31.12.2008

Le président qui se croyait à Hollywood

Nicolas Sarkozy vient tout juste de terminer ses deuxième vœux présidentiels, près de 20 mois après son élection à la présidence. Lors de ce bilan au tiers de son mandat, il s’est voulu grave et s’est fait l’avocat de la réforme pour traverser la crise, dans la solidarité.

Une forme très travaillée

À dire vrai, l’introduction des vœux offrait déjà une première indication significative. Pour « moderniser » cette tradition présidentielle, l’équipe communication de l’Elysée a imaginé un beau plan séquence sur la Tour Eiffel très cinématographique. L’autre grand changement consistait à faire ses vœux debout au lieu de les faire assis. Bref, alors que l’on attend du président de la République des réponses de fond, il se concentre sur des détails de forme coûteux ou inutiles. Il a adopté un ton plus grave et calme que d’habitude, mais cela ne faisait pas toujours très naturel.

La réforme pour surmonter la crise

Nicolas Sarkozy s’est fait l’avocat de la réforme, qui doit permettre l’émergence « d’un monde nouveau ». Il a souligné que « la crise nous oblige à changer plus vite » et a égrené les nombreuses réformes qu’il compte entreprendre l’an prochain : administration territoriale, lycée, hôpitaux... Mais, conscient que les difficultés actuelles sont graves, il a commencé son intervention par une évocation assez longue de ceux qui souffrent et sont en difficulté et a appelé à la solidarité.

L’ego, toujours l’ego

Même si le ton était plus modeste, il n’a pas pu s’empêcher de se vendre en soulignant ses nombreuses réussites comme président de l’Europe (Union pour la Méditerranée, Géorgie, paquet énergie ou gestion de la crise) et a affirmé avoir évité l’immobilisme comme le chacun pour soi. Une présentation très flatteuse de la réalité… De même, il a affirmé avoir agi pour « moraliser le capitalisme des excès qui vous ont choqué à juste titre », alors que dans les faits, la réforme se limite au code de bonne conduite optionnel du Medef.

Bizarrement, en voyant Nicolas Sarkozy, c’est un peu Jacques Chirac qui transparaissait ce soir, ou plutôt un acteur qui cherchait à sonner comme le précédent président, mais dont la gravité et la compassion semblaient beaucoup trop jouées pour être réelles. Et il n’avait rien de nouveau à dire.

Commentaires

Non rien de nouveau et pire que ça, le discours sonnait creux. Il nous a parlé plusieurs fois d'un monde nouveau mais il a été incapable de définir la nature du changement ou de décrire ce nouveau monde : Plus dur, plus juste ? on sait pas ! Un monde nouveau "où il faudra travailler plus" a t-il dit. Ca fait des années qu'il dit nous sort cette rengaine. Ca n'a rien de neuf ...

Vraiment, les voeux ne sont pas un exercice qui lui convient.

Et au chapitre "forme", je l'ai trouvé très affuté. Je ne sais pas quel est son secret, s'il suit un régime draconien ou fait beaucoup de sport, mais il a l'air en super forme physique.

... mais bon pour que j'ai eu le temps de penser à ça, c'est vraiment que son discours m'ennuyait ! ^^

Écrit par : Malakine | 01.01.2009

Argument spécieux, celui du "rien de nouveau à dire". Avoir quelque chose de nouveau à dire, est-ce un point positif en soi?

S'il avait dit quelque chose de nouveau, vous pouvez jurer, la main sur le cœur, que vous n'auriez pas employé les mots "girouette", "opportuniste", "communicateur"...?

Écrit par : Francois | 03.01.2009

@ François

Merci. Je crois que vous avez parfaitement résumé la situation : N.Sarkozy n'a soit rien à dire, soit il se comporte comme une girouette, un opportuniste, un "communicateur", en bref pas comme un homme d'Etat digne de ce nom.

Écrit par : RST | 03.01.2009

@ François

Si au global je suis très critique à l'égard de Nicolas Sarkozy, je sais dire quand je suis d'accord avec certaines de ses orientations ou souligner les mesures qui vont dans le bon sens. Je l'ai fait sur la réforme du lycée, sur le plan de relance. Même si je peins un portrait volontiers gris foncé, il n'est pas uniformément noir.

Je trouve qu'il est paradoxal qu'un président qui annonce quelque chose de nouveau presque tous les jours interviennent solennellement à la télévision pour finalement ne rien dire de nouveau.

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 03.01.2009

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