14.12.2008
Rama Yade, le bébé Sarkozy
Cette semaine, la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme a été le centre de deux polémiques : son refus de se présenter aux élections européennes et la déclaration de Bernard Kouchner sur son regret d’avoir demandé un tel secrétariat d’Etat. Deux épisodes assez significatifs de la présidence Sarkozy.
Depuis des mois, les médias affirmaient que Nicolas Sarkozy espérait faire de Rama Yade la tête de liste de l’UMP pour les élections européennes en Ile de France. Un duo avec Luc Ferry, ancien ministre de l’éduction nationale de Jean-Pierre Raffarin avait même été envisagé. La secrétaire d’Etat aux droits de l’homme n’a jamais fait mystère de son peu d’attrait pour les élections européennes, annonçant déjà qu’elle préférait viser un siège pour les élections régionales. Pourtant, il semble que le président n’ait jamais complètement renoncé à convaincre sa protégée. Le suspens a pris fin dimanche dernier quand elle a annoncé qu’elle n’était définitivement pas intéressée par les élections européennes.
Et cette semaine, le jour anniversaire de la déclaration des droits de l’homme, Bernard Kouchner a jugé bon de déclarer qu’il regrettait d’avoir demandé à avoir un secrétaire d’Etat aux droits de l’homme. Pour lui, les droits de l’homme ne seraient pas solubles dans un poste ministériel. S’il a naturellement affirmé que cela n’avait rien à voir avec la titulaire actuelle du poste, beaucoup en ont conclu le contraire, d’autant plus que cette déclaration a naturellement fait beaucoup d’ombre à l’intervention de sa secrétaire d’Etat en ce jour anniversaire. Bref, cette semaine n’a pas été des plus agréables pour Rama Yade, dont beaucoup de journalistes disent qu’elle a perdu l’occasion d’une promotion ministérielle.
En eux-mêmes, ces deux « incidents » n’ont pas beaucoup d’intérêt. Mais ils sont en revanche assez significatifs de l’avenir que nous dessine Nicolas Sarkozy. Ce dernier s’est construit de 2002 à 2007 dans l’insoumission à l’autorité du président de la République, qu’il n’a jamais manqué de contester. Dès lors, il ne faut pas vraiment être étonné que sa protégée trace sa voie sans l’écouter et n’hésite pas à l’ouvrir au mépris de la solidarité gouvernementale, dans une posture qui rappelle étrangement son mentor… Et elle prend d’autant plus de liberté qu’elle sait ce qu’elle représente et qu’elle est difficilement remplaçable du jour au lendemain, contrairement à la majorité de ses collègues.
Finalement, Rama Yade n’est que l’avant-garde d’une génération sarkozyste qui imite son chef, pour qui le collectif est accessoire et l’ambition personnelle l’essentiel. Jusqu’en 2012, cela devrait à peu près tenir, mais en cas de second mandat, alors la chienlit gouvernementale serait bien pire que de 2002 à 2007…
Source : http://www.marianne2.fr/Rama-Yade-dit-non-aux-europeennes...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, rama yade, bernard kouchner




Commentaires
Ce n’est pas sans rapport avec la question que tu te pose:
Les Lycéens Grecs on déjà réalisé que leur état ne leurs raconte que des "craques"? Ceux d'ici sont-ils entrain de s’apercevoir que tout ce que la bullocratie leur raconte est du vent ? Les Lycéens se sont-ils rendu compte que quand Sarkozy parle de supprimer les paradis fiscaux, il est aussi honnête que s’il disait : Demain, je supprime la corruption ?
Listes des 51 paradis fiscaux… et que lest resteront http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_du_GAFI_de_territoires_%C3%A0_faible_r%C3%A8glementation
Sont-ils assez conscients du jeu de dupes que joue la presse en faisant semblant de croire des promesses aussi intenables, des mensonges éhontés ?
Écrit par : Ozenfant | 14.12.2008
Écrire un commentaire