06.01.2009
Le Grand Choc de 2017, partie 6 : le tournant politique
Le printemps 2017 démarre dans une ambiance de chaos absolu en Europe. Alors que la décision de Paul Krugman a permis de relativement stabiliser la situation aux Etats-Unis, les dirigeants européens, Bayrou, Brown, Merkel, Trichet et Blair (président de la Commission) ne semblent pas trouver d’issue à la crise.
La révolution politique en marche en Europe…
La décision du président Américain de reprendre la main sur la Fed le jour de son investiture, le 20 janvier, marque une victoire du Cercle pour une Alternative Economique. Un manifeste du 20 janvier est publié une semaine après par des leaders politiques de l’Europe entière. Il entend refonder le capitalisme et annonce vouloir sauver l’économie de marché des excès néolibéraux par l’intervention de l’Etat. Le programme comporte, entre autres, une étatisation de la BCE, une nationalisation des banques, une taxation et un encadrement des mouvements de capitaux ainsi que la mise en place de protections douanières.
En France, ce manifeste est refusé par Olivier Besancenot qui y voit une volonté de perpétuer un système capitaliste qu’il juge désormais dépassé. François Bayrou le critique dans un premier temps fait un volte-face de dernière minute qui achève de le discréditer : il est éliminé au premier tour. Nicolas Dupont-Aignan, seul candidat de l’élection de 2012 à l’avoir signé, en devient le porte parole. Olivier Besancenot, un temps en tête dans les sondages, est finalement battu par NDA au second tour, qui dénonce les impasses du programme de son opposant. Il nomme Emmanuel Todd à Matignon et s’entoure de Jean-Luc Gréau à l’économie, Jacques Généreux aux affaires sociales et Jacques Sapir aux finances..
Le même mois, en Italie, c’est le Parti Républicain Démocrate d’un industriel lombard qui militait pour la sortie de l’euro qui remporte une très large majorité. Au Royaume-Uni comme en Allemagne, Gordon Brown et Angela Merkel voient leur côte de popularité baisser sous les 20%. Ils sont vus comme responsables de la situation catastrophique de l’économie. Une scission du Parti Travailliste fait perdre au premier sa majorité. Une alliance inédite entre les Libéraux Démocrates et les Travaillistes Alternatifs l’emporte. En Allemagne, l’explosion de la grande coalition provoque des législatives remportées par une alliance inédite entre Die Linke (35% des voix) et la CSU (15%). Oskar Lafontaine devient chancelier.
La reprise en main de l’économie par le politique
Ce mai 2017 démocratique scelle la victoire du « Cercle pour une Alternative Economique » puisqu’en un seul mois, au Royaume-Uni, en Allemagne, en France et en Italie ses partisans s’installent au pouvoir, suivant la victoire de Paul Krugman aux Etats-Unis. Ce bouleversement politique ouvre les portes d’une véritable refondation du capitalisme, à laquelle les pays émergents sont largement impliqués car les dernières années ont également été très mouvementées pour eux. La hausse des prix de l’alimentaire provoque des manifestations monstres depuis 2016, notamment en Chine et en Inde. Parallèlement, une refonte complète des Institutions Européennes est lancée par le G4.
Un nouveau groupe, le G15 (l’ancien G8 plus la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Arabie Saoudite, le Mexique, l’Afrique du Sud et l’Australie) décident donc de se réunir fin mai pour lancer les travaux de la « Refondation du Capitalisme ». Le premier sommet suspend les échanges sur les marchés financiers pour un mois, annonce une nationalisation complète des banques, la reprise du contrôle des banques centrales par les gouvernements et fige les parités monétaires à des niveaux négociés par les chefs d’Etat et de gouvernement. Le « Cercle pour une Alternative Economique » coordonne l’ensemble des travaux.
Les 15 pays sont alors regroupés en 5 groupes chargés de travailler sur les 5 sujets majeurs de la Refondation du Capitalisme : la régulation de la finance, la dette, le commerce, les entreprises, l’économie durable. Les groupes de travail ont alors quinze jours pour mettre en place des propositions concrètes qui seront alors examinées lors d’un sommet exceptionnel de cinq jours. Le 18 juin 2017, les 15 principales puissances économiques de la planète adoptent la Charte pour la Refondation du Capitalisme.
Il y a deux grandes différences entre la crise de 2007-2009 et celle du Grand Choc de 2017. La première tient aux circonstances encore plus difficiles du second. La deuxième est la possibilité d’une véritable alternance politique, qui n’était malheureusement pas possible en 2009.
Demain, le capitalisme refondé10:55 Publié dans 2017, le Grand Choc, Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : grand choc, 2017, krugman, nda, besancenot, bayrou, lafontaine




Commentaires
Moui j'y crois pas beaucoup !!!
Ecrit par : Toréador | 06.01.2009
Il serait tout de même préférable qu'une véritable alternative soit proposée aux électeurs dès 2012 !...
2017, c'est loin...
Ecrit par : Républicain | 06.01.2009
@ Toréador,
L'idée est plus de faire réfléchir que de chercher à deviner l'avenir précisément. Le principal pronostic que je fais (relativement facile) est que nous allons sortir de cette crise sans réformer le système et qu'une nouvelle crise adviendra dans quelques années.
@ Républicain
Tout à fait d'accord, mais je ne suis pas persuadé que nous y arrivions. En même temps, si la crise est plus forte que ce que dans ce scénario, l'histoire peut s'accélérer. Mon point est qu'il faut une rencontre entre les circonstances, le calendrier politique et le personnel politique en position de gagner et malheureusement, 2012 me semble venir trop tôt, mais s'il serait bien sûr nécessaire que cela vienne au plus vite.
Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 06.01.2009
j'adore!!
c'est trop bon la politique fiction de crise!
Ecrit par : jojo | 24.11.2009
Ecrire un commentaire