22.11.2008
Tragi-comédie socialiste
Décidemment, il est difficile de prévoir ce qui va se passer au Parti Socialiste. Alors qu’elle avait eu du mal à attirer les voix qui s’étaient portées sur Bertrand Delanoë, Martine Aubry a réussi à séduire 70% des partisans de Benoît Hamon pour l’emporter.
Mais, comme le souligne le Monde, « le PS ne pouvait imaginer un final plus exécrable » tant l’écart de 42 voix seulement (0,04%) qui sépare la maire de Lille de Ségolène Royal consacre la fracture du parti. En outre, cela provoque des contestations et des accusations de fraude qui ne vont pas améliorer l’image d’un parti qui semble plus que jamais décidé à s’autodétruire quand on entend ce que les uns disent sur les autres. Les partisans de la candidate de 2007 accusent ceux de Martine Aubry de fraude dans les fédérations du Nord et de Seine-Maritime. À l’inverse, le camp vainqueur réplique en pointant les résultats de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône. Le Monde se permet même d’évoquer des pratiques de république bananière « fausses cartes de membres, électeurs fantômes, personnel municipal artificiellement encarté ». Le Parti Socialiste tombe finalement encore plus bas que ce que l’on pouvait imaginer.
En plus, la victoire étriquée de Martine Aubry est sans doute le pire scénario qui pouvait arriver. Une victoire de Ségolène Royal contre tous aurait donné à la candidate de 2007 de l’autorité pour diriger le vieux parti jusqu’en 2012 et pousser les éléphants vers le cimetière avec la bénédiction des éléphanteaux. Une victoire nette de la maire de Lille l’aurait mise en position de se présenter en 2012 et aurait calmer les ardeurs de sa rivale, même si on ne pouvait exclure que son alliance hétéroclite n’explose. Mais là, même si Martine Aubry devient première secrétaire, rien n’est réglé. Ségolène Royal pourra toujours caresser l’ambition d’être à nouveau candidate en 2012. Et le camp du « Tout Sauf Ségolène » va se demander s’il a choisi le bon cheval pour battre la présidente de la région Poitou-Charentes, ce qui pourrait aiguiser des ambitions qui n’ont pas besoin de l’être…
Décidemment, le Parti Socialiste semble vouloir donner la pire image de lui-même. La victoire étriquée du TSS et des éléphants sera désespérante pour ceux qui souhaitaient que le Parti Socialiste se rénove. C’est la victoire du statut quo jospiniste, mais une victoire tellement petite qu’elle ne règle rien. Nicolas Sarkozy et François Bayrou doivent bien rire devant l’état de décomposition avancée du parti qui est encore le premier parti d’opposition. Le Parti Socialiste ressemble à un Titanic suicidaire qui se jette sur les icebergs pour tester la solidité de sa coque, l’adhésion des Français. Le Monde propose sans doute une solution qui permettrait de sortir par le haut : une association en bonne et due forme de Ségolène Royal à la future direction. Cela permettrait de sortir de cette crise la tête haute, même s’il faut reconnaître que rien ne serait réglé sur le fond tant la marmite socialiste est amenée à bouillir d’ici 2011.
Il ne doit pas être facile d’être militant socialiste aujourd’hui. Entre des leaders essentiellement préoccupés par leur ambition et l’absence totale de retenue dont ils font preuve pour se critiquer en public, il ne serait pas étonnant que leur nombre suive la chute du parti.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/11/22/...
11:12 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, martine aubry, ségolène royal




Commentaires
Bon, ça y est, je rend ma carte PS et m'enrôle chez NDA.
Écrit par : ozenfant | 22.11.2008
@ Ozenfant
Welcome ! Le congrès était très réussi.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 23.11.2008
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