05.01.2009
Le Grand Choc de 2017, partie 5 : le Grand Choc économique
Paradoxalement, le regain de croissance à partir de 2014 déséquilibre le système en créant à nouveau une bulle financière et en provoquant une inflation qui réduit encore un pouvoir d’achat malmené depuis des décennies. La situation devient explosive à l’automne 2016.
Les taux d’intérêt comme déclencheur
Le 17 octobre 2016, le Dow Jones atteint 25 381 points et le CAC 40 10 214 points. Mais avec un pétrole à 262 dollars le baril, un prix des produits agricoles qui a triplé en deux ans, et l’inflation chinoise, la hausse des prix double en un an et atteint 6,5% aux Etats-Unis et 5,8% dans la zone euro. Le 18 octobre, la Fed et la BCE se concertent pour augmenter leurs taux de 8 à 10% aux Etats-Unis et de 7,5 à 9,5% en Europe. Elles indiquent leur volonté de ne pas laisser l’inflation monter davantage et demandent aux entreprises de contenir les salaires. Les bourses perdent 4% le jour même, avant de se stabiliser.
Cette hausse se propage aux taux longs, qui passent de 7 à 9% en trois mois. Mais deux points de plus, cela représente à terme 40 milliards d’euros d’intérêt annuel supplémentaire de la dette pour l’Italie. Et les doutes concernant la solvabilité du pays doublent la facture car l’écart avec les taux Allemands passe de 0,5 points à 2. Le 5 janvier, l’Italie, que la BCE refuse d’aider, annonce qu’elle ne peut plus rembourser ses engagements. Le gouvernement Italien décide alors de sortir de l’euro et demande la protection du FMI. Le défaut de l’Italie provoque une panique financière où les bourses perdent 25% en trois jours.
Le défaut de l’Italie provoque une tension sur les taux longs qui rend difficile la position de la plupart des pays. Le Japon, dont la dette atteint 200% du PIB est le deuxième grand pays à se déclarer en situation de défaut de paiement fin janvier. Les Etats-Unis sont également en grande difficulté. Devant le refus de la Fed de faire fonctionner la planche à billet, le président Krugman décide de rompre son indépendance pour permettre à l’Etat d’honorer ses engagements. Mais le défaut des Etats provoque une baisse des bourses de deux tiers en seulement deux mois. Début février, le crédit est quasiment arrêté.
Une crise économique qui dégénère en violente crise sociale
La violence de la crise financière touche alors très rapidement l’économie productive. Les montants de crédits accordés baissent des deux tiers sur le premier trimestre et de plus de 90% dès mi-février. L’économie rentre dans une crise brutale puisque le PIB Américain recule de plus de 8% en rythme annuel dès le premier trimestre face au gel du crédit et la subite remontée du taux d’épargne des ménages. Dès le mois de mars, les faillites se multiplient et le chômage s’envole. Les Etats, aux capacités financières amputées par les plans de 2008, hésitent à secourir les banques et laissent certaines faire faillite.
Pendant ce temps, la coordination internationale peine à se mettre en place. Le 21 janvier, le sommet du G20 se conclut sur un échec car Paul Krugman ne parvient pas à convaincre les Européens de le suivre. Jean-Claude Trichet, l’inoxydable président de la BCE refuse de recourir à la planche à billets et de fermer les marchés pendant quinze jours comme le demande le président Américain. Les dirigeants européens soutiennent la position de la BCE et de la Commission. Mais ce dogmatisme propulse l’euro à 3 dollars. Airbus décide alors en février de fermer temporairement ses usines de Toulouse et Hambourg.
Cette décision est l’allumette qui déclenche un feu social dans toute l’Europe. Le mouvement des salariés d’Airbus et de ses sous-traitants à Hambourg et Toulouse fait rapidement tache d’huile, d’autant plus que le pouvoir d’achat est en baisse sensible pour les classes populaires depuis plusieurs années. Une immense polémique éclate sur les rémunérations des grands patrons, notamment d’Airbus, qui ont battu tous les records en 2016. Les mesures de rigueur budgétaire consécutives à la hausse des taux provoquent également la colère des citoyens qui protestent devant le montant confiscatoire des intérêts de la dette.
Début avril 2017, la situation devient particulièrement instable entre des marchés en chute libre, une baisse du pouvoir d’achat et une remontée du chômage qui conduisent à des manifestations. En France, les sondages annoncent un second tour Bayrou contre Besancenot, où le second aurait sa chance…
Demain : le tournant politique
10:55 Publié dans 2017, le Grand Choc, Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grand choc, 2017, bce, fed, krugman




Commentaires
Les partis de la coalition gouvernementale allemande se sont entendus, lundi 5 janvier, sur un plan de relance d'un montant de 50 milliards d'euros, sur deux ans, qui doit être présenté la semaine prochaine en conseil des ministres, ont annoncé des représentants de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et du Parti social-démocrate (SPD).
Le gouvernement allemand avait déjà approuvé un plan de relance de 31 milliards d'euros fin 2008, mais il a été jugé insuffisant pour relancer une économie entrée en récession au troisième trimestre et qui pourrait enregistrer sa plus forte contraction depuis l'après-guerre.
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/01/05/l-allemagne-envisage-un-plan-de-relance-de-50-milliards-d-euros_1138253_3214.html
Au total, Angela Merkel va donc injecter 81 milliards d’euros dans l’économie allemande. Je trouve cette information très importante. Elle montre que Nicolas Sarkozy n’a pas mesuré la gravité de la crise qui arrive.
Ecrit par : BA | 06.01.2009
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