01.12.2008
Ce que la crise financière dit sur les retraites
À défaut d’avoir provoqué une nécessaire refonte du capitalisme, la crise que nous traversons devrait nous permettre d’éviter un certain nombre de mauvaises réformes, au premier rang desquelles le passage aux retraites par capitalisation.
En effet, même si on parle assez peu en France, les conséquences de la chute des marchés sont catastrophiques pour les retraités ou futurs retraités dans les pays qui accordent une part importante aux systèmes de retraite par capitalisation. Aux Etats-Unis, des millions d’Américains vont devoir prolonger leur activité pendant de nombreuses années pour pouvoir avoir une retraite décente. Le Monde rapporte dans cet article le cas de la Grande-Bretagne où la montée en puissance des retraites par capitalisation ne laisse subsister qu’une maigre pension par répartition. Plus de 60% des actifs ne pourront pas compter sur plus de 560 livres par mois selon le quotidien du soir. Et l’effondrement des marchés provoque une baisse importante des retraites.
Le quotidien prend l’exemple d’un salarié (aisé) aux revenus de 35 000 livres par an. Son pécule a diminué d’un tiers, passant de plus de 300 à 200 mille livres depuis le mois d’août. Résultat, il ne peut plus compter que sur 10 000 livres annuelles au lieu de 15 000, une ponction d’un tiers de son pouvoir d’achat en à peine quelques mois. Les soubresauts toujours plus extrêmes du marché se retrouvent directement dans le niveau des retraites, ce qui est tout de même assez inquiétant quand on constate les mouvements des marchés depuis une douzaine d’années.
En fait, la crise montre sans doute que le système de retraite par capitalisation n’est pas pas une solution car une succession de mauvaises années pourraient laisser une partie importante des retraités avec des pensions ridicules. On ne peut pas confier au marché le soin d’assurer un niveau de retraite suffisant pour les personnes qui quittent le marché du travail. Le système de répartition, malgré toutes ses limites, démontre qu’il est un système plus sûr pour assurer un niveau de pension décent pour nos retraités. Néanmoins, il est évident qu’avec l’augmentation de la durée de la vie, il est nécessaire d’allonger la durée de cotisation pour assurer des pensions décentes.
Il y a quelque temps, les défenseurs de la déréglementation espéraient convertir la France aux retraites par capitalisation. Mais la crise actuelle expose les limites de ce système et plaide pour un système par répartition. Cela ne l’exonérera pas d’une réforme pour assurer des pensions suffisantes pour autant.
Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11...10:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, retraites, bourse




Commentaires
Oui, Je viens de recheter ma retraite par capitalisation qui venait à échéance le 1er janvier 2009.
Je ne suis en effet pas du tout sûr que la compagnie de retraite concernée, ne fasse pas faillite un de ces jours !
Je préfère donc toucher un loyer, même si le rendement est très moyen.
Tiens, j'ai encore vu un économiste largué (de plus) à la télé, en la personne de Fitoussi !
Ecrit par : ozenfant | 01.12.2008
Retraite à 70 ans?
Pourquoi vire-t-on les seniors à 55?
Ecrit par : Marco | 02.12.2008
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