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04.01.2009
Le Grand Choc de 2017, partie 4 : un contexte politique troublé
Les soubresauts économiques de 2009 à 2016 ont provoqué des réactions très changeantes de la part des électorats. Tout d’abord, la sortie d’une crise aussi violente joue en faveur des sortants. Mais la persistance de graves déséquilibres finit par vite provoquer un rejet des politiques en place.
Des sortants réélus dans un premier temps
En 2009 et 2010, le sentiment d’urgence puis l’amélioration économique créent un climat plus positif qui profite aux gouvernements en place. La crise a également pour conséquence de brouiller plus encore les différences entre les partis socialistes ou socio démocrates et leurs adversaires de droite tant il y a accord unanime sur les nouveaux accords de Bretton Woods. Les quelques excentriques qui soutiennent une analyse différente de la crise et rejoignent le Cercle pour une Alternative Economique, ne sont pas écoutés.
En septembre 2009, Angela Merkel profite de l’union sacrée autour du plan de sauvetage de l’économie pour gagner largement les élections Allemandes. La CDU et son allié la CSU obtiennent près de 40% des voix et peuvent désormais gouverner avec le FDP, comme au bon vieux temps. Le SPD, incapable de se différencier clairement, tombe à seulement 25% des voix, près de 10 points de moins qu’en 2005. De son côté, Gordon Brown défie tous les pronostics et profite d’une embellie avec l’opinion britannique pour gagner son premier mandat populaire. Les Tories ne sont pas parvenus à proposer une alternative solide.
Enfin, Barack Obama gagne très largement les élections de mi-mandat en 2010. Les démocrates en profitent pour obtenir la super majorité au Sénat et accentuent encore leur avantage à la Chambre des Représentants. Mais passée la satisfaction de la sortie de la crise, une grogne sociale se fait jour dans la plupart des pays, face à une croissance molle qui ne profite pas du tout aux citoyens qui voient leur pouvoir d’achat stagner et qui souffrent de la rigueur dès 2011.
Le rejet des politiques en place
La France est le premier pays à essuyer une profonde rénovation de sa vie politique. Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle sont sans appel : François Bayrou arrive largement en tête avec 26% des voix. Nicolas Sarkozy obtient un petit 21% après une campagne où tous les candidats ont attaqué son bilan désastreux. Dominique Strauss-Kahn, souffrant de l’opposition sourde des supporters de Ségolène Royal, avec 14% des voix, peine à devancer Olivier Besancenot, et Nicolas Dupont-Aignan, 13% tous les deux. Au second tour, le président sortant est défait par 59% des suffrages.
François Bayrou a mené une campagne d’opposition radicale, se voulant le candidat des petits contre les puissants. Une fois élu, il nomme pourtant Pierre Moscovici Premier Ministre. L’alliance Modem-PS remporte largement les élections législatives tandis que l’UMP rentre dans une crise de succession terrible où Jean-François Copé et Xavier Bertrand s’allient brièvement pour renverser Brice Hortefeux, l’ancien Premier Ministre, abjurer le sarkozysme, avant de se déchirer comme au PS.
Mais c’est aux Etats-Unis que la crise politique fait une victime surprenante. En effet, les difficultés des classes populaires et moyennes et la persistance d’un chômage significatif provoquent un débat difficile pour le président au pouvoir. Sarah Palin en profite pour dénoncer une administration démocrate qui a dépensé des milliers de milliards de dollars pour rien. Elle dépeint le président comme un représentant des élites qui se sont sauvées elles-mêmes mais ont oublié les citoyens ordinaires (« average Joe »). Elle propose de rendre le pouvoir au peuple et contre toute attente, gagne.
En Allemagne en 2013, malgré le net recul de la CDU et de la CSU, à 32%, une nouvelle Grande Coalition s’impose avec Angela Merkel à sa tête. Die Linke devient le deuxième parti du pays en obtenant 23%, 5 points de mieux que le SPD, qui s’effondre. En Angleterre, l’inoxydable Gordon Brown profite du rebond de la croissance en 2015 pour gagner un nouveau mandat, grâce au virage à droite des Tories. Enfin, en 2016, les Démocrates choisissent comme candidat Paul Krugman. Le prix Nobel d’économie 2008 a gagné en popularité avec son opposition au plan de Bretton Woods ainsi qu’à l’administration Palin, qui n’a fait qu’accentuer les difficultés des classes populaires, qui ont perdu 10% de leur pouvoir d’achat en 10 ans.
À l’automne 2016, avec une situation économique instable qui voit paradoxalement la hausse de la croissance mais également une forte grogne sociale, trois élections majeures se profilent puisque les Etats-Unis, la France et l’Allemagne doivent voter dans les douze prochains mois…
Demain : le Grand Choc économique
10:55 Publié dans 2017, le Grand Choc, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand choc, 2017, obama, palin, brown, sarkozy, bayrou




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