24.04.2009

Après le G20 (1/2) : l’opportunité allemande et italienne

Le G20 a malheureusement montré que les dirigeants de la planète n’étaient prêts qu’à sauver le système mais pas le changer, comme le montrent les gesticulations ridicules sur les paradis fiscaux ou la titrisation. Sera-t-il seulement possible de le changer un jour ? Et surtout, comment ?

Le besoin d’une autre Europe…

Beaucoup se désespèrent de la capacité des partisans d’un autre ordre économique de parvenir à leur fin, comme si la France était le seul pays qui avait une vraie volonté de refonder en profondeur le capitalisme. Certains craignent que nos débats sur la réforme du système économique soit trop franco-français ou une perte de temps parce qu’il ne serait pas possible de changer quoique ce soit en Europe. Cela peut pousser soit à la résignation, soit à une volonté de quitter l’UE.

Pourtant, l’Europe est l’outil qui peut permettre à la France de peser sur le cours des choses. Comment imaginer qu’il sera plus facile de réformer le capitalisme depuis Paris après avoir coupé avec le projet européen ? La France a besoin de convaincre une partie de ses partenaires européens et de les entraîner avec elle dans la voie d’une refondation radicale. L’Europe a un poids économique qui nous permet de changer le cours des choses si nous le souhaitons.

Alors, bien sûr, ce n’est pas l’Europe de la Commission Européenne ou de la BCE qui pourra être d’une quelconque utilité dans la réforme de l’économie. Il faudra sans doute passer sur son corps ce qui sera difficile. Pourtant, la crise actuelle peut provoquer une réaction chez certains de nos voisins, réaction qui pourrait changer radicalement le paysage européen. En fait, une opportunité se présente avec les deux autres grandes puissances de l’euro, l’Allemagne et l’Italie.

L’espoir Allemand et Italien

L’Allemagne doit être le partenaire naturel de la réforme économique dont nous avons besoin. Bien sûr, le modèle économique allemand actuel embrasse complètement les dogmes néolibéraux. Mais ce modèle ne fonctionne pas. L’Allemagne souffre d’une croissance anémique depuis 10 ans. Et surtout, les réformes menées ont fait exploser un modèle social où l’essentiel de la population se sentait membre de la classe moyenne pour faire place à une société à l’anglo-saxonne.

Et ce modèle, avec des riches toujours plus riches et un déclassement social des classes moyennes et populaires pose de plus en plus problème. Il trouve aujourd’hui un écho politique avec Die Linke. Parce que l’ultralibéralisme casse le modèle du capitalisme rhénan, il est fort possible que l’Allemagne finisse par se rebeller contre un système dont elle comprend de plus en plus les limites puisqu’il impose l’austérité en période de croissance tout en exacerbant les difficultés en période de récession…

L’Italie représente également un allié politique potentiel. La péninsule est dans une situation d’anémie économique encore plus criante que l’Allemagne puisqu’il s’agit d’un des seuls pays dont le PIB a reculé en 2008, après dix années de stagnation économique. Comment ne pas imaginer que l’Italie s’ouvre à des solutions plus hétérodoxes pour se sauver ? Demain, l’alliance de la France, l’Allemagne et l’Italie peut renverser les conservatismes et permettre un changement de direction.

Parce que les modèles économiques de la France, l’Allemagne et l’Italie n’ont rien à voir avec le néolibéralisme et que nos pays souffrent de ses excès, une alliance est possible pour renverser l’ordre économique de Bruxelles. Ce ne sera pas facile, mais à 3 pays, nous pouvons changer l’Europe.

Commentaires

France et Allemagne ce serait déja très bien: il faut d'abord que l'Italie résolve ses problèmes internes de corruption, de mafia et d'accès au médias pour les partis d'opposition (gauche et droite non-berlusconienne).

Écrit par : Nam | 24.04.2009

Je ( nous ) regrettons la mainmise pour ne pas dire l'arrogance a laquelle nous neous habituons pas des sois disants grands pays.Des pays comme la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, Dannemark qui sont pour certains fondateur, ont bien des leçons a donner et pas seulement recevoir par des voisins soi disants plus grand, en taille peut être .

Écrit par : Albert Lijnen | 26.04.2009

Bonsoir,
A Albert Lijnen,

La Belgique,le Luxembourg,les Pays-Bas et le Danemark n'ont rien fondé du tout!Les piliers historiques de la construction européenne sont l'Allemagne et la France.
Ceci dit je ne comprends pas bien de quoi vous vous plaignez,nos politicards vous ont(Belge,Luxembourgeois?) livré le pays.
Aujourd'hui le Luxembourg(qui n'a rien d'autre à proposer que des boites aux lettres)et ses 500 000 habitants pèsent aussi lourd que 70 millions de Français...Délirante baudruche européenne!
Mais notez que je,nous supportons de plus en plus mal les injonctions de Mr Junker...
Enfin il est difficile de nier qu'il y a dans le monde(pour le meilleur et pour le pire)des pays plus "grands" que d'autres.

A Laurent,
L'opportunité allemande?
La France devrait plutôt s'appuyer sur l'Europe latine pour faire plier l'Allemagne(l'Italie,l'Espagne,qui a très mal digéré l'indépendance de la province serbe du Kosovo,le Portugal,la Grèce et dans une certaine mesure l'Irlande).
Mais enfin ce sont de doux rêves,il n'y a évidemment rien à attendre du mari de la chanteuse(ni de la présidence italienne),ou alors le pire.

Écrit par : Balthazar | 26.04.2009

Je signale au 3 pays avaient fondes le Benelux, qui a servi d'exemple a la construction européenne.Quand a L'Allemagne et la Frances grands amis aujourd'hui heureusement car ça n'a pas toujours été me cas.Sachez que j'ai la plus grande estime pour votre pays ainsi que l'Allemagne ( moins l'Italie ) et encore plu pour le General, toutefois si le Grand-Duché sert de boîte aux lettres celle-ci sont pour la plupart française, et notre pays dont nous sommes aussi fier que vous l'êtes du votre est né sur la deconfiture napoléonienne a Waterloo, et créer par l'Angleterre, notre indépendance seule face aux Pays-Bas.Sachez encore que de nombreux français, et nous les acceuillons avec plaisir, viennent vivre ( tout près de Waterloo ) fuyant un régime fiscal et social qu'ils ont du mal a supporter en France.

Écrit par : Albert Lijnen | 27.04.2009

Comme ce qui avait été fait pour la monnaie à la fin des années 70, on pourrait commencer, France et Allemagne (car ce sont les deux plus gros: le Benelux est intérressant aussi mais fait passer de 2 à 5 pays pour seulement quelques millions d'habitants en plus...), à faire un serpent "fiscal et social" pour commencer à développer des politiques communes sur de vrais sujets.

Écrit par : Namur | 27.04.2009

Encore une fois je ne vois pas d'un mauvais oeil l'alliance France , Allemagne, toutefois je tiens à signaler que le Benelux représente toutefois 23 millions d'habitants, (ce n'est pas un village), 930.000.000.000 de PIB et 33.500 par habitant ce qui le classe loin devant la France ou un recul de 3% est attendu.Je sais que votre président s'amuse à insulter le leur mais l'Espagne n'est pas vraiment un petit pays non plus. Sans parler de l'Angleterre qui n'est pas non plus des plus eurpéens convaincu, je suis d'accord.Grand comme petits pays ont des personalités importantes. L'idée de repartir sur les bases des pays fondateur vient également de Guy Verhoofstadt (ancien premier ministre ) qui le proposait en 2006.N'oublions pas non plus le travail de construction pour l'Europe dans le passé de P.H Spaak.

Écrit par : albert lijnen | 27.04.2009

@ Albert,

Bien sûr, je crois que le Benelux aurait vocation à rejoindre le mouvement, mais le moteur ne pourra être que franco-allemand. Si un des deux manque, alors il sera très difficile de faire quoique ce soit. L'idée est de construire des alliances plus restreintes mais capables de s'entendre sur des mesures fortes plutôt que de recourir à un accord à 27 qui ne changera pas grand chose. Après, toutes les bonnes volontés seront les bienvenues !

@ Namur

Complètement d'accord

@ Nam & Balthazar

La priorité, c'est le couple franco-allemand, mais je crois que cela ne suffira pas. Il faut également entraîner l'Europe du Sud pour présenter un front uni au niveau de l'Europe continentale.

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 27.04.2009

A Albert Lijne,
Bonsoir,d'abord je tiens à vous remercier de faire l'effort de me répondre dans la langue de Molière.
J'espère qu'il ne vous a pas échappé que ce blog était un repère de gaullistes?
De Gaulle détestait parler des "Européens",parce qu'ils n'existent pas!Il y a des Espagnols,des Allemands,des Anglais,des Finlandais...etc...
Le Benelux?Ce n'est ni un Etat,ni une nation,c'est une vue de l'esprit sans aucune conscience politique.Si la Belgique sous nos yeux se désintègre(c'est un Etat mais pas une nation),que peut représenter le Benelux...
Comprenez moi bien je ne méprise pas les "Belges" ou les Luxembourgeois,au contraire je considère qu'ils sont...Français!Je souhaite qu'ils rejoignent la République.Evidemment je n'envisage pas le coup de force, l'annexion,c'est aux Wallons de se déterminer.

"Je sais bien qu'après la Libération il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France.Mais justement,j'estimais qu'il ne m'apartenait pas de claquer des doigts.Il aurait fallu que les Wallons ou leurs représentants légitimes prennent l'initiative."De Gaulle,juillet 1967.

Très justement vous écrivez que l'Angleterre est à l'origine de la naissance du Luxembourg,et la Belgique a(aussi)été inventée par les Anglais pour nous embêter"(De Gaulle)...
Enfin et j'en termine,même si nous partageons avec les Allemands une histoire particulièrement douloureuse,nos ennemis héréditaires sont bien(depuis près de 10 siècles!)les Anglais.Et aujourd'hui,avec constance et détermination,ils sabotent avec un succès certains l'Union de l'Europe.

Écrit par : Balthazar | 01.05.2009

Écrire un commentaire