17.02.2009
Nicolas Sarkozy, diplomate de pacotille
Diplomatiquement, Nicolas Sarkozy bouge beaucoup. Dès qu’il y a un événement, il se déplace, en rajoutant souvent dans l’emphase sur son rôle. On pourrait croire qu’il fait progresser la voix de la France. Pourtant, un examen plus approfondi montre que c’est tout le contraire.
Le président qui se fâche avec tout le monde
En effet, les quinze derniers jours ont été l’occasion pour Nicolas Sarkozy de se fâcher avec de nouveaux dirigeants. Lors de son intervention télévisée et radiodiffusée, le président a ainsi critiqué nommément la baisse de la TVA de Gordon Brown et attaqué les délocalisations de nos constructeurs automobiles à l’Est, s’attirant les foudres du Premier Ministre Tchèque. Quel que soit ce que l’on en pense, il était possible de présenter les choses de manière moins agressive vis-à-vis de nos partenaires.
Mieux, Nicolas Sarkozy, sans doute contrarié par le peu d’empressement du nouveau président Américain à le rencontrer, s’est permis une critique ad hominem de Barack Obama, lui conseillant d’attendre l’élection du 12 juin pour ouvrir des discussions avec l’Iran alors que les Etats-Unis souhaitent aller plus vite. Il a dit « souhaiter qu’Obama engage ses discussions avec l’Iran dans un esprit de dialogue et d’une certaine fermeté ». La nouvelle administration Américaine doit particulièrement goûter de tels conseils…
Mais l’impair diplomatique le plus grave de la présidence Sarkozy est le refroidissement inédit de nos relations avec l’Allemagne. À cause de sa familiarité bien peu diplomatique et de son manque de considération pour Angela Merkel, nous sommes entrés dans une phase où l’Allemagne ne semble plus vouloir construire grand chose avec la France et s’est repliée sur la simple défense de ses intérêts, chose d’autant plus aisée que Nicolas Sarkozy est prêt à toutes les concessions pour un accord.
Une diplomatie Française à la dérive
Pire, en acceptant de rejoindre à nouveau le commandement militaire intégré de l’OTAN plus de quarante ans après la décision du Général de Gaulle, Nicolas Sarkozy réduit la France au rang de énième vassal des Etats-Unis. En effet, à quoi sert l’OTAN aujourd’hui ? Cette organisation, conçue pour protéger l’Europe de la menace soviétique, n’est pas adaptée au monde d’aujourd’hui, à part comme instrument de l’impérialisme Américain, auquel trop de pays sont malheureusement heureux de céder.
Dans les pays émergents, la position de la France n’est guère meilleure. Le président a fâché les Indiens en écourtant un séjour pour rejoindre Carla. Il a réussi l’exploit de beaucoup céder à la Libye (le fameux séjour de Kadhafi à Paris) et à la Chine sans pour autant gagner le moindre avantage diplomatique (nos relations sont en froid avec les deux pays). Enfin, son scandaleux discours de Dakar, aux relents colonialistes, a durablement abîmé nos relations avec l’Afrique.
Pire, Nicolas Sarkozy se fâche sans obtenir grand chose. Alors qu’il déclarait vouloir un « mini traité » limité aux questions institutionnelles, il a signé un traité constitutionnel bis, comme le souhaitaient les Allemands. Son Union pour la Méditerranée, bonne idée, a été diluée en une énième politique de l’Union, comprend des pays qui bordent la mer du Nord et n’a toujours rien réalisé de concret. Enfin, les contrats qu’il se vante de signer sont trop souvent du réchauffé.
Entre une brutalité bien peu diplomatique, un ego fatiguant et un trop grand empressement à trouver un accord pour assurer une belle photo, Nicolas Sarkozy a réussi le tour de force d’à la fois énerver tous nos partenaires sur la forme tout en étant incapable de défendre les intérêts de la France sur le fond.
Source : http://tf1.lci.fr/infos/monde/moyen-orient/0,,4254052,00-...
10:55 Publié dans International, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, diplomatie, angela merkel, libye, chine, discours de dakar, otan, barack obama, gordon brown




Commentaires
Tant qu'à être déjà brouillé avec tout le monde, Sarkozy devrait en profiter pour annoncer ce qui est inévitable : la France sort de l'Union Européenne, la France retourne au franc.
Lisez cet article :
Pas possible d'y échapper, on vous le répète sur tous les tons, sur toutes les ondes, matin, midi et soir depuis le déclenchement de la crise : « l'euro nous protège. »
C'est archi faux.
D'abord, on en parle peu en France, mais plusieurs pays de la zone euro envisagent désormais publiquement de se doter d'une nouvelle monnaie nationale (pour l'heure, il s'agit du Portugal, de la Grèce et de l'Espagne. L'Irlande et l'Italie seraient sur le point de les rejoindre).
Mais, surtout, la dernière livraison de statistiques d'Eurostat, l'INSEE européen, finit de rétablir la vérité. Il serait bien que tout le monde diffuse ces chiffres pour contrecarrer la propagande pro-euro.
Si l'euro nous protège, c'est d'abord manifestement de la croissance et de la prospérité. En effet, au dernier trimestre de l'année 2008, le produit intérieur brut de la zone euro a reculé de 1,5%, soit un chiffre encore pire que celui enregistré aux Etats-Unis, épicentre de la crise (- 1%).
Autre nouvelle qui contredit le soi-disant effet protecteur de la monnaie unique : la zone euro est entrée en récession avant l'Union européenne, dès le 3ème trimestre de 2008, alors que l'UE était encore globalement en croissance. Autrement dit, les pays européens qui n'utilisent pas l'euro ont conservé plus longtemps de meilleures performances économiques.
Pour résumer :
- La zone euro est entrée en récession la première.
- Elle connaît la dépression la plus sévère du monde.
- De surcroît, elle sort d'une période de 10 ans de faible croissance, la plus faible du monde.
Mais à part ça, rassurez-vous, « l'euro nous protège. »
http://www.marianne2.fr/Comment-l-euro-nous-protege_a175243.html
Écrit par : BA | 17.02.2009
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