09.03.2009

Contre la libéralisation des jeux en ligne

La crise empire, de jour en jour, mais les tenants du néolibéralisme continuent à faire avancer, inlassablement leur agenda de déréglementation. Nouvel exemple en date : la libéralisation des jeux d’argent en ligne, imposée, comme souvent, par Bruxelles.

Faut-il libéraliser les jeux en ligne ?

Les deux principaux arguments des défenseurs de cette libéralisation sont le refus de toute réglementation et le constat que des milliers de Français y jouent déjà.  Le Figaro affirme ainsi que 5% de la population joue déjà en ligne et que 2 milliards d’euros y sont dépensés. D’autres affirment que cette libéralisation, qui sera effective au 1er janvier, permettra de rapporter au gouvernement de l’argent, au moment où il en a besoin, faisant un parallèle avec le projet de légalisation de la marijuana en Californie…

Le problème est que les jeux d’argent ne sont pas une activité comme une autre. C’est une activité où les joueurs sont sûrs de perdre collectivement, laissant une marge bénéficiaire sécurisée à leurs promoteurs. C’est pourquoi cet opium du peuple a souvent été strictement réglementé dans beaucoup de pays, voir confié à des entreprises publiques, pour assurer que le bénéfice de cette activité reste à la collectivité. Pire, l’aspect virtuel d’Internet risque de démultiplier les paris des joueurs, à leur détriment.

Ce que révèle ce débat

Le débat sur la libéralisation des jeux en ligne est un puissant révélateur des lignes de partage entre les néolibéraux et les partisans d’un certain encadrement de la société. Les uns trouveront toujours un argument pour ridiculiser cette volonté d’entraver la liberté individuelle (d’entreprendre ou de jouer) tandis que nous autres soulignons que ces règles sont nécessaires au bon fonctionnement d’une société, un peu comme le code de la route est nécessaire pour la sécurité de tous, même s’il entrave certaines libertés.

L’Europe, comme toujours, pousse à toujours plus de libéralisation, de suppressions des règles qui encadraient nos sociétés, par pur dogmatisme intellectuel, sans jamais invoquer l’intérêt collectif. En effet, comment croire une seconde que l’intérêt général consiste à laisser les gens parier en ligne ? Quel bénéfice en tirera la société ? L’activité du jeu, parce qu’elle peut être addictive et mettre en danger la vie de certaines personnes, doit être encadrée pour veiller à limiter ses effets néfastes.

Les jeux en ligne n’apportent strictement rien à la société, mais peuvent coûter beaucoup à certains. C’est pourquoi le gouvernement a tort de suivre la Commission Européenne et d’autoriser cette activité. À moins qu’en ces temps troublés il ne souhaite nous donner du pain et des jeux…

Source : http://www.lefigaro.fr/societes/2009/03/06/04015-20090306...

Retrouvez un point de vue différent dans « Les bienfaits de la crise » chez mon collègue de Kiwis, H16

Commentaires

@Laurent

De toute façon si l'on suit les néolibéraux jusqu'au bout de leurs délires il faudrait légaliser toute les drogues, la pédophilie et l'esclavage. C'est la loi de l'offre et de la demande s'il y a demande c'est qu'il faut y répondre et si les gens n'en veulent pas ils s'arrêteront eux même car ils sont "libre" de choisir ce qui est évidement totalement faux. On peut tout justifier au non de la liberté individuelle mais c'est oublier que la plupart des gens ne sont pas libre, ils ont des contrainte de peur des croyance des fantasme qui les emprisonnent et les empêche d'agir de façon rationnelle. Le jeux d'argent est typique de ça, c'est une maladie pour beaucoup d'individus, plus qu'un loisir. Ils croient pouvoir se sortir de leur misère, créé de plus par les politiques néolibérale, en jouant c'est plus dégueulasse encore que la prostitution ou le trafique de drogue.

Écrit par : yann | 09.03.2009

Donc, si j'ai bien compris, tu es pour HADOPI ? :-)

Écrit par : Toréador | 09.03.2009

"Les jeux en ligne n’apportent strictement rien à la société, mais peuvent coûter beaucoup à certains"

Ou est donc passé la responsabilité personnelle ? l'Etat doit il donc être derrière chaque faits et gestes pour te dire ce qui est bon pour toi, pour nous et pour la société ?

Je dois avouer que je ne comprends pas trop cet argument. De plus, tu stigmatises l'Europe et les libéraux. Quid de l'Etat ? De ces millions empochés sur les jeux PMU, Loto et autres ? Rien ? Pourquoi ces jeux et pas les jeux en lignes ?

A parler de ce sujet, il faudrait comparer les statistiques GB et FR sur la dépendance aux jeux. Ce pourrait être intéressante je crois...

Bonne Journée à toi en tout cas :-)

Écrit par : Seb de CaRéagit | 09.03.2009

Dire que les libéraux sont pour la pédophilie et l'esclavage, c'est risquer de passer pour un bouffon.

Écrit par : h16 | 09.03.2009

@H16

C'est pourtant la conclusion logique des prémisses libérales, ce qui vous faits dire que que la pédophilie ou l'esclavage sont anormales c'est la moral usuelle de la civilisation classique.

Et je vous signales que l'esclavage avait pour fond de commerce la libre circulation des marchandises. Les Sudistes américains étaient de fervents libéraux adeptes du commerce libre et non faussé. Donc en fait c'est plutôt en défendant le libéralisme économique tout en se pavanant derrière une pseudo-morale chrétienne à deux balles qu'on est un bouffon. Je pense ici à certains membre de blog de droite et libéraux qui ne cesse de mélanger moral chrétienne et libéralisme économique qui sont pourtant en totale contradiction pratique.

Écrit par : yann | 09.03.2009

@ Yann: Tu dis n'importe quoi. J'imagine le monde que tu préconises. Les "néo libéraux" (comme vous dites) tous pendus par les tripes et l'Etat derrière chacun des citoyens, lui disant "non mon grand, c'est pas bien pour toi car tu crois en cela et donc si tu fais cela tu pourrais devenir dépend"

"L'escalave avait pour fond de commerce la libre circulation des marchandises"

Mais tu sais bien que nous sommes assez cons pour préconiser la libre circulation des êtres humaines aussi. Vive le traffic d'enfants, d'hommes de femmes et même pourquoi pas d'organes tient, tant qu'on peut gagner des dollars nous on signe...

Non vraiment...

Écrit par : Seb de CaRéagit | 09.03.2009

Tout ceci n'est que la conclusion logique qu'on peut tirer des idioties qu'on lit à droite ou à gauche quand on ne veut pas faire l'effort d'aller lire vraiment de quoi il retourne.

Pour le reste, c'est tellement n'importe quoi qu'on en rirait presque.

Écrit par : h16 | 09.03.2009

@laurent

Sur ce sujet, tu vas te faire lyncher par les partisans de la liberté absolue, ceux qui pensent que tout est de la responsabilité de l'individu, et que la société n'a pas à s'en mêler. J'ai eu cett expérience sur la pornographie, qui est un sujet un peu différent mais pas si éloigné, finalement.

Sur ce sujet précis, je suis à 100% d'accord avec toi. Impossible d'interdire les jeux, mais les libéraliser, quand avec internet, c'est si facile de tomber dans le vice et dans le panneau... Au fond, on le fait pour l'argent que ça va rapporter, pas pour autre chose.

@yann

Tu oublies l'inceste, aussi... ;)

@Seb

"Ou est donc passé la responsabilité personnelle ?"

La société doit veille rà ce que le sgens ne se perdent pas d'uex-mêmes... Exemple : la ceinture de sécurité. On t'oblige à la porter, pour toi, et parce que si tu meurs, cela coûtera à la société. De même si tu es surendetté, on va devoir tous casquer pour éponger tes dettes.

Écrit par : le chafouin | 09.03.2009

Je ne comprends pas trop l'argument "Impossible d'interdire les jeux, mais les libéraliser, quand avec internet, c'est si facile de tomber dans le vice et dans le panneau...".

En effet, comme sur internet, il existe *déjà* des jeux d'argent, légaux ou pas, et que toute la population (que certains jugent manifestement pas assez adulte, irresponsable ou que sais-je) n'a pas déjà sombré dans la misère et l'addiction, je ne vois pas trop où tu veux en venir... La situation après mini-libéralisation ne va rien changer.

Utiliser l'argument "L'ouvrier va jouer sa paye ou la boire", c'est vieux comme le monde, ça aide bien les collectivistes de tous crins et... c'est toujours aussi faux.

Écrit par : h16 | 09.03.2009

@ Seb

Oui, il y a bien sûr une responsabilité individuelle et il ne faut pas l'oublier, mais je crois qu'entre faire tout reposer sur la responsabilité individuelle et tout faire reposer sur la société, il y a une juste mesure. Dans le cas des jeux d'argent, je crois que cela n'apporte rien et que donc la société peut les réglementer de manière stricte.

Et c'est parce que les jeux sont une activité qui n'apporte rien à la société que je crois qu'il vaut mieux la confier à l'Etat et que les bénéfices reviennent par conséquent à la collectivité.

Quand tu parles des trafics d'organes, tu ne crois pas si bien dire. The Economist, la bible des néolibéraux et des libéraux a fait une tribune pour légaliser le commerce des reins humains (ce n'est pas une blague...) arguant que cela permettrait de faire rentrer ces pratiques dans un circuit légal et plus sécurisé !!!

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 09.03.2009

Pendant ce temps, le massacre sur les marchés financiers et parmi les entreprises du secteur financier se poursuit. Le débat sur la « nationalisation » des banques est à la limite surréaliste, puisque le gouvernement américain a déjà engagé pour le système financier 9 000 milliards de dollars sous la forme de garanties, d’investissements, de recapitalisation et de liquidités (et qu’il a déjà dépensé la somme stupéfiante de 2000 milliards de dollars sur ce montant).

Le système financier américain est donc « de facto » nationalisé, depuis que la Réserve Fédérale est devenu le prêteur de premier et de seul recours, plutôt que celui de dernier recours, et depuis que le Trésor américain est devenu le client et le garant de premier et de seul recours.

La seule question est de savoir si les banques américaines et les institutions financières devraient être nationalisées également « de jure ».

Mais même dans ce cas, le distinguo se résume à : nationalisation partielle, ou entière ? Avec 36% de participation (et bientôt plus) dans la banque Citi, le gouvernement américain en est déjà le principal actionnaire.

Quel est donc ce non-sens de ne pas nationaliser les banques ? Citi est déjà partiellement nationalisée de fait, la seule question est de savoir si elle doit l’être entièrement.

Idem pour l’assureur AIG, qui a perdu 62 milliards de dollars au quatrième trimestre 2008, et 99 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2008. L'assureur AIG appartient déjà à 80% à l’Etat. Avec des pertes aussi sidérantes, l'assureur AIG devrait être détenu officiellement à 100%. Jusqu’à aujourd’hui, les fonds engagés par la Fed et par le Trésor public pour renflouer les actionnaires et les créanciers d’AIG sont passés de 80 milliards de dollars à 162 milliards.

Étant donné que les détenteurs d’actions ordinaires d’AIG sont déjà ruinés (le cours de l’action ne vaut plus rien), le sauvetage d’AIG se transforme en un renflouement de ses créanciers qui sans lui seraient aujourd’hui en faillite. AIG a vendu plus de 500 milliards de contrats toxiques, qui sont des garanties sur les défaillances de crédits (CDS). Les souscripteurs des ces contrats sont les principales banques américaines.

La presse et les analyses produites par les banques suggèrent que Goldman Sachs a obtenu environ 25 milliards de dollars sur les sommes allouées par le gouvernement pour le renflouement d’AIG, et que Merrill Lynch a été le deuxième plus grand bienfaiteur des ces largesses. Il ne peut s’agir là que d’estimations puisque le gouvernement tente de dissimuler quels sont les bénéficiaires du renflouement d’AIG. (L’agence Bloomberg devrait peut-être poursuivre la Fed et le Trésor pour les contraindre à divulguer ces informations.)

Mais certains éléments sont pourtant connus : Lloyd Blankfein (de la banque Goldman Sachs) était le seul dirigeant d’une firme de Wall Street à être présent à la réunion de la Fed de New York lorsque le renflouement d’AIG a été discuté.

Cessons donc de jouer : les 162 milliards de dollars du renflouement d’AIG sont un renflouement sans transparence, opaque et sombre des clients d’AIG : Goldman Sachs, Merrill Lynch et d’autres banques nationales et étrangères.

Lorsque le Trésor s’abrite derrière l’excuse du « risque systémique » pour engouffrer encore 30 milliards de dollars dans AIG, c’est là une façon polie de dire que sans un tel renflouement (et sans une autre demi-douzaine de programmes gouvernementaux de sauvetage , tels que les TAF, TSLF, PDCF, TARP , TALF, sans oublier un programme qui a octroyé 170 milliards de dollars supplémentaires de crédit pour les banques, avec une pleine garantie des pouvoirs publics), Goldman Sachs et toutes les autres grandes banques américaines seraient aujourd’hui complètement insolvables.

Même avec les 2 000 milliards de dollars alloués par le gouvernement, la plupart de ces firmes financières sont insolvables. Avec les défauts de paiements sur les crédits qui augmentent - et étant donné les perspectives macroéconomiques -, cela signifie que les pertes prévisibles sur les crédits subies par les entreprises financières américaines atteindront les 3 600 milliards de dollars. Pour le dire simplement, le système financier américain est effectivement insolvable.

Nouriel Roubini, 5 mars 2009.

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2575

Écrit par : BA | 10.03.2009

@ BA

Très bon papier, qui montre bien la situation désastreuse du système financier Américain (qui contraste avec la situation de notre système financier...).

Sur le principe, je ne suis absolument pas contre la nationalisation des banques en situation de faillite.

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 10.03.2009

Tout à fait d'accord avec ce billet.

Les libéraux (ultra) sont bien incapables de dire pourquoi le commerce des reins c'est pas bien et les jeux en ligne c'est une activité dont la libéralisation est tolérable.

Écrit par : edgar | 10.03.2009

t'as rien compris. c'est complètement débile ce que tu racontes.

Écrit par : r | 27.03.2009

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