26.02.2009
Ce que révèle la hausse du chômage
90 000 chômeurs de plus en janvier ! Jamais la France n’avait connu une hausse aussi brutale du nombre de demandeurs d’emploi. Cette crise est bien la plus dure que connaît l’économie mondiale depuis 80 ans.
La conséquence de la déréglementation
Cette hausse brutale du chômage est doublement la conséquence de la déréglementation : elle est provoquée directement par la crise engendrée par la déréglementation et rendue possible par elle puisque le démantèlement des anciennes cadres réglementaires facilite les suppressions de postes.
Nous ne pouvons que constater que l’éradication progressive de la plupart des réglementations monétaires, commerciales et financières des Trente Glorieuses depuis plus de trois décennies provoque une succession de crises économiques toujours plus difficilement maîtrisables. Alors que les économies occidentales avaient vécu dans la stabilité pendant près de trente ans, la déréglementation a accéléré les cycles, provoquant des crises à la fois de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes.
Si lors de la crise du début des années 90, le chômage augmentait d’environ 30 000 personnes par mois, le rythme actuel est beaucoup plus élevé car entre temps la libéralisation encourage et permet aux entreprises de supprimer des emplois plus rapidement. Cette hausse brutale du chômage en est la preuve vivante et elle démontre la violence que la libéralisation de l’économie peut provoquer. En à peine trois mois, 200 000 personnes ont perdu leur emploi en France, provoquant autant de drames personnels...
Une Europe apathique
Barack Obama est le seul homme politique à vraiment se battre pour l’emploi. Il faut dire que le taux de chômage Américain a augmenté de trois points en une seule année et que l’économie des Etats-Unis détruit la bagatelle de 600 000 emplois par mois, un rythme inédit depuis 80 ans. C’est pour cela qu’il a fait passer un plan coûtant la bagatelle de 800 milliards de dollars afin de créer 3 à 4 millions d’emplois et ainsi limiter au maximum la hausse du chômage. Parallèlement, la Fed mène une politique monétaire extrêmement expansionniste de soutien à la croissance et l’emploi.
À côté, les dirigeants européens ne semblent pas vraiment avoir pris la mesure de la crise qui touche le Vieux Continent et des conséquences sociales de l’effondrement économique actuel. D’une part, la BCE mène toujours une politique monétaire inutilement restrictive et a beaucoup trop tardé à baisser ses taux, renchérissant le coût de l’argent et provoquant une appréciation suicidaire de l’euro. De l’autre, les hommes politiques ont bricolé des plans de relance à la fois insuffisants par leur montant et qui accumulent des mesures dont la plupart n’auront qu’une efficacité douteuse sur l’emploi.
La violence de cette crise et ses conséquences sociales dramatiques nécessite une action vigoureuse des gouvernements, à la fois pour améliorer la situation à court terme, mais aussi pour reconstruire un système économique plus stable qui réduira le drame du chômage au lieu de le favoriser.
Source : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-38561071@7-3...
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chômage, barack obama, bce, déreglementation




Commentaires
Oui, je trouve que c'est bien vu et compréhensible par tout le monde, sauf qu'il s'agit de 90 200 chômeurs de plus, on ne peut pas s'asseoir sur les 200 qui restent aussi facilement, tout le monde doit être compté...
Enfin, c'est quoi "les anciennes cadres réglementaires"... ?
Oui, je sais, je pinaille... mais tout est si difficile, si à l'abandon... je m'explique: M. Sarkosy se mêle de tout, désigne sa journaliste sur TF1... son patron de banque... et même le coupable dans l'affaire Colonna...
On dirait un joueur de tennis jouant à la volée. Et apparemment, le travail des corps de l'Etat, c'est de ne remettre que, grosso modo, dans le cadre la parole sarkosienne...
Epuisant.
Écrit par : Modestine | 26.02.2009
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