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02.12.2008

Ce que la réaction à la crise de la Commission dit de l’Europe d’aujourd’hui

Dimanche, José Manuel Barroso a exprimé des critiques sur le plan Français de sauvetage des banques. Il a également appelé les gouvernements européens à ne pas complètement oublier le pacte de stabilité. Une intervention qui révèle les deux problèmes majeurs de l’Europe d’aujourd’hui.

Le premier problème est un dogmatisme ultralibéral proprement sidérant. La crise que nous traversons est pourtant la conséquence d’une déréglementation excessive, qui a permis aux institutions financières de prêter n’importe comment, puis de découper et revendre le risque en créant un système tellement opaque que le risque était à la fois nulle part et partout. Alors que les carences du marché ont été exposées de la manière la plus claire depuis près de 80 ans, la Commission Européenne se soucie encore de son bon fonctionnement. Cette intervention est d’autant plus incroyable qu’il est tout de même normal que l’Etat mette des conditions à l’injection d’argent dans les banques. Dans ce cas présent, on peut même soutenir que l’Etat n’a pas mis suffisamment de conditions, puisque la France n’est pas rentrée dans le capital des banques en question et demande seulement une augmentation des prêts.

Outre un dogmatisme ultralibéral à l’opposé du pragmatisme anglo-saxon, le deuxième problème que pose cette intervention est un problème institutionnel. En effet, cette attaque contre le plan Français et les dépenses des gouvernements révèle toute l’ambiguïté d’une construction européenne complètement bancale. Pourquoi un fonctionnaire nommé par les chefs d’Etat pourrait critiquer leurs décisions ? Dans un monde normal, tout haut fonctionnaire est soumis à un droit de réserve sur la politique suivie par ceux qui l’ont nommé. En effet, si les gouvernements disposent de la légitimité du suffrage universel, José Manuel Barroso ne représente rien ni personne. Nous continuons à fonctionner dans un système hybride où la Commission Européenne persiste à se comporter comme un gouvernement fédéral, en assistant par exemple aux grandes réunions internationales alors qu’elle n’est pas une institution démocratique.

Cette intervention montre bien ce qu’il faut corriger au niveau européen. Comme dans une démocratie, il doit revenir aux hommes politiques et aux gouvernements européens d’assumer la responsabilité politique du pouvoir qui est partagé à l’échelle européenne, et pas des fonctionnaires. Il y a une véritable perversion de la démocratie de voir le pouvoir transféré à des institutions irresponsables comme la Commission Européenne ou la BCE. Qui plus est, c’est bien cette déconnection démocratique qui permet à ces administrations de prêcher un ultralibéralisme dogmatique, complètement déconnecté de la réalité, comme le montre bien Joseph Stiglitz avec le cas du FMI. Parce qu’ils sont coupés de la réalité démocratique, ces experts peuvent poursuivre un agenda idéologique fort, sans que les peuples européens puissent donner le moindre avis, dans un système qui oublie la démocratie.

Heureusement, nous pourrons nous exprimer en juin 2009 sur la direction de la construction européenne. Face aux listes UMP, PS et Modem dont les représentants ont voté tous les traités proposés depuis 20 ans, les Français pourront voter pour un projet européen alternatif, sur l’économie comme les institutions.

Source : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/12...

http://www.lefigaro.fr/economie/2008/12/01/04001-20081201...

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