07.11.2008

Le Parti Socialiste en route vers l’autodestruction ?

Hier, les militants du PS se sont exprimés. Ils ont mis la motion de Ségolène Royal en tête avec 29% des voix. Les motions de Bertrand Delanoë et Martine Aubry suivent dans un ordre incertain autour de 25% alors que la motion de Benoît Hamon fait 19%. Rien n’est et sera sans doute réglé.

Le premier problème du Parti Socialiste est un manque de leadership. Alors que l’UMP est rassemblée autour de Nicolas Sarkozy, le principal parti d’opposition se cherche un chef. En Ségolène Royal, il avait trouvé une candidate très populaire qui avait réuni 60% des voix aux primaires pour les présidentielles. Malgré tout, elle n’a jamais réussi à s’imposer et son score d’hier montre  un affaiblissement de sa position qui ne lui permet pas de prendre le contrôle du parti, même si elle est arrivée en tête, d’autant plus que le rejet qu’elle suscite complique les alliances pour elle. Bertrand Delanoë et Martine Aubry n’ont pas réussi à arriver en tête, ce qui aurait pu leur donner une légitimité. Enfin, Benoît Hamon n’a pas réussi à surfer sur la crise économique pour faire mieux que 4ème. Résultat, le terrain semble d’autant plus ouvert que Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius ou François Hollande sont en embuscade.

Le second problème du Parti Socialiste est son positionnement idéologique. Et là aussi, rien ne semble réglé. Un succès de la liste Hamon qui lui aurait permis de s’allier avec la motion Royal ou Aubry lui aurait permis de peser sur la ligne du parti, qui aurait pu prendre un virage à gauche en réaction à la crise. Mais cette clarification n’aura pas lieu. La motion Hamon ne pèse pas suffisamment pour pouvoir former une majorité avec une autre motion et elle est affaiblie par le départ de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez du parti. En outre, le Parti Socialiste est profondément divisé sur la stratégie électorale entre partisans et opposants de l’alliance avec le Modem (dont certains, comme Martine Aubry, ont pris l’opposé de leur position lors des élections municipales). Bref, le Parti Socialiste n’a pas de chef, ni de direction.

Et c’est bien ce que risque d’entériner le Congrès de Reims. Dans un prolongement des pratiques du futur ancien premier secrétaire François Hollande, c’est bien l’option d’une large motion de compromis qui va sans doute l’emporter, sans rien régler. Le parti est trop divisé pour se permettre une nouvelle bagarre pour la place de premier secrétaire. En effet, une alliance Delanoë / Aubry ne serait pas sûre d’obtenir la majorité et qui y mettre à sa tête ? Et on voit mal une de ces deux listes s’allier à Ségolène Royal pour former une majorité un peu plus solide. La solution probable est donc un grand compromis impliquant la plupart des motions et aboutissant à l’élection d’un premier secrétaire non présidentiable, sans doute Vincent Peillon ou François Rebsamen puisque Ségolène Royal est arrivée en tête.

Le vote des militants n’a rien tranché. Le PS se déchirera sans doute à nouveau pour élire son candidat dans deux ans, dans un combat qui sera potentiellement encore plus sanglant qu’en 2006 vu le nombre de prétendants. François Bayrou peut être satisfait.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/11/07/ps-seg...

Commentaires

Pas d'accord, ce qui est très net, c'est la disparition voulue des éléphants.
Delanoë, soutenu par des maires de grandes villes, par Jospin et Hollande est rejeté.
Une fois de plus le TSS a motivé certains socialistes (dont je ne suis pas) mais l'avenir doit voir Valls et Peillon jouer un rôle important.

Ecrit par : Marco | 07.11.2008

Comme Marco, ce qui est net et clair c'est que les vieux de la vieille ont vécu. Mais je n'aime ni Valls ni Peillon !
Royal a fait des progrès stupéfiants et son courage est réel. Bayrou doit la regretter. Et entre Sarnez et elle, il a véritablement manqué de flair. Que fera Villepin ?
Chez les Gaullistes, ce qui manque ce sont des femmes: des hommes intelligents... mais quel manque de proximité ! Quel ronron dans le discours ! Je lisais les commentaires de votre ami Villèle et son narcissisme à quelque chose de "dégueulasse" par les temps qui courrent.
Enfin, notre Sakosy local et toute son équipe, semble un furieux "has been" ! Ça fait tache de se montrer avec lui !

Ecrit par : Modestine | 07.11.2008

@ Modestine

Je passerai sur votre (virulente) attaque personnelle, - que vous n'avez pas voulu, et je le regrette, accompagner d'arguments ou de points précis à relever (je reste d'ailleurs ouvert à toute critique un tant soit peu étayée), - pour vous demander en quoi Ségolène Royal a-t-elle bien pu faire des "progrès stupéfiants" ? et quel courage ?

A-t-elle adressé récemment des critiques pertinentes à l'exécutif et qui aient eu quelque écho ? Au reste, depuis sa soirée au Zénith, on peut considérer que la France devrait éviter à tout prix cette manière-là de concevoir l'engagement politique, faite de shows et de débordements émotionnels. Laurent avait d'ailleurs, en ce lieu, très bien pointé du doigt les faiblesses d'une telle démarche, et ce qu'elle a d'inquiétant pour notre avenir politique.

Ce qu'il manque à la gauche ce sont des leaders, et si maintenant l'espoir c'est Ségolène Royal je me demande vraiment dans quel état doit être le PS...

Ecrit par : Villèle | 07.11.2008

@Villele,

Quel est le président de région qui a créé 6000 emplois tremplins, construit un lycée HQE, réservé 10°/° du budget des lycées aux lycéens qui débattent de ce qui est nécessaire pour eux, permis à des jeunes de passer leur permis??

NS ne connaît que Neuilly; quand il se déplace, il lit ses discours très loin des citoyens parqués par plusieurs rangs de CRS.

De plus, malgré la crise, le Palais, Matignon, les ministères augmentent leur budget de façon éhontée!

Les hommes politiques de droite se foutent de nous: seul compte pour eux la volonté de rester au pouvoir, de 30 à plus de 70 ans, voire 80 pour certains.
On devrait interdire plus de trois mandats, on aurait du sang neuf!

Ecrit par : Marco | 07.11.2008

@ Modestine,

Le "dégueulasse" est vraiment de trop ! OK pour le débat, même viril, mais les attaques personnelles n'ont pas lieu d'être sur un blog.

@ Marco & Modestine

La défaite des éléphants est relative puisque les listes d'éléphants (Delanoë-Hollande et Aubry-Fabius) ont tout de même raflé 50% des suffrages. Par rapport à la primaire, on pourrait même soutenir qu'ils ont gagné 10%... Certes, Royal arrive devant, mais son score est divisé par deux ! Et la rénovation intéressante de Benoît Hamon ne finit qu'en 4ème position.

@ Marco

Pour moi, UMP et PS sont à égalité : Mitterrand est resté président jusqu'à 78 ans et Michel Rocard continue à bouger. Le renouvellement me semble presque plus fort à droite qu'à gauche au final.

Si je me considère comme un opposant à l'équipe au pouvoir, je n'ai strictement aucune sympathie vis-à-vis d'un pouvoir socialiste qui a permis la dérive ultra-libérale qui a mené à la crise actuelle (indépendance des banques centrales, dérégulation de la finance, les exonérations pour les stock options, privatisation des services publics). Pour moi, c'est zéro partout. Le PS n'est pas moins responsable que l'UMP.

Seuls JP Chevènement, P.Séguin et N. Dupont-Aignan ont tenu un discours économique réellement alternatif et responsable depuis 15 ans.

Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 07.11.2008

Au PS nous avons quelques cervelles, pourquoi toujours miser sur les moins dotés ?
Nous avons :
Védrine, Richard (deux "hommes d'état").
Hamon, Valls, Peillon, Boutih (quatre "cerveaux" qu'on les aiment où non).
Je remet sur le métier l'éternelle évidence apparemment invisible aux yeux des militants aveugles (pléonasme), qui fait que nous devons en venir aux "primaires":

Un PS de gauche perd sa droite et un PS soc/dem perd sa gauche.
C’est n’est donc pas entre la gauche ou la droite que doit choisir le PS, mais entre des choix politiques cohérents ou incohérents.
Depuis 1981, au PS, nous sommes tragiquement incohérents : associant le social le plus élitiste d’Europe avec l’économie la plus castratrice au monde. Pour préciser les choses, les PS combine une politique économique de gauche avec une politique sociale à petits planchers et hauts plafonds.
Les pays les plus riches d’Europe (qu’ils soient gouvernés à droite ou à gauche) font l’inverse:
Ils combinent une politique économique favorable à l’embauche et à l’entreprise et une politique sociale beaucoup moins élitiste.

Ecrit par : ozenfant | 07.11.2008

@Laurent,

je crois que les primaires pour l'élection et le vote des motions ne sont pas comparables.

Comment peut-on éprouver de la sympathie pour le pouvoir actuel qui fait croître les inégalités mais n'a aucun scrupule à multiplier et à augmenter les conseillers de tous les ministres, de l'Elysée, à accepter que le Sénat crée de nouvelles vice-présidences...
Sans parler de l'avion de luxe que le petit homme a commandé pour ses déplacements!

Ecrit par : Marco | 07.11.2008

Je vous présente toutes mes excuses M. Villèle et M. Laurent: je ne savais pas que j'avais à faire à des chochotes. Vous voyez la malveillance partout ! Quelle pusillanimité ! J'aurais pensé être félicitée pour les avoir lus. L'adjectif "dégueulasse" ne s'appliquait nullement à la personne que je ne connais pas, mais à ce narcissisme, à cette nostalgie, à cette convention émotionnelle déplaisante que je ne tiens pas à argumenter: je déteste la redondance et les portes ouvertes qu'on me demande de défoncer. Mais je ne suis pas si mécontente, vous êtes sortis de votre lit !

Cependant, il y a les ouvriers de chez Renault, de la Redoute, de DMC, d'Arcelor-Mittal, de Molex... ou la plititique favorable à la débauche !

Enfin, Royal a tout faux pour vous: vous avez besoin d'une psychanalise. Sarkosy et ses shows, Dati, Borloo, Lagarde, Lefèvre...vous font moins peur ?

J'aime bien Dupont-Aignan, mais il est ouvertement ostracisé et les membres de son parti semblent marcher sur des œufs...

Ecrit par : Modestine | 08.11.2008

@ Modestine

Pour moi, Royal-Sarkozy, c'est zéro partout et la France qui perd. Aucun des deux ne me semblent à la hauteur. Je ne vais pas développer sur le président : vous pouvez regarder sur la rubrique Sarkozy pour voir que je n'épargne pas.

Mais Ségolène Royal n'est pas vraiment mieux. Elle aussi est dans une aventure personnelle. Elle aussi en fait trois tonnes sur la victimisation. Et puis, les socialistes sont aussi responsables que la droite des dérives de la dérégulation. En outre, elle a un vrai problème de crédibilité : j'ai beau avoir voté pour elle en 2007 au second tour, c'était pour moi le choix entre la peste et le choléra. Et le débat d'entre deux tours a bien failli me faire changer d'avis tant je l'avais trouvée mauvaise... C'est bien d'être combatif, mais on peut l'être de manière plus sérieuse. Je n'ai pas l'impression qu'elle ait avancé sur le sérieux depuis 18 mois.

Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 08.11.2008

Les batailles entre modernistes et archaïques, entre gouvernants et utopistes, atlantistes pro européens et jacobins notoires émaillent l’histoire du PS. Ici nous avons un Nouvelle secousse... 3 sur l’échelle de Richter... elle est beaucoup moins grave que les trahisons de 2007 et que le constant travail de sape Sarkosien...
S’il était honnête, Monsieur Mélanchon rendrait son mandat de sénateur, obtenu grâce à la structure, l’organisation et la profonde implantation du PS... On sait ce que fait à la gauche en général la constitution d’un petit parti à la Chevénement

Ecrit par : hugues vessemont | 09.11.2008

Oui, Melenchon devrait démissionner.

On peut regretter que Chevènement soit devenu sénateur grâce ao PS alors qu'il est responsable de la défaite de Jospin en 2002.

Ecrit par : Marco | 09.11.2008

@ Marco

En même temps, c'est Jospin qui a poussé Chevènement à la rupture sur la question corse...

Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 09.11.2008

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