09.01.2009
Les vœux indécents de Nicolas Sarkozy
Avant-hier, Nicolas Sarkozy a fait ses vœux aux parlementaires Français. Après une prestation ratée le 31 décembre où sa gravité et sa compassion n’ont pas convaincu grand monde, on a retrouvé le vrai Sarkozy dans un « one man show » de 40 minutes.
Nicolas Sarkozy, sauveur du monde
Ce discours a été l’occasion d’un nouveau numéro d’autosatisfaction. Le président a refait la chronologie de la crise et soutenu avoir sauvé les banques Françaises de la faillite. Il a glorifié sa présidence de l’Union, qui aurait permis à l’Europe de parler d’une seule voix. Et il a remis en perspective son « paquet fiscal » comme un plan de relance décidé avant la crise avec une certaine « baraka » et qui aurait permis d’en amortir le début. Très satisfait de lui, il a affirmé : « on a sauvé les banques, on a relancé l’économie, on refonde le capitalisme parce que les mêmes causes ne peuvent pas produire les mêmes effets ».
Si certains points étaient justes (système monétaire notamment, refondation du capitalisme), le problème est qu’il y a toujours un grand écart entre ce que dit Nicolas et ce que fait Sarkozy. Passons sur les approximations de son discours (voir papier du blog Cordons de la bourse), mais il reste troublant que la France soit le seul pays a avoir prêté de l’argent à ses banques au lieu de rentrer dans leur capital. L’effet du paquet fiscal a pour le moins été limité quand on regarde le niveau de la croissance en 2008 et le niveau du plan de relance reste très faible par rapport aux efforts Américain ou Allemand…
L’acteur autocrate
Une chose d’absolument incroyable quand on écoute Nicolas Sarkozy est sa capacité à dénier tout désaccord avec lui-même. Ainsi, il serait impossible d’être contre le partage de l’ordre du jour à l’Assemblée, alors que cela représente une remise en cause importante du principe de prééminence de l’exécutif dans la Cinquième République. Bref, pour résumer, dans une dialectique imparable, le président se place toujours du côté du bien et de la raison alors que ses adversaires seraient forcément des conservateurs qui ne veulent rien changer et qui refusent les lumières de leur courageux guide suprême.
Mais le pire était peut-être le ton de cette intervention. Bien loin de la retenue que devrait lui inspirer sa fonction, Nicolas Sarkozy s’est davantage comporté comme un acteur de « one man show », avec un certain talent il est vrai. Son introduction était à mille lieux de ce que l’on peut attendre d’un Président. Son attaque à peine voilée contre Jacques Chirac, « roi fainéant », était d’une mesquinerie indigne de sa fonction, surtout de la part de quelqu’un qui vient de reculer sur la réforme du lycée et du travail du dimanche.
Nicolas Sarkozy a fait de sa présidence un tourbillon permanent avec des interventions journalières à la dialectique imparable. Mais l’écart incroyable entre les faits et le tableau peint par le président le met dans une position difficilement tenable, comme l’illustrent le résultat des élections de 2008…
Source : http://www.liberation.fr/politiques/0101310260-le-chef-de...
Intervention intégrale : http://www.dailymotion.com/relevance/search/voeux%2Bparle...
http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2009/01/qua...
10:55 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, voeux




Commentaires
Sarkozy ferait mieux de lire ce sondage :
Crise de pessimisme pour 71 % des PME françaises.
Selon une étude de la société Grant Thornton, les PME françaises sont plus inquiètes que les entreprises étrangères quant aux perspectives économiques pour 2009.
250 entreprises françaises et 7200 entreprises à travers le monde ont été sondées par Grant Thornton. Il en ressort que les PME françaises n'étaient que 21 % en 2008 à s'inquiéter pour leur avenir, 71 % aujourd'hui.
Deux principaux facteurs les préoccupent : la chute de la demande de consommation, pour 58 % d'entre elles, et l'impossibilité de pouvoir emprunter auprès des banques, pour 14 % d’entre elles.
http://www.lefigaro.fr/entreprise/2009/01/09/05011-20090109ARTFIG00500-crise-de-pessimisme-pour-des-pme-francaises-.php
En clair : le problème numéro 1, en France aujourd'hui, c'est l'appauvrissement généralisé du peuple français. A cause de cet appauvrissement, la demande s'effondre.
Écrit par : BA | 09.01.2009
Oui, BA, et Sarkozy n'a pas l'air décidé à permettre la relance de la consommation. Si les salaires et les retraites ne sont pas augmentés, les gens continueront à s'appauvrir. Quand à leur épargne, d'abord les plus modestes en ont peu et les autres ne vont pas forcément prendre dans leur bas de laine. Au fait les tarifs de l'électricité vont augmenter prochainement...
Écrit par : Diana | 10.01.2009
Nicolas Sarkozy député fainéant : très bon papier de Libération
http://www.liberation.fr/politiques/0101311845-sarkozy-a-ete-un-depute-faineant
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 16.01.2009
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