15.02.2009
Remettre de l’ordre dans le système monétaire
Pour beaucoup, la crise actuelle a une seule et unique raison : les excès des banques et du monde de la finance. Depuis quelques semaines, s’est ouvert un vrai débat sur le protectionnisme. En revanche, peu s’interrogent sur le rôle des questions monétaires.
La chienlit monétaire
Les désordres monétaires peuvent poser un grave problème. Car la « main invisible » du marché est une main aveugle et brutale qui peut provoquer des hausses ou des baisses de 20 à 50% en une année, qui n’ont bien sûr aucun fondement économique réel et qui peuvent déstabiliser profondément les économies des pays qui les subissent, le plus souvent sans guère de pouvoir de les contrecarrer.
Les plus touchés sont les pays émergents, moins solides, où les variations monétaires peuvent jeter la population dans une véritable misère en quelques semaines. L’exemple actuel de l’Ukraine est particulièrement frappant puisque la baisse de la monnaie locale a provoqué un emballement de l’inflation et une récession violente qui frappe durement le pouvoir d’achat de la population.
L’Europe subit aussi depuis des années une surévaluation importante de l’euro qui pousse les industriels à délocaliser, déprimant les salaires, l’emploi et la croissance, poussant par exemple Airbus à acheter le fuselage de son A350 aux Etats-Unis. Et le Japon est actuellement victime d’une hausse brutale du yen qui a provoqué une chute de 35% de ses exportations et une baisse de son PIB de 10% en rythme annuel.
Pour un nouveau Bretton Woods
Bref, les excès de l’évaluation non régulée des monnaies par les marchés sont dramatiques. D’ailleurs, le pays qui affiche la plus forte croissance, la Chine, est le seul qui conserve une forme de contrôle sur le cours de sa monnaie. Mais pourquoi faut-il alors confier l’évaluation d’un bien si précieux, si déstabilisant à des marchés si irrationnels, ces mêmes marchés qui valorisaient l’action France Telecom à 219 euros à un moment et seulement 7 un an plus tard ? Est-il pertinent de confier l’évaluation des monnaies aux marchés ?
Avec un peu de recul, on se rend compte que le dogmatisme ultralibéral semble paralyser la pensée de la plupart de nos dirigeants. Bien sûr, les Etats-Unis y voient leur intérêt, mais le reste du monde souffre de l’anarchie monétaire dans laquelle Richard Nixon nous a laissé depuis 1971 et que les autres dirigeants n’ont pas suffisamment cherché à contester. Le SME a été une initiative bienvenue, mais le monde a besoin aujourd’hui d’un nouveau Système Monétaire International.
Il est proprement suicidaire de la part des Etats de laisser le marché décider du cours des monnaies. Ce cours doit être de nouveau le fruit d’une concertation internationale, sans doute par le biais d’organisations régionales, de manière à éviter les mouvements brutaux de cours qui font toujours souffrir les plus faibles. Les solutions existent : cours fixes, serpent, étalon or, limitation (voir interdiction) de la spéculation sur le cours des monnaies. Enfin, la taxe Tobin limiterait considérablement la capacité de nuisance des marchés.
La crise actuelle se propage dans de nombreux pays émergents parce que l’argent de la spéculation, quittant les marchés boursiers ou de matières premières, renoue avec les paris contre les monnaies, dévastant tout sur son passage. Il est temps de remettre de l’ordre dans le système monétaire international.
11:01 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, taxe tobin, système monétaire international, anarchie monétaire, bretton woods




Commentaires
Surtout, il est temps de revenir aux PRINCIPES POLITIQUES de Charles de Gaulle :
- la banque, le crédit, la monnaie sont des services publics ;
- la banque, le crédit, la monnaie doivent être nationalisés ;
- la banque, le crédit, la monnaie doivent être aux ordres du gouvernement français, et de lui seul.
Écrit par : BA | 15.02.2009
Le PIB Japonais a baissé de 12,7% en rythme annuel (3,3% par rapport au trimestre précédent) au 4ème trimestre, du fait de la hausse du yen, preuve que les mouvements monétaires anarchiques peuvent avoir un impact désastreux sur l'économie.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 16.02.2009
A chaque peuple, sa monnaie.
Mais qui doit contrôler la monnaie de la France ?
C'est la question d'actualité en ce moment.
QUI DOIT CONTROLER LA MONNAIE DE LA FRANCE ?
Réponse : le gouvernement de la France.
Pourquoi lui, et seulement lui ?
Réponse : parce qu'il est légitime, et parce qu'il est sanctionnable par le peuple tous les cinq ans.
1- La légitimité du gouvernement français est totale.
Le gouvernement est issu de l'Assemblée nationale. Le gouvernement est responsable devant l'Assemblée nationale. En clair : le gouvernement est légitime.
2- La sanction du gouvernement français est possible tous les cinq ans.
Si le gouvernement fait des conneries, le peuple français a la possibilité de le virer tous les cinq ans, au moment des élections législatives.
Écrit par : BA | 16.02.2009
@ BA
Je ne peux qu'être d'accord : mon papier d'aujourd'hui sur l'euro va vous plaire...
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 16.02.2009
Ton papier d'aujourd'hui sur l'euro m'a procuré un plaisir quasi-orgasmique.
Écrit par : BA | 16.02.2009
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