10.02.2009
La crise de l’anarchie néolibérale
La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence des excès des subprimes ou du comportement individuel de quelques traders. Elle est la conséquence directe des excès de la déréglementation.
Aux racines du mal : une triple déréglementation
À partir des années 70, les structures économiques relativement rigides issues de l’après-guerre ont été démantelées par les tenants d’une liberté économique sans limites. Ils sont parvenus à mettre en place une triple déréglementation, monétaire, commerciale et financière, liée par l’idéologie et des intérêts croisés. La libéralisation financière pousse ainsi celle du commerce puisque les multinationales qui investissent à l’étranger cherchent ensuite à exporter. La libéralisation monétaire pousse la libéralisation financière pour permettre aux entreprises de se couvrir contres les évolutions erratiques du cours des monnaies.
On oublie aujourd’hui le rôle fondamental de la fin de la convertibilité du dollar en 1971, qui a accéléré la financiarisation de l’économie (le marché des devises est le premier au monde). Puis, les accords commerciaux se sont multipliés pour démanteler les barrières douanières et assurer une circulation la plus libre possible des biens. Enfin, les années 80 ont vu une accélération de la déréglementation financière jusqu’à ce que les échanges financiers soient 50 fois plus importants que ceux de marchandises.
Les trois conséquences de la déréglementation
La déréglementation a eu trois conséquences. La première a été un gonflement incontrôlé de l’endettement (des ménages et des Etats,), permis par le manque d’encadrement des pratiques financières. Les institutions financières peuvent créer toujours plus de monnaie par rapport à leurs capitaux, que ce soit par l’effet de levier, qui permet de prêter ou placer davantage que ce qui est autorisé (par le hors bilan) ou la titrisation (qui permet de sortir le risque du bilan). Les excès de cette libéralisation sont particulièrement bien illustrés par les excès du marché de l’immobilier subprimes aux Etats-Unis, que Paul Jorion décrit si bien.
La deuxième conséquence est une amplification radicale du caractère cyclique de nos économies et la multiplication des crises. Nous vivons dans un monde économique de plus en plus instable : krach boursier en 1987, crise économique du début des années 90 (conséquence d’une bulle immobilière), crise asiatique de 1997, bulle Internet de 2001, subprimes en 2007. Et du fait de la libéralisation, la contagion est plus rapide et les crises sont plus violentes. Le repli de la régulation laisse mieux apparaître le caractère exagérément cyclique du marché, exubérant à la hausse comme à la baisse.
La troisième conséquence est une hausse des inégalités. Le libre-échange non régulé des pays développés avec les pays émergents provoque une déflation salariale et une hausse du chômage. Le système actuel ne profite au mieux qu’à 10% de la population. Et la hausse des inégalités se retrouve également dans la soumission accrue des entreprises au diktat du marché. Enfin, cette inégalité transparaît dans le rapport entre les entreprises et les citoyens puisque les premières s’accaparent une part toujours plus grande de la richesse au détriment des salaires, preuve que déréglementation ne rime pas forcément avec concurrence.
Pire, les trois conséquences de la déréglementation se renforcent entre elles. En effet, c’est bien la hausse des inégalités aux Etats-Unis qui a provoqué la catastrophe des subprimes puisque les ménages modestes ont compensé par l’emprunt la baisse de leur pouvoir d’achat à cause à la déréglementation financière. Et c’est la déréglementation monétaire et financière qui pousse les pays d’Asie à engranger des excédents colossaux pour se protéger des marchés, créant d’énormes déséquilibres financiers mondiaux.
Une guerre sémantique et philosophique
De manière intéressante, les tenants du système ont gagné une partie de la bataille en parvenant à qualifier la destruction de la réglementation économique issue de l’après-guerre des beaux noms de mondialisation, globalisation ou déréglementation. En effet, comment être contre ces termes, porteurs de valeurs positives ? Notre combat idéologique passera également par les mots et il nous revient de qualifier ce qu’est vraiment cette évolution de ce capitalisme sauvage : la loi de la jungle, la loi du plus fort ou l’anarchie néolibérale.
Pire, certains ont réussi à faire passer ce retour en arrière pour moderne. Il s’agit d’une arnaque incroyable tant cette idéologie tend à revenir au capitalisme sauvage du tournant du siècle, celui d’avant les grandes conquêtes sociales. En quelque sorte, pour reprendre Paul Jorion, il s’agit d’une volonté de retour du capitalisme à l’état de nature, d’un déni de tout ce qui fait l’humanité, l’abandon du processus de civilisation où le bien commun et la solidarité l’emportent sur les calculs égoïstes individuels.
Quelques économistes darwiniens ont vendu l’idée que la somme des égoïsmes correspond à l’intérêt général et qu’une main invisible bienveillante veille sur le marché pour promouvoir le « laissez faire » et le « laissez passer ». La crise leur fait perdre une bataille, mais ils n’ont pas encore perdu la guerre…
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : crise, néolibéralisme, déréglementation, laissez-passer, laissez-faire, paul jorion




Commentaires
Excellent !!
Est-ce ton premier texte de porte parole de DLR ? Il mériterait en tout cas d'être publié sur le site de ton parti, car c'est une belle profession de foi pour un nouvel ordre économique ou plus exactement pour un retour de l'ordre dans l'économie ...
Écrit par : Malakine | 10.02.2009
Oui Laurent, nous sommes bien sur la même longueur d'onde.
Cependant, dans ma partie, la gestion d'entreprise, ces considérations sont bien virtuelles...
Comme pour Sarkozy et le chocolat au lait, il y a le théorique et le réel.
En France, tout au long de la construction de notre milles feuilles législatif mortifère, ils se sont éloignés à des années lumières !
Écrit par : Gilbert Sorbier | 10.02.2009
Tirons-en les conséquences.
L'Union Européenne est bâtie sur cette idéologie, idéologie qui s'est effondrée le 15 septembre 2008. Avant que la France ne sombre, quittons l'Union Européenne.
Quittons l'Union Européenne avant qu'il ne soit trop tard.
Quittons l'Union Européenne, au lieu de vouloir rester sur ce Titanic.
En 2005, le projet de Constitution européenne imposait le libre-échange mondial généralisé :
« Par l’établissement d’une union douanière conformément à l’article III-151, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres. »
Traité établissant une Constitution pour l’Europe, Troisième partie, article III-314.
En 2007, le traité de Lisbonne imposait le libre-échange mondial généralisé :
« Par l'établissement d'une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l'Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres. »
Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Cinquième partie, Titre II, Article 206.
Écrit par : BA | 10.02.2009
@Laurent
Je l'ai posé sur le blog de Malakine mais je le remets ici un débat autour du dernier livre d'Edourd Husson et Norman Palma sur "Le capitalisme malade de sa monnaie":
http://www.normanpalma.info/blog/index.php/2009/02/09/667-edouard-husson-et-norman-palma-sur-radio-notre-dame
C'est de plus un autre point de vue sur l'histoire économique et sur l'origine de la crise.
Écrit par : yann | 11.02.2009
Sémantique donc .
Il n'y a pas de "crise". dans ce système économique cette phase est juste une phase parmi les autres. L'une d'elles, et souvent la suivante de celle dans laquelle nous somme s'appelle "Guerre". Utiliser le mot "crise" est absoudre les organisateurs de cette économie.
Écrit par : Piere de Banon | 11.02.2009
Pourriez-vous éviter de saloper le beau nom d’« anarchie », qui est tout le contraire du désordre (« la plus haute forme de l’ordre », « l’ordre moins le pouvoir ») ?
Merci.
Écrit par : Ananar | 11.02.2009
@ Ananar,
Comme l'a dit un commentateur sur Agoravox, le sens du mot est l'absence d'autorité / de commandement, ce qui est exactement le principe de la déréglementation néolibérale. C'est pourquoi ce terme correspond parfaitement à ce que je décris.
@ Malakine,
Merci. C'est un texte personnel pour l'instant.
@ BA
Je crois qu'il vaut mieux réformer l'UE de l'intérieur car l'Europe peut malgré tout nous permettre de faire beaucoup de choses (notamment dans la réglementation de la finance...) que nous ne pourrions pas faire seuls.
Néanmoins, il faudrait être prêts à des choix radicaux (notamment sur l'euro) pour obtenir de vraies modifications.
@ Yann
Merci pour le lien.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 11.02.2009
L'expression "économistes darwiniens" n'est pas correcte pour décrire les tenants de l'idée selon laquelle "la somme des égoïsmes correspond à l'intérêt général". Contrairement à son méchant disciple Spencer, Darwin affirmait clairement que l'humanité, en "sélectionnant" la conscience sociale, les liens affectifs et la raison, avait le pouvoir de renverser le principe de sélection naturelle pour protéger les plus faibles.
Écrit par : Raymond | 11.02.2009
@Raymond
Je pense que Darwinien concerne l'image que certains intellectuels ont véhiculés de la théorie de Darwin. Ce dernier parle de l'évolution des espèce en aucun cas d'économie mais certain pseudo-penseur surtout américain ont développée des thèses dites de darwinisme sociale pour paraitre scientifique en y collant le nom de ce grand scientifique. C'était, bien sure, uniquement du marketing puis ces thèses, souvent racistes d'ailleurs, ne fond que justifier les inégalités en les "naturalisant" le langage pseudo-scientifique servant à cacher des choix purement arbitraire d'organisation sociale.
Écrit par : yann | 11.02.2009
Merci Yann pour cette interprétation qui représente exactement ce que je voulais dire. Je ne faisais pas une référence à la pensée de Darwin, mais bien certaines thèses inspirées de la pensée de Darwin et que l'on retrouve dans certaines pensées économiques.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 11.02.2009
J’en conclus que selon vous, il y a donc « absence d'autorité / de commandement » dans cette « déréglementation ». Le profit par tous les moyens et à court terme ne commande donc pas tout cela ? Vous êtes spécial...
Écrit par : Ananar | 11.02.2009
@ Ananar
Je pense en effet qu'il y a un manque d'autorité et de commandement dans l'économie du fait de la déréglementation et que cela nous a conduit là où nous en sommes : le profit à court terme devient le seul objectif. Je crois qu'il est important de soumettre l'économie à d'autres objectifs, ce qui ne me semble pas si spécial...
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 11.02.2009
Comme Ananar, je trouve que ce n'est pas bien d'assimiler le mot "anarchie" au despotisme néo-libéral dont nous sommes les tristes victimes non consentantes par le truchement de nos hommes politiques qui bradent nos corps, nos âmes, nos consciences.
En effet, c'est assez spécial de qualifier d'"anarchistes" les financiers du CAC 40, des bourses de Londres ou de New York... Madoff.
Ni Dieu ni maître... mais avouez que ceux-ci ont leurs idoles: le profit, l'avidité, le paradis fiscal...
Alors guerre sémantique ? Oui.
Écrit par : Modestine | 12.02.2009
@ Modestine,
Quel que soit ce que l'on pense sur l'anarchie, le processus de déréglementation de l'économie correspond de facto à la mise en place d'une anarchie néolibérale. Je persiste sur le terme. En renonçant à véritablement encadrer l'activité économique, les hommes politiques ont provoqué une anarchie économique où seuls les intérêts privés s'expriment. C'est le fond de la pensée néolibérale pour laquelle toute intervention de l'Etat est néfaste et pour laquelle il faut laisser les égoïsmes individuels s'exprimer pleinement. En rejetant les règles et tout encadrement, on aboutit à l'anarchie qui a prévalu sur le marché des emprunts immobiliers aux Etats-Unis.
En un sens, les néolibéraux sont des anarchistes économiques. Pas des anarchistes tout court, mais bel et bien des anarchistes économiques.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 12.02.2009
Un piège a été tendu ne tombez pas dedans!
Comme j'ai la faiblesse de penser que je comprends assez bien(si c'est encore possible...)l'architecture financière mondiale je me permets quelques remarques qui je l'espère vous empêcherons de tomber dans le piège tendu.
Les tenants du système(pour reprendre vos mots)voudraient nous faire croire que les dérives financières,pour grossir le trait parlons de la spéculation,sont(est)responsables de la crise.Pour "amender" le système il suffirait donc de le réguler...
La réalité est bien différente,les institutions financières privées ne sont "pas responsables" de la crise,c'est l'effondrement de la pyramide de dette contractées par les ménages américains qui a précipité la désintégration du système financier globalisé.
En d'autres termes ce n'est pas une crise de liquidité(ayant pour origine un "crédit crunch")mais un problème de solvabilité.
J'ai déjà eu l'occasion d'écrire à NDA ce que je pensais de ses "charges" contre les banques et les banquiers...
Comment aux Etats-Unis peut on raisonnablement penser règler une crise nait d'une expansion irraisonné du crédit par une relance du....crédit!
Quel rapport le mari de la chanteuse peut-il bien faire entre les bonus des traders et la crise?
Quel rapport y a t-il entre les paradis fiscaux,les golden parachutes,les stocks-options,le "hors bilan" et la crise?
Aucun rapport évidemment!
Simplement à travers le monde,les gouvernants défaillants,complètement dépassés,pour laisser croire qu'ils tiennent bien la barre,se déchargent de leurs lourdes responsabilités en accablant des coupables tout désignés;les spéculateurs.
Entre parenthèse dans la tradition juive ancienne,une fois l'an,on "chargeait" un bouc("émissaire")de tous les pêchés de la communauté et on l'envoyait dans le dessert...
Peut être que vous avez vu le film "Gomorra"?A l'occasion de sa sortie on pouvait apprendre que les napolitains ne parlaient pas de la mafia mais du "système".
Il n'appartient pas aux gaullistes d'avancer des solutions pour réformer,encadrer ou relancer le système,il nous appartient de finir de le détruire pour sur ses ruines refonder les relations économiques et financières mondiales.
Vous écrivez qu'aux racines du mal il y a une triple dérégulation.Plutôt que d'employer ce mot je parlerais de politique impériale américaine.
Demain ou ce week-end je rédigerai un post sur la martingale américaine,en réalité une cavalerie financière,un système "à la Ponzi".
Très justement vous notez l'importance de la décision unilatérale américaine d'abandonner la convertibilité dollar/or.
Les pubeux en charge de la propagande gouvernementale ont vendu aux Français l'idée que le dernier G20 reunit à l'iniative du Président était un evènement historique,un Bretton Wood 2.Evidemment personne n'a songé à moucher ses imbéciles en rappelant que c'est Nixon,en 1971,qui avait mis fin aux accords de Bretton Wood.
Au début des années 60 de Gaulle,comme le prophète,se souvenait de l'avenir;
"Je suis sûr qu'un jour ils(les américains)mettront fin a ce mythe:le dollar cessera d'être convertible en or.On verra alors les américains qui prétendront substituer l'étalon dollar à l'étalon or.On s'apercevra qu'ils veulent étendre leur hégémonie sur le monde entier"(19 décembre 1962).
Les racines du mal?
"Les Etats-unis ne sont pas fichus d'avoir un budget en équilibre.Ils se permettent d'avoir des dettes énormes.Comme le dollar est partout la monnaie de référence,ils peuvent faire supporter par les autres les effets de leur mauvaise gestion".De Gaulle(janvier 1963).
Bonsoir.
A bientôt.
Écrit par : Balthazar | 12.02.2009
Cher Laurent, c'est gentil à vous de répondre avec tact, conviction et gentillesse... bien sûr, je comprends parfaitement ce que vous voulez dire, mais je vous assure qu'il s'agit plutôt d'un "despotisme": pouvoir absolu, arbitraire et oppressif...
Dans "anarchie", il y aura toujours un sentiment qui plaît...
Écrit par : modestine | 13.02.2009
C'est typiquement le genre de posts qui me découragent. Non pas que je me sente convaincu en aucune manière par votre rhétorique ou que je trouve vos arguments pertinents. Non, c'est juste que pour m'expliquer, je vais devoir encore écrire une tartine.
Néanmoins je me lance.
Parler de dérèglementation est pour le moins excessif lorsque l'on parle de finance, même si la règlementation est mal foutue (pour le moins), le secteur financier et notamment bancaire reste l'un des systèmes les plus réglementés de l'économie. Combien de banques sont obligées de se retrouver avec des montagnes de d'obligations d'état, combien de banques US ont été obligées de préter à des ménages insolvables, ... Le problème n'est pas une dérèglementation qui n'existe pas. Il y a néanmoins un problème.
Le problème vient du législatif, confiné dans le pathos et le clientélisme. Il ajoute des couches de textes législatifs les uns sur les autres, au gré des scandales et des catastrophes, pour régler les problèmes immédiats et agit en ce sens à très courte vue. Combien de fois l'application d'une loi existante aurait suffit alors qu'on a choisi de rédiger une nouvelle loi en urgence, mal ficelée et bien souvent en contradiction avec des textes antérieurs ? Au final, vous vous retrouvez avec un patchwork de textes, contradictoires sur certains points, laissant des trous béants pour l'interprétation et les filouteries en tous genres.
Je pense également, pour rester dans le débat sémantique de nos amis anarchistes, que ce que vous dénoncez n'est pas le libéralisme (au sens premier du terme, assez proche de l'anarchisme dans sa forme la plus extrême) mais l'oligarchisme actuel. Le libéralisme ne revient pas à créer des rentes de situation pour les banques, pour les entrepreneurs proches du pouvoir ou pour des groupes de pression (comme les syndicats par exemple). Le libéralisme, c'est justement l'inverse, ce sont des marchés publics pas truqués (les ravitailleurs américains aussi bien que n'importe quel appel d'offres réalisés par votre mairie).
Le meilleur moyen de ne pas truquer l'attribution de ces marchés restent de ne pas mettre d'intérêts politiques en jeu, en espérant que l'initiative privée se limitera à l'efficacité économique. C'est d'ailleurs pour cela que les libéraux souhaitent une justice forte, permettant d'identifier et de punir ceux qui chercheraient à tricher et introduire des biais dans le système. Que des mecs comme Pasqua ou Chirac ne passent pas au travers des mailles du filet en permanence, dans des procès à rallonge, que seule la mort des protagonistes permettra de clôturer.
Bref, le terme "néolibéralisme" recouvre peut être ce à quoi vous faites allusion mais jette le discrédit sur le libéralisme, qui n'a que peu de points communs avec cet oligarchisme. C'est un peu comme si je traitais Besancenot de néo-gaulliste.
Écrit par : Joe | 01.06.2010
Comme d'hanitude vous etes a coté du probleme.
La crise est la cause non pas du liberalisme, mais de la politisation de le politique monetaire US
Si quand la masse monetaire s'est embalée du fait des credits immobilier donné a des personnes non solvables, la monnaie n'avait pas été gérée a des fin politiques, on aurait augmenté un bon coup les taux et tout serait rentré dans l'ordre, mais pour etre élu ca fait bien de rendre proprietaires des gens qui n'en ont pas les moyens, et comme il n'ya a pas de miracle on fait n'importe quoi, on prete sans regarder a des fins POLITIQUES et on genere une crise quand on constate l'evidence c a d que les gens notoirements insovables ne peuvent rembourser .
Un exemple de liberalisme pur, c'est a dire sans intervetion a des fins electoraliste c'est la chine.L'absence d'election libre permet de gerer pour le bien collectif(quand les dirigeants sont responsables) et pas pour etre élu.Il y a peu de temps, la croissance immo a inquiete le gvt chinois qui n'a pas hesite a monter fortement les taux, resultat pas de crise meme si les emprunts sont plus cher.
Le danger n'est pas le marché mais les interventions politiques ayant pour but la réélections des dirigeants(autre exemple la retraite a 60 ans en 1980)
Lisez Pascale Salin et vous comprendrez enfin l'economie
Et n'oublions pas les mots du Grand Homme!
Du fait de leur seule existence les armes détenues par la population sont une garantie pour notre Liberté
Charles de GAULLE
Écrit par : darius | 24.10.2010
Je m'inscris en faux quand la responsabilité de la dérèglementation. Pour commencer depuis l'an 2000 7000 pages sont venues s'ajouter a la règlementation de la finance. Ensuite, c'est évidemment le discours des élites gouvernantes, responsables de la crise fiscale et qui cherchent a se défausser: quelle déréglementation a obligé l'état français a aligner des budgets déficitaires pendant 35 ans? les causes de la crise des subprimes sont connues: politique de taux bas de la FED qui ont donné les moyens de la bulle, politique des gouvernements américains en faveur du logement des classes moyennes 'a tout prix' a travers les organismes parapublics fannie mae et freddie mac, fraude des banques sous l'oeil du gouvernement qui prèfère regarder ailleurs (le FBI avait prévenu). Complicité gouvernement-banques qui ne se dément pas quel que soit le gouvernement (dernière en date la loi votée par le parlement démocrate qui aurait permis de glisser tout ça sous le tapis et a laquelle Obama a été forcé d'opposer son véto devant le tollé qu'elle a soulevé).
En vérité il n'y a rien la qui relève du libéralisme ou du néo libéralisme, les deux auraient préféré la faillite des banques plutot que de les faire renflouer par le contribuable. le to big to fail n'est pas, de loin, un concept libéral.
Écrit par : brennec | 28.12.2010
Exemples de la déconnection d’un système financier et politique complètement déconnecté et destructeur de l’économie réelle : décryptage
L’exemple 'indice CAC Small a pris +15% depuis le début de l'année, est un exemple de la déconnection d’un système financier complètement déconnecté et destructeur de l’économie réelle : décryptage
La déconnection d’un système financier complètement déconnecté et destructeur de l’économie réelle : décryptage J’ai pris des extraits pour le justifier. Le problème ici n’est pas de prendre partie, mais d’évaluer les problèmes et les risques des évolutions actuelles. Régulation ou changement radicale de système politique ou économique. Je penche pour la deuxième, alors que d’un coté on voit des multinationales faisant des profits mirobolants en bourse et de l’autre une paupérisation accrue de la zone européenne, des inégalités croissantes dans le monde, des pouvoirs économiques de plus en plus autoritaires ( source Une Hongrie en pleine dérive autoritaire prend la tête de l'Europe .. – source le monde, Traité de Lisbonne rejeté). "La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence des excès des subprimes ou du comportement individuel de quelques traders. Elle est la conséquence directe des excès de la déréglementation "extrait source La crise de l'anarchie néolibérale , donc du capitalisme qui est a l'origine ( cf voir Une vision de la situation économique et boursière - C'est l'heure du bilan de ce premier semestre. Les nouvelles : cette fois encore, les small caps ont surperformé les blue chips.
▪ L'indice small : sa composition caps remanié... et beaucoup plus large
« L'indice CAC Small prend 15,5% depuis le 1er janvier alors que le CAC 40 ne « gagne que 5,3% » (Le Cac 40 devrait tenter de renouer avec les 4000 points) C'est donc trois fois mieux. En fait, l'indice CAC Small a remplacé l'indice CAC Small 90 le 21 mars dernier. Il comprend aujourd'hui 238 valeurs -- contre 90 avant. Le poids des entreprises y figurant dépend de leur capitalisation mais également de leur flottant. En fait, pour calculer le poids de chaque valeur dans l'indice, Euronext pondère la capitalisation et le flottant. Je vais vous donner un exemple. Le 31 mai dernier, la capitalisation d'Artprice.com était de 184 millions d'euros (mero), mais le véritable flottant du groupe n'était que de 128 mero. C'est ce dernier chiffre qui a été retenu dans le calcul de la pondération du titre par rapport à l'indice Euronext ne prend pas en compte dans le calcul les participations de l'actionnaire principal ainsi que les pactes d'actionnaires. Un raisonnement assez logique et qui minore donc le poids des sociétés détenues majoritairement par leur actionnaire principal… »
Résultat de ce remaniement : les sociétés composant l'indice sont extrêmement différentes en termes de poids. http://saltabank.blogs.letelegramme.com/archive/2011/07/09/exemples-de-la-deconnection-d-un-systeme-financier-completem.html
Écrit par : saltabank | 09.07.2011
@ Laurent
J'adore ces personnes qui s'amuses à imposer des définitions des choses qu'ils ne connaissent pas.
imaginez un instant qu'un anarchistes vienne vous exliquer ce qu'est le gaullisme, à grand renfort de critiques de De Gaulle et d'amalgame avec ... tient le nazisme par exemple.
Du genre De Gaulle était un planqué qui n'a jamais combattu les collabos, son seul intéret était de reprendre le pouvoir à Pétain pour lui même car c'était avant tout un homme de pouvoir et peu lui importait le nazisme en lui-même. La preuve, il a activement collaboré avec le pouvoir américain, tout aussi impérialiste...
Qu'en penseriez vous?
Je ne sais pas qui est votre "source" d'agoravox mais il me semble à coté de la plaque:
En deux mots, l'anarchisme ne promeut pas l'absence de règles, jamais. Il y eu un courant trés minoritaire pour le faire mais c'est vraiment marginal. Là où les anarchistes bataillent c'est au niveau de la construction de ces règles. Visant un idéal démocratique il s'agit d'édicter nos lois par nous même (la manière communément retenue étant assembléiste bien que cela fasse encore débat) et non par un système parlementaire que nous jugeons oligarchique.
En synthèse :
Gaulliste : Etat Anars et libéraux : Moins ou pas d'Etat
Gaullistes et anars : Lois Libéraux : Déreglementation
Pour finir un petit exemple qui nous donne des maux de tête:
Faut ils défendre les services publiques, mis en place et gérés par l'Etat honnis où les laisser privatiser? La réponse que l'on y donne vous éclairera: Plutôt défendre les services publiques étatiques car l'Etat nous semble encore plus démocratique que des privés, même si y'a de quoi se demander, aujourd'hui...
Écrit par : Elendhill | 06.09.2011
Débat intéressant.
Les anti-legislation ont d'une certaine manière raison, les anarchistes aussi et laurent aussi. Je m'explique : un documentaire sur les "inc" (multinationales) laisse à penser que ces dernières étaient éphémères et toujours sous le contrôle des élus municipaux jusqu'à la fin de la guerre de secession. http://www.thecorporation.com/
Mais il y a aussi un texte de Fernand Braudel qui rappelle le mensonge sémantique de l'économie de marché. Braudel rappelle qu'au moyen âge sur les foires, il s'agissait bien d'une économie DU marché où la concurrence était de facto libre et non faussée puisque tout le monde était là avec ses produits. Des petits malins ont commencé à acheter sur la route menant à la foire ou même en amont sur pied, etc. C'est l'économie DE marché nécessairement opaque et faussée puisqu'on cherche le profit maximal. Peut-on restaurer une économie DU marché ? J'aimerais bien. Quand à la soi-disant anarchie économique, demandez-donc aux employés de la BNP, d'Arcelor-Mittal ou Carrefour s'ils n'ont pas de chefs. Pensez-vous sincèrement que les "rounds" du GATT soient des modèles d'anarchie ? Féodalité oui, anarchie non... seigneurs de la guerre économique oui anarchisme non! De grâce M. Pinsolle ne tombez pas dans le piège des anarcho-capitalistes qui nous emmènent dans la régression féodale. Enfin, il se trouve que je siège dans une commission de normalisation de l'industrie et je peux vous dire que les normes sont imposées par les multinationales qui imposent ainsi leur volonté : rien d'anarchique là-dedans ; en revanche, impossible pour un artisan de construire une maison en bois/paille pourtant la plus performante en terme d'isolation et de consommation énergétique et de recyclage réel. C'est ainsi que l'économie de marché condamne la libre entreprise.
Écrit par : Loran | 26.09.2011
Malgré la brillante demonstration de Pinsolle on a toujours des commentaires de gens qui ne sont pas capables de voir la realité en face et profitent de la crise pour reclamer encore plus de destruction de l'Etat.
Écrit par : D.T | 07.10.2011
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