28.02.2009
Crise : Barack Obama fait tapis
La situation économique Américaine va de mal en pis. Le PIB s’est contracté de 6,2% au 4ème trimestre, contre 3,8% annoncé. Malgré 150 milliards d’aides, AIG semble au bord de la faillite et aurait besoin de 60 milliards de plus. Heureusement, les réponses du nouveau président semblent à la hauteur de la situation.
Le nouveau Roosevelt ?
On raconte qu’à peine élu, Barack Obama s’est plongé dans la biographie du président qui a tiré les Etats-Unis de la Grande Dépression. En présentant son projet de budget cette semaine, le nouveau président a montré qu’il a compris mieux que n’importe quel dirigeant l’importance de la crise et qu’il a pris des mesures pour essayer d’y mettre fin rapidement. Les chiffres donnent le tournis : le déficit budgétaire pour l’année 2009 atteint la bagatelle de 1 750 milliards de dollars (12% du PIB) et encore 1 170 milliards (8%) en 2010.
L’immensité du plan de soutien Américain à l’économie peut pousser à un certain optimisme. Bizarrement, aujourd’hui, beaucoup semblent sceptiques sur sa capacité à sortir les Etats-Unis de la récession. Pourtant, quand on examine ces chiffres, il est difficile de ne pas y voir une vraie chance de sortie (au moins temporaire) de la crise. L’énormité des sommes engagées par les Etats-Unis (20% du PIB d’injections d’argent public en seulement deux ans) est à la hauteur de la gravité de la crise.
Les Etats-Unis pourront également compter sur la politique active de la Fed. Les taux d’intérêt ont été abaissés rapidement et fortement, provoquant une bouffée d’air à l’économie. En outre, la banque centrale Américaine n’hésite pas à recourir à des moyens d’action peu orthodoxes, comme le rachat d’actifs, privés ou publics, pour pousser les taux longs à la baisse et permettre notamment au Trésor de se financer à bas coût. Cette politique est permise par les pressions déflationnistes (l’inflation va devenir négative).
Mieux, Barack Obama ne s’est pas contenté de sortir son chéquier pour sortir de la crise. L’explosion des déficits a été judicieusement accompagnée d’annonces indiquant que le président souhaite revenir à terme à plus de modération fiscale, avec des coupes dans le budget militaire et une hausse de la fiscalité sur les ménages aisés, qui vont perdre les baisses d’impôt de l’administration Bush. Mieux, il a annoncé vouloir débloquer 600 milliards pour assurer la couverture maladie des 47 millions d’Américains qui en sont privés.
Le pari n’est pas encore gagné
À côté de la réaction Américaine, les dirigeants européens semblent complètement apathiques. Les plans de soutien ne sont qu’une fraction (un quart à un tiers) du plan Obama et rien de sérieux ne semble véritablement envisagé. Les 2,6 milliards d’euros supplémentaires (0,15% du PIB) annoncés par Nicolas Sarkozy sont anecdotiques par rapport à la sévérité de la crise. En outre, la BCE est encore très loin des pratiques de la Fed Américaine et la Commission se préoccupe encore des déficits…
Bref, le monde et les peuples européens ne doivent pas compter sur les dirigeants du Vieux Continent pour les tirer d’affaire. Au mieux, ils pourront bénéficier de la reprise Américaine et du réveil de l’Asie. En fait, nous nous dirigeons vers un scénario économique comparable à l’après bulle Internet, où la croissance avait repris partout dans le monde rapidement, sauf dans le cœur de la zone euro, toujours pénalisée par des choix économiques aberrants.
Mais la réaction conjoncturelle à la crise n’est pas tout. Si Barack Obama est volontiers rooseveltien dans sa volonté de traiter rapidement et efficacement les conséquences de la crise et limiter le plus possible l’envol du chômage, le président du New Deal avait su apporter progressivement des réponses plus structurelles aux causes de la crise. Plus encore que la sortie de la Grande Dépression, c’est la refondation du capitalisme Américain qui a fait de Roosevelt un très grand président. Et là, le mystère demeure.
En quelques semaines, Barack Obama a su faire beaucoup plus que tous les dirigeants européens en 6 mois pour essayer de sortir à court terme de la crise. Mais que fera-t-il pour la refondation du capitalisme ? Son équipe semble trop centriste pour cette tâche mais les circonstances sont exceptionnelles...
Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/02/26/obama-...
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/etats-uni...
11:21 Publié dans Actualités, Economie, International | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, etats-unis, plan de relance




Commentaires
Mon post s'est perdu dans le cyberespace?
Censure?
Écrit par : Balthazar | 02.03.2009
@ Balthazar
Je n'ai rien censuré...
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 02.03.2009
Barrack n'est qu'une marionnette médiatique.
Écrit par : stéphane | 03.03.2009
@ Stéphane,
On verra. J'avais été très déçu par la nomination de son équipe économique, mais ses premières mesures vont vraiment dans la bonne direction
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 04.03.2009
Le naufrage intellectuel.
Triste spectacle que celui d'un "gaulliste libre" à plat ventre devant l'Amérique!
Le Président américain;
"Le Superman de la crise"
Il "montre davantage d'empressement à sauver l'économie réelle."
"Le nouveau Président amène une rupture bienvenue"
Il "a aussi pris des mesures visant à une grande justice"
Il "a sans doute eu raison de préférer agir vite et fort"
Il "a su équilibrer l'action de l'Etat"
"On peut juger que sa réponse est globalement la bonne"
Heureusement les réponses du nouveau Président semblent à la hauteur de la situation"
"Le nouveau Roosevelt"
"Le nouveau Président a montré qu'il a compris mieux que n'importe quel dirigeant l'importance de la crise et qu'il a pris des mesures pour essayer d'y mettre fin rapidement."
"Les Etats-Unis pourront également compter sur la politique active de la FED."
"Obama ne s'est pas contenté de sortir son chéquier.L'explosion du déficit a été judicieusement accompagnée d'annonces(...)"
"A côté de la réaction américaine,les dirigeants européens semblent complètement apathiques."
"Le monde et les peuples européens ne doivent pas compter sur les dirigeants du Vieux Continent(...)Au mieux ils pourront bénéficier de la reprise américaine."
Et pourquoi pas tant que vous y êtes God bless America?
A travers la planète la politicaille,fraichement convertie à l'interventionnisme de l'Etat,va finir par donner raison aux libéraux!
La politique américaine est calamiteuse,malhonnète et criminelle!
Aujourd'hui,avec vous,beaucoup louent la politique "réactive","volontariste",des autorités monétaires et financières américaines.
Mais la Fed et le gouvernement fédéral mènent la même politique que le Japon dans les années 90.
A l'époque les représentants américains,Greenspan en tête,n'avaient cessé de faire le voyage à Tokyo,exortant les autorités japonaises à en finir avec les injections monétaires(taux 0,relance budgétaire).On parlait alors de trappe à liquidité,d'argent jeté par les fenêtres,de banques et d'entreprises zombies.
Au lieu d'alimenter un système condamné,les Japonais devaient accepter la purge,les faillites.
La politique conduite par les différents gouvernement japonais a plongé le pays dans une décennie de crise.La croissance moyenne depuis le début des années 90 a été d'environ...1%!Et aujourd'hui les déficits sont abyssaux.
La politique d'expansion monétaire a échoué,pire elle est à l'origine du gonflement d'une gigantesque bulle du crédit,les capitaux injectés n'ont pas financé l'investissement productif japonais mais la spéculation à travers le monde.Même les banquiers Islandais contractaient pour leurs clients des prêts libellés en yen...Evidemment la faiblesse de la monnaie japonaise a favorisé les exédents commerciaux du pays mais la dévaluation a creusé les déséquilibres dans le monde et aujourd'hui,parce que la pyramide de dettes s'effondre le yen explose contre les autres devises,sa force lamine les marges des exportateurs et plonge le pays dans une crise sans précédent.
En 2001,pour relancer l'économie américaine en récession après l'explosion de la bulle dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication,Greenspan a mené la même politique que...le Japon!Des taux maintenus trop bas,trop longtemps.
Cette politique monétaire expansionniste est à l'origine de la plus grande bulle de l'histoire de la finance.L'inévitable effondrement du marché immobilier américain a précipité la désintégration du système financier globalisé.
Aujourd'hui les ménages américains,moteur de la croissance(70 % du PIB repose sur la consommation),sont surendettés et les autorités ne trouvent rien de mieux à faire que d'inonder le système de liquidité pour...relancer le crédit!
La politique américaine,si elle est désastreuse est aussi malhonnète ou pour parler plus justement révoltante.
Vous n'avez pas l'air de comprendre comment fonctionne une politique impériale.
L'empire nourrit son centre,toujours plus restreint,en mettant "à l'amende" sa périphérie,les territoires conquis ou soumis.
Vous êtes admiratif devant l'importance des capitaux engagés pour contenir la crise,mais cette argent n'est pas le fruit du travail des Américains!
Comme après la seconde guerre mondiale les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie de référence,les Banques centrales du monde entier sont tenues de détenir une part importante de leurs réserves de change dans la devise américaine.
Soucieuses de garantir leurs capitaux elles achètent principalement des titres réputés sans risques;des Bons du Trésor,contre intérêts elles prêtent de l'argent à l'Etat américains.
Fort de ce "privilège exorbitant"(De Gaulle)le pays siphonne depuis des décennies l'épargne mondiale,il emprunte des milliards de dollars à des pays qui manquent de tout.
Plus révoltant encore,contre cette argent ils ne servent pas d'intérêt(ou alors anémiques),pire ils remboursent leurs dettes en monnaie de singe,parce qu'évidemment d'une façon ou d'une autre(descente controlée ou effondrement?)le dollar sera dévalué et les créanciers abusés.
Entre parenthèses,comble du ridicule,ou disons plutôt pour rester aimable comble de l'inconscience,vous semblez louer les pillards en notant que les ouvriers Chinois vont financer la couverture maladie des américains les plus fragiles...Mieux vous saluez l'escroquerie;la Banque centrale américaine "pousse les taux longs à la baisse pour permettre au Trésor de se financer à bas coût"...
Comment ne pas comprendre que le système impérial est une cavalerie financière,une pyramide façon Ponzi!
En écrivant ces lignes je repense au dernier texte(tract)du sulfureux Marc-Edouard Nabe,de mémoire;
"Pour réenculer le monde l'Amérique avait besoin d'un nouveau gode."
Obama;le "Superman de la crise?"...
Une politique désatreuse,révoltante et criminelle!
Parce que bien sûr,inévitablement,l'exubérante expansion monétaire dans le monde va provoquer une flambée inflationniste(quand une Banque centrale prête 1 on retrouve dans le système 9!),pratiquement une baisse des salaires qui va fragiliser les plus faibles.
Parce que depuis 30 ans on a méprisé l'agriculture,les stocks sont au plus bas et les investissements(aujourd'hui gelés)ont été pendant trop longtemps reportés aux calenques grecques,alors bientôt,parce que la demande baisse moins vite que l'offre,les prix des matières premières vont reprendre le chemin de la hausse et condamner des millions d'hommes et de femmes à travers la planète.
Aujourd'hui,alors que de puissantes forces déflationnistes se déchainent,les prix ne baissent pas(il ne faut pas confondre déflation et désinflation)et les DOM TOM s'enflamment. Imaginez 4 ou 5 ans avec une inflation supérieure à 10%,des prix alimentaires qui doublent...
Bien sûr les politiques,coupables de tout,toujours à la remorque,se défosserons encore une fois en accusant les spéculateurs,l'argent fou ou pourquoi pas la météo.Ils se réuniront,G4,G8,G20,sommets,conférences et,le coeur sur la main,expliqueront qu'il faut réguler.
"Il n'existe que deux choses infinies,l'univers et la bêtise humaine...mais pour l'univers,je n'ai pas de certitude absolue."
Albert Enstein.
Écrit par : Balthazar | 04.03.2009
@ Balthazar,
Faire un copier-coller du même commentaire au lieu de répondre à mes questions n'est pas très constructif...
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 04.03.2009
J'ai moi même beaucoup de mal à comprendre pourquoi mon commentaire apparait dans "cette file".
Mystère de la toile...
Écrit par : Balthazar | 08.03.2009
Le péché originel!
Après la raclée électorale l'heure de se souvenir de l'enthousiasme fanatique qui avait suivie l'élection du télé-évangéliste de Chicago...
Aujourd'hui vous oubliez de dire,d'écrire,pourquoi Obama s'est fait sérieusement corriger.Traditionnellement on considère que les six premiers mois après une élection sont décisives.
Le messie(ou l'imman caché si il est musulman),adulé,en plein état de grâce,a commencé par accorder sa confiance aux branquignoles responsables du désastre,avec en tête Bernanke et Geithner(ne vous en déplaise la FED est bien responsable de la régulation! ),pour ensuite faire les poches des Américains pour sauver les oligarques.
Le hold-up du siècle!Stiglitz ne trouve qu'une seule comparaison,les privatisations russes(à l'époque préconisées par les mêmes...).Depuis Obama est cramé.
Conscient de la catastrophe politique il s'est alors attaqué bille en tête à "Wall Street",mais trop tard et maladroitement,résultat après s'être mis à dos une partie de la population il passe aujourd'hui dans le pays de la libre entreprise pour un président anti-business.
Après la débacle un seul homme est au commande de l'économie(politique et monétaire),un indécrottable incompétent,le Dr Bernanke.
Continuez à lui dresser des louanges et vous mangerez votre chapeau comme après le scandale du sauvetage des banques(en réalité on attends toujours votre examen de conscience),parce qu'évidemment cette imbécile est en train de prendre une leçon de politique monétaire.En détruisant le dollar et en minant(au sens ou l'entendent les artificiers)le marché obligataire il ne reussit qu'une seule chose,il finit de détruire la classe moyenne en ne rémunérant plus l'épargne et en faisant augmenter le prix des matières premières(in fine les actions s'effondreront et les taux exploseront).
Notez que évidemment quand on ne considère pas les prix de l'alimentaire et de l'énergie les chiffres de l'inflation aux Etats-Unis ne sont inquiétants.
PS:Vous qui êtes un amoureux des politiques hétérodoxes vous devez apprécier que la Banque du Japon ait annoncé qu'elle allait acheter des actions(des dérivés d'indices).
Les mots me manquent.
Écrit par : Balthazar | 07.11.2010
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