14.02.2009

Quel plan de relance pour l’économie ?

Le débat fait rage aux Etats-Unis sur le plan de relance de Barack Obama voté ce matin. Les libéraux demandent davantage de baisses d’impôt et moins de dépenses gouvernementales alors que Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008 demande le contraire.

Des différences de moyens considérables

Beaucoup de solutions sont évoquées et utilisées pour sauver les économies de la plus grave récession depuis les années 30, comme le confirment les statistiques tombées hier pour l’Union Européenne. Trois types d’intervention de l’Etat sont ainsi utilisées, dans des proportions radicalement différentes selon les pays. Le plan Obama comporte d’ailleurs les trois solutions : versement d’argent, baisse d’impôts, et investissements publics. Il faut noter que Georges Bush s’était contenté de verser directement 100 milliards sous forme de chèques aux ménages au printemps 2008.

Mais avant de rentrer dans le détail, il y a aussi de fortes divergences dans le montant des plans de soutien. Le FMI avait recommandé un montant d’environ 2% du PIB pendant deux ans, soit 4%. Jusqu’à présent, les réponses des Etats restent relativement modestes, hormis aux Etats-Unis (6%) et en Chine (15% annoncé, plus probablement proche du niveau Américain). Les pays européens injectent des montants compris entre 1 et 2% du PIB. En France, l’Etat ne va injecter que 18 milliards d’euros, soit 1% du PIB (les 26 milliards comprennent des investissements qui seront  réalisés par des entreprises en partie publiques).

Deux philosophies bien différentes

Les plus libéraux privilégient les baisses d’impôts, ou la distribution directe d’argent par méfiance à l’égard de la dépense publique. C’est aussi une solution populaire et qui peut sembler juste. Néanmoins, les baisses d’impôt ont de nombreuses limites. Si elles sont temporaires, elles supposent une remontée qui peut casser la reprise économique. Une baisse de la TVA risque d’avoir un effet déflationniste dangereux et d’amoindrir les hausses de salaires, réduisant à zéro les efforts du gouvernement. Enfin, ces initiatives ont toutes une forte déperdition (l’argent pouvant être épargné au lieu d’être dépensé).

C’est pourquoi Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, démocrate classé à gauche, soutient qu’il vaut mieux privilégier la dépense publique directe et non les baisses d’impôt. En effet, les dépenses de l’Etat ont l’avantage d’avoir le moins de déperdition possible et ont un effet 2 à 3 fois supérieures aux baisses d’impôt. On pourrait également ajouter qu’il est plus facile de revenir à la normal après. En outre, quand ces dépenses sont des dépenses d’investissement pour l’avenir (trains à grande vitesse, investissement en infrastructure ou pour des économies d’énergie), elles peuvent même être rentables à terme.

La France a plutôt choisi la bonne direction, mais le plan de relance reste beaucoup trop limité pour avoir un effet significatif sur l’économie du fait de l’argent gaspillé dans le « paquet fiscal ». Au global, la situation européenne semble extrêmement préoccupante.

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/02/12/01011-200902...

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/02/13/l-effi...

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02... 

Commentaires

Tous les grands pays se mobilisent pour lutter contre la crise.

Et la France ?

Comparons le pourcentage du PIB mobilisé pour lutter contre la crise :

http://marc.vasseur.over-blog.com/article-27905694.html

Écrit par : BA | 14.02.2009

Vive le libre-échange mondial !

Répétez avec moi :

Vive le libre-échange mondial !

Criez encore plus fort :

Vive le libre-échange mondial !

Les grands argentiers du G7 ont affirmé samedi 14 février que la « stabilisation » de l'économie mondiale et des marchés financiers était leur « plus haute priorité », à l'issue de leur réunion à Rome.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux des sept pays les plus riches (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Canada) s'engagent également à ne pas céder au protectionnisme, alors que la crise s'aggrave.

Les Etats-Unis, à cause de la clause « Buy American » (achetez américain) contenue un temps dans le plan de relance, et la France, pour ses aides au secteur de l'automobile, ont été très critiqués à ce sujet.

La ministre française de l'Economie Christine Lagarde, a d'ailleurs réagi samedi en précisant que le plan automobile français n'était « pas protectionniste », estimant que la France ne se sentait « pas particulièrement visée » par les critiques de plusieurs de ses partenaires européens.

http://www.lefigaro.fr/economie/2009/02/14/04001-20090214ARTFIG00557-le-g7-ne-veut-pas-ceder-au-protectionnisme-.php

Écrit par : BA | 14.02.2009

@ BA

Et encore, ils ont pris le plan de relance avec les dépenses annoncées par les entreprises para-publiques, dont la réalité n'est pas complètement garantie puisqu'il s'agit de 1,4% divisé par 2. L'Etat seul amène à peine 1%, soit 0,5% sur un an.

C'est clair que le combat pour le protectionnisme commercial n'est pas gagné...

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 14.02.2009

Laurent écrit : " C'est clair que le combat pour le protectionnisme commercial n'est pas gagné... "

Tu sais pourquoi tu ne gagneras jamais ce combat-là ?

Parce que tu t'acharnes à jouer dans LEUR stade, sur LEUR terrain, avec LEURS règles du jeu, et surtout avec LEURS arbitres.

Quand comprendras-tu qu'il faut se barrer hors de leur stade ?

Quand comprendras-tu qu'il faut sortir de leur stade ?

Quand comprendras-tu qu'il faut sortir de l'Union Européenne ?

La France doit reprendre le contrôle de ses frontières, le contrôle de ses lois, le contrôle de sa monnaie.

Tout le reste est littérature.

Tout le reste est " PRENDRE SES DESIRS POUR DES REALITES ".

Écrit par : BA | 14.02.2009

@ BA

Je ne crois pas qu'il faille quitter l'UE. La brutalité de la crise peut réveiller les consciences, même si cela sera dur et prendra du temps. La France, seule, peut faire beaucoup, mais avec l'Europe, nous pouvons faire encore plus et c'est pourquoi je pense qu'il faut y rester, même si cela suppose une réforme radicale.

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 15.02.2009

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