité des médias.

Il suffit de penser aux discours de défaite de Ségolène Royal ou de Lionel Jospin pour voir la différence de nature de John McCain. Le candidat républicain a publiquement reconnu sa défaite et en a pris toute la responsabilité, exonérant totalement son entourage et ses soutiens et reconnaissant avoir fait des erreurs, avec une modestie rare dans la classe politique. Il a demandé à ses soutiens de collaborer avec Barack Obama pour le bien du pays. Cet appel à la collaboration a pris par surprise certains républicains. John McCain n’a pas hésité à féliciter son adversaire et surtout à reconnaître ses qualités. Bref, nous avons retrouvé le meilleur de John McCain, un homme dont le destin personnel s’efface devant l’intérêt de la nation, un homme capable de travailler avec ses adversaires, un homme qui refuse l’extrémisme et les excès partisans d’une frange importante de son parti. Un discours d’une élégance rare.

Et cela fait du bien après une campagne où le candidat républicain semble avoir trop cédé à une équipe composée en partie non négligeable d’anciens de l’équipe Bush. C’est ainsi qu’il a mené une campagne négative très agressive à l’égard de son adversaire démocrate, multipliant les publicités et les déclarations extrêmement abusives (qualification du programme d’Obama de socialiste, présentation des hausses d’impôt…). Pour conquérir l’aile religieuse du parti républicain, John McCain est revenu sur certaines de ses positions (critique des baisses d’impôt de Georges Bush…) et a choisi Sarah Palin comme colistière. Bref, John McCain a fait trop de concessions pour représenter un parti républicain où il a toujours été perçu comme un original, mal accepté par l’aile droite. C’est sans doute ce qui l’a perdu, avec le bilan de Bush et la crise économique, qui décrédibilisait les idées républicaines.

En cela, son score dans un contexte si peu favorable aux républicains et avec une campagne médiocre montre que le bonhomme vaut plus que son parti. En 2000, Georges Bush n’a pu le battre qu’en s’appuyant sur l’aile religieuse, que John McCain avait qualifié « d’agents de l’intolérance ». Et il n’a jamais manqué d’exprimer sa différence avec le président sortant en critiquant les baisses d’impôt, la conduite de la guerre en Irak (demandant plus de moyens dès 2003), la non signature des accords de Kyoto. Il a fait voter une loi pour fermer Guantanamo Bay. Et John McCain a toujours été quelqu’un qui a fait passer ses idées avant son intérêt propre, n’hésitant pas à demander plus de moyens pour l’Irak à un moment où cela était extrêmement impopulaire et où cela pouvait détruire sa campagne. C’est aussi quelqu’un qui a été très actif au Sénat, faisant voter de nombreuses lois, souvent avec les démocrates, que ce soit sur l’immigration ou la réforme du système de financement de la politique.

Si sa défaite est logique à l’issue de la campagne, John McCain a honoré son pays et l’idée même de la politique à travers son comportement exemplaire depuis des décennies (à l’exception de cette campagne). Dommage que les Etats-Unis soient passés à côté de lui en 2000 et merci.

Source : http://elections.nytimes.com/2008/results/president/speec...

Commentaires

Je n'ai pas été étonné par le beau discours de McCain, je n'aurais pas voté pour lui, surtout à cause de son âge qui aurait riqué de laisser les USA aux mains de la séduisante (et primitive) Sarah.

Ecrit par : ozenfant | 06.11.2008

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