02.04.2009

Dominique de Villepin sonne la charge contre Nicolas Sarkozy

L’ancien Premier Ministre participait à une réunion à l’Assemblée Nationale sur l’OTAN hier après un passage par l’émission Ripostes dimanche. Depuis maintenant 18 mois, il continue d’être un des premiers opposants de Nicolas Sarkozy, plus encore qu’un PS trop occupé à se regarder le nombril.

Une critique du fond

La critique de l’action du président est sévère et multiple. Depuis des mois, Dominique de Villepin réitère sa critique de l’éparpillement de l’action présidentielle. Il dénonce les débats inutiles que provoque le président, sur la laïcité ou la réforme des Institutions. Mais la critique de l’ancien Premier Ministre ne s’arrête pas à des problèmes de priorité. Il dénonce notamment le retour au sein du commandement militaire intégré de l’OTAN et exprime sa crainte de voir « banaliser notre diplomatie, rétrécir notre pays ».

Hier, il a longuement développé sa vision des relations internationales et de la place de la diplomatie Française. Il a attaqué « le risque d’un amoindrissement de la voix de la France » passée « d’un camp qui était celui du monde au camp de l’Occident ». Il s’est justement demandé « en quoi un monde multipolaire justifie-t-il que la France revienne d’où elle est partie » et a dénoncé une triple rupture, de « l’héritage gaulliste », « d’un consensus national » et « d’un consensus de la communauté internationale ».

Celui qui a mis en place le bouclier fiscal recommande de le « ramener à ce qu’il était précédemment », à savoir 60% au lieu de 39% aujourd’hui, quand on y inclut la CSG et le CRDS. Il faut dire que comme Marianne le soulignait la semaine dernière, plus de 400 millions d’euros sur les 458 de coût total du bouclier fiscal (soit près de 90%) vont à seulement 2 175 redevables (pour près de 200 000 euros de remboursement chacun), qui ont tous un patrimoine supérieur à 7 millions d’euros…

Une critique de la forme

Dominique de Villepin critique également la forme de la présidence de Nicolas Sarkozy. Dimanche, répliquant à la nouvelle et navrante saillie présidentielle devant les parlementaires UMP, il a répliqué que « le chef de l’Etat doit faire preuve non de banane, mais de sagesse. On n’attend pas de lui qu’il soit sur vitaminé, mais qu’il soit sage  ». Et hier, il a ironisé sur le fait que Nicolas Sarkozy insiste pour être à la table de discussion sur l’OTAN tout en menaçant de quitter celle du G20.

Il a également dénoncé le déséquilibre de sa pratique institutionnelle : « on perçoit un grand désarroi des ministres, qui ont le sentiment de ne plus savoir dans quel sens ils doivent aller. (…) On a le sentiment que le président et le gouvernement passent plus de temps à se parler et à se disputer qu’à répondre aux besoins des Français. Le discours de Saint Quentin, c’était l’UMP parle à l’UMP. Quand c’est le président qui parle à l’UMP, il y a un problème de démocratie, de crédibilité de la parole publique ».

Alors que Pierre Moscovici cette semaine dans Marianne parle du PS et oublie les Français, il faut curieusement chercher auprès de François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan (présent hier) ou auprès de l’ancien Premier Ministre UMP pour entendre une critique bien construite de l’action du président.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/03/30/domini...

http://www.lefigaro.fr/politique/2009/04/02/01002-2009040...

Marianne 21 mars

Commentaires

Comme d’habitude, le G20 a conclu sa réunion par un hymne au libre-échangisme mondial.

Comme d’habitude les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont approuvé cette déclaration de guerre au protectionnisme.

Comme d’habitude, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi et Gordon Brown ont approuvé cette déclaration de guerre au protectionnisme.

Résister au protectionnisme ; promouvoir le commerce mondial et l'investissement.

Texte original :

Resisting protectionism and promoting global trade and investment.

22. World trade growth has underpinned rising prosperity for half a century. But it is now falling for the first time in 25 years. Falling demand is exacerbated by growing protectionist pressures and a withdrawal of trade credit. Reinvigorating world trade and investment is essential for restoring global growth. We will not repeat the historic mistakes of protectionism of previous eras. To this end :
- we reaffirm the commitment made in Washington: to refrain from raising new barriers to investment or to trade in goods and services, imposing new export restrictions, or implementing World Trade Organisation (WTO) inconsistent measures to stimulate exports. In addition we will rectify promptly any such measures. We extend this pledge to the end of 2010;
- we will minimise any negative impact on trade and investment of our domestic policy actions including fiscal policy and action in support of the financial sector. We will not retreat into financial protectionism, particularly measures that constrain worldwide capital flows, especially to developing countries;
- we will notify promptly the WTO of any such measures and we call on the WTO, together with other international bodies, within their respective mandates, to monitor and report publicly on our adherence to these undertakings on a quarterly basis;
- we will take, at the same time, whatever steps we can to promote and facilitate trade and investment; and
- we will ensure availability of at least $250 billion over the next two years to support trade finance through our export credit and investment agencies and through the MDBs. We also ask our regulators to make use of available flexibility in capital requirements for trade finance.


http://www.londonsummit.gov.uk/en/media-centre/latest-news/?view=News&id=15766937

Écrit par : BA | 03.04.2009

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