27.04.2009
Néolibéralisme : la parabole du code de la route
Il était une fois une période que l’on appelait les Trente Glorieuses. Le progrès économique était partagé par tous, chacun pouvait espérer que la condition de ses enfants soit meilleure que la sienne. Le capitalisme encadré par l’Etat fonctionnait globalement pour le bien de tous.
Un code de la route obsolète
La route des Trente Glorieuses comportait de nombreux feux rouges, ronds points, stops et autres règles qu’il convenait de respecter. L’Etat se chargeait de sanctionner tout contrevenant. Mais un jour, la multiplication des règles finit par devenir pesante et certains demandèrent l’abrogation de ces règles. Leur argument était simple : en supprimant tous les ronds-points, feux rouges, stops et autres laisser passer, il serait possible d’accroître la vitesse de passage et l’efficacité du système de transport.
Les partisans de l’abrogation des règles affirmaient que chaque individu était capable d’estimer quel était son meilleur intérêt et qu’à un croisement, une « main invisible » miraculeuse permettrait à chacun de s’insérer dans le trafic de manière harmonieuse et efficace pour tout le monde. Leur calcul mathématique montrait qu’en évitant tout arrêt, il était possible de largement augmenter le trafic pour un même réseau, assurant ainsi d’une meilleure efficacité pour le bénéfice de tous.
Les partisans de la fin du code de la route parvinrent à faire passer leur argument en s’appuyant sur des arguments simples mais percutants. Ils mirent en avant le temps perdu à des feux rouges inutiles où personne ne passe en face… En outre, ils soulignèrent que ce code de la route imposait des forces de police qui pourraient être occupées à des activités plus utiles.
Le code de la jungle
La suppression des règles fut progressive, pour permettre une familiarisation de la population. Les feux rouges devinrent de simples laissez-passer avec priorité et petit à petit, la notion de priorité fut retirée des endroits avec une bonne visibilité. Assez naturellement, une nouvelle règle se mit en place : le plus gros et le plus rapide avait la priorité sur le plus petit, qui laissait toujours passer plus fort que lui. Dès lors, les gros devinrent de plus en plus gros pour profiter de cette priorité.
En fait, plus on était gros et forts, plus on pouvait imposer sa volonté sur des petits qui ne pouvaient pas se risquer à passer, de peur d’être tout simplement écrasés par un plus gros qui n’aurait pas fait attention. Pire, les plus gros étaient devenus tellement gros qu’en cas de pannes ou d’accidents, ils bloquaient totalement le passage, imposant progressivement aux petits de les aider pour se sortir de l’ornière à moins de rester bloqués derrière eux sans pouvoir avancer.
Après de nombreux accidents consécutifs à la vitesse excessive des plus gros camions (les 900 tonnes), qui avaient fini par bloquer de plus en plus souvent les routes, les hommes finirent par constater que le « laissez faire » et le laissez passer » provoquait de grandes injustices et des crises violentes comme le disait un Général prophétique. C’est pourquoi ils finirent par décider de revenir à leur ancien code de la route, qui s’il était un peu frustrant parfois, garantissait à tous un droit de circuler plus juste et sécurisant.
La morale de l’histoire
La déréglementation économique que nous vivons depuis 30 ans, c’est un peu comme si nous avions renoncé à tout code de la route économique en pensant que l’absence de règles n’empêcherait pas la création spontané d’un équilibre qui pourrait être profitable à tout le monde. La crise actuelle montre bien qu’un tel équilibre n’est pas possible, que seule une minorité profite de l’absence de règles et que l’absence de cadre économique provoque des crises de plus en plus violentes.
L’alternative n’est pas un système uniforme niant toute liberté. L’économie a juste besoin de retrouver un code de la route pour ne pas sombrer dans la loi de la jungle. Et chaque individu y restera libre d’y choisir son véhicule, son rythme et sa route, mais en respectant le code de la route et les normes en vigueur.
10:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : néolibéralisme, code de la route




Commentaires
N'importe quoi.
Écrit par : h16 | 27.04.2009
Si on suit la progression explosive de la production de textes réglementaires aux Etats-Unis comme en Europe, si on suit la progression tout aussi spectaculaire de la pression fiscale et des dettes publiques, il me semble que ces 30 dernières années ont au contraire vu une intervention de plus en plus musclée des gouvernements occidentaux dans la sphère économique.
Quelques exemples au hasard : l'obligation faite aux banques de prêter aux ménages peu solvables afin de favoriser "l'accession sociale à la propriété" (le fameux Community Reinvestment Act), les milliers de pages de la loi Sarbanes-Oxley, les normes comptables tout aussi touffues, les multiples règlementations bancaires (ratios de liquidité, normes prudentielles, etc.).
Mais voilà, législateurs et superviseurs n'ont rien vu, pas plus que la Federal Reserve bank qui faisait tourner la planche à billets à plein régime pour gonfler la bulle de l'immobilier. Et ce sont eux qui veulent davantage de pouvoirs pour compenser leur immense incompétence ? Pas rassurant pour l'avenir...
Le plus étonnant, c'est que le secteur le moins réglementé est celui qui s'est le mieux régulé : celui des hedge funds. Et pour vous donner une idée de ce qui nous attend : l'escroquerie Madoff est une miniature de ce qui attend les Français qu'on fait cotiser de force pour leur retraite...par répartition.
Je vous recommande de vous cultiver dans le domaine économique pour que le débat soit un peu sérieux.
Écrit par : Aurelien | 27.04.2009
@ H16
Je ne pensais pas que ce texte te plairait...
@ Aurélien
Lisez la rubrique livres et vous verrez que je me renseigne un petit peu en économie... Mieux, et cela surprendra H16, je suis abonné depuis 10 ans à The Economist !
Pour revenir sur le fond :
- sur la monnaie : il y a quarante ans, les parités monétaires étaient essentiellement fixées par les Etats entre eux. Aujourd'hui, c'est le marché qui fixe seul la plupart des parités.
- sur la finance : il y a quarante, il y avait des contrôles aux mouvements des capitaux entre les frontières, aux Etats-Unis, une séparation stricte entre les banques d'affaires et de détail. Aujourd'hui, les capitaux se déplacent librement, une partie des réglementations mises en place sous Roosevelt ont été supprimées. Les banques ont trouvé des moyens d'échapper aux réglementations en place (titrisation, hors bilan)
- sur le commerce : les barrières douanières ont été considérablement abaissées depuis 40 ans
On peut également ajouter que l'imposition sur les hauts revenus (et sur les bénéfices des sociétés) ont largement baissé. A la fin des années 70, le taux marginal d'imposition sur les revenus était de 70% aux Etats-Unis, il est aujourd'hui inférieur à 40%. En France, il était de 56,8% (et brièvement à 65%), il est aujourd'hui à 40%.
L'obligation faite par les régulateurs de prêter aux ménages insolvables ? Bonne blague : je vous conseille de lire Paul Jorion pour connaître tous les détails des subprimes. Ce sont bien les banques privées qui ont proposé des emprunts aberrants : la Caroline du Nord avait d'ailleurs interdit les pratiques les plus excessives dès 1999.
Quand aux retraites, ceux qui ont souscrit une retraite par capitalisation le subissent douloureusement...
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 27.04.2009
Puisque l'auteur donne sa version personnelle du code de la route "libéral" essayons de lui faire comprendre ce que serait un vrai code de la route libéral, ou plutôt libertarien.
Un code de la route libertarien permettrait en effet de rouler à la vitesse de son choix. En revanche, ce que vous oubliez complètement de dire c'est que dans l'optique libérale, celui qui tuerait quelqu'un au volant d'un véhicule serait traité exactement comme celui qui presse la gachette d'une arme. Quinze à 20 ans de prison ferme. Suivant le principe : liberté - responsabilité
Le code de la route tel qu'il est rédigé est en fait un permis de tuer. Si vous respectez le code de la route, vous avez le droit de tuer quelqu'un. Vous n'irez pas en prison. Vous aurez quelques ennuis mineurs avec la justice, et encore. C'est ce permis de tuer qui rend nécessaire la profusion de règles et de panneaux qui cherche à minimiser le nombre de victimes.
Je vous signale également que quelques villes aux Pays Bas ont expérimenté un système de suppression totale des panneaux routiers et des marquages au sol. Plus de passage piéton, plus de ligne tracées au sol, plus de panneaux.
Les accidents ont baissé de 30%.
Merci pour ce bel exemple.
Écrit par : alcodu | 27.04.2009
@ Alcodu
Le problème est justement que la liberté n'implique pas aujourd'hui la responsabilité, selon qui l'on est... C'est ainsi que même The Economist s'interroge sur la "collectivisation des pertes et la privatisation des profits". Les pertes des gros sont épongées alors que les petits (les ménages qui ne peuvent plus rembourser leurs emprunts) voient leur maison saisie.
Le système actuel pousse à une déresponsabilisation maximale des banques et du système financier qui finit par savoir que s'il est en difficultés, les taux seront baissés et l'Etat finira par les recapitaliser, quitte à les nationaliser pour un moment, ce que j'illustrais dans ma parabole par les accidents des camions que les petits doivent aider....
Le système actuel créé de telles distorsions qu'il protège la responsabilité des puissants, ce qui est injuste.
Sur l'expérience des Pays-Bas, je demande à voir. Avec une bonne méthodologie, un bon choix de ville et quelques ajustements techniques, on peut presque toujours arriver au résultat que l'on souhaite. Mais je trouve très intéressant que vous alliez jusqu'au bout de votre logique. En un sens, vous confirmez ce que je dis. Merci !
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 27.04.2009
L'Elysée envisage de nationaliser les banques.
Si la situation des banques se dégrade encore, l’Etat pourrait être contraint à des nationalisations.
L’Elysée explore toutes les pistes pour assainir la situation des banques françaises. Si la crise financière se prolonge, comme cela semble être le cas aux Etats-Unis, l’année 2009 pourrait se traduire à nouveau par de très mauvaises surprises avec de nouvelles dépréciations d’actifs, des pertes, et pour finir des problèmes de solvabilité.
Pour faire face à un tel scénario, l’Elysée étudie la possibilité de lancer un grand emprunt afin de financer des nationalisations temporaires qui permettraient d’isoler les actifs toxiques et de les cantonner dans une structure ad hoc. La Caisse des dépôts pourrait aussi être appelée en renfort.
Cela constituerait un changement de cap radical pour Nicolas Sarkozy qui s’est montré jusqu’à aujourd'hui toujours opposé à la constitution d’une «bad bank» (mauvaise banque regroupant les actifs compromis), beaucoup trop onéreuse à son goût pour les contribuables.
Si BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole SA ont terminé l’année 2008 sur des résultats positifs, les prévisions très pessimistes du Fonds monétaire international (FMI) sur la facture de la crise financière évaluée à 1.193 milliards d’euros en Europe ravivent les inquiétudes.
Quant aux Banques Populaires et aux Caisses d’épargne, engluées dans les graves difficultés de leur banque de gros Natixis, elles ont été contraintes à la fusion de leurs organes centraux, l’Etat devenant actionnaire à 15% ou 20% du futur ensemble après un apport de 5 milliards d’euros. Les deux réseaux sont dans l’incapacité de renflouer Natixis, qui a perdu l’année dernière 2,8 milliards d’euros, alors que le déficit du Groupe Banque Populaire a atteint 468 millions et celui du Groupe Caisses d’épargne 2 milliards.
Le traitement du dossier Natixis servira de test au gouvernement. Parmi les possibilités à l'étude, il y a celle d'un retrait de la cote et d'un démantèlement de la banque en cédant les actifs sains comme la Coface ou la gestion d’actifs et en mettant un coup d’arrêt à certaines activités. Mais il faudrait gérer les 30 milliards d’actifs toxiques qui figurent au bilan de Natixis et comment faire pour isoler une telle somme si ce n’est en créant une structure ad hoc financée par un grand emprunt ?
Reste à savoir si le scénario du pire étudié à l’Elysée deviendra réalité. Le gouvernement n'en arrivera à cette extrémité que contraint et forcé tant le coût financier, économique et politique pourrait être élevé.
En tout cas, l’idée de nationalisations des banques en Europe comme aux Etats-Unis fait son chemin comme arme ultime pour enrayer une crise financière dont personne ne voit encore l'issue. Dans son «Rapport sur la stabilité financière dans le monde» publié la semaine dernière, le Fonds monétaire international estime qu’il faudra injecter entre 325 milliards et 725 milliards de dollars dans le capital des banques de la zone euro pour les sauver. Il souligne que dans tous les pays, une prise de contrôle provisoire par l’Etat par l'acquisition d'actions ordinaires pour renforcer la solvabilité des banques peut être nécessaire.
Dominique Mariette.
http://www.slate.fr/story/4463/elysee-banques-nationalisations-france
Écrit par : BA | 27.04.2009
Le système actuel pousse à une déresponsabilisation maximale des banques et du système financier [...] que les petits doivent aider....
Renseignez vous un peu sur ce que recommandent les libéraux avant d'écrire de telles sornettes.
Les libéraux ne veulent AUCUNE intervention de l'Etat dans les entreprises.
Les aides aux entreprises, les nationalisations, les monopoles, les passe-droit, le clientélisme, l'interventionnisme, le dirigisme, le patriotisme économique, sont les caractéristiques de la société socialo-gaulliste qui nous pourrit la vie depuis 50 ans.
On en a raz le bol de cette classe politique qui a le culot d'imputer le décrochage de notre pays au "libéralisme" alors que nous vivons dans le pays le plus grotesquement dirigiste d'Europe.
Écrit par : alcodu | 27.04.2009
Le secteur bancaire est le secteur le plus contrôlé du monde juste après ... l'immobilier. Ce ne sont pas moins de 70 000 pages de réglementation qui étaient publiées par l'autorité bancaire américaine chaque année !
Ce sont des directives imbéciles qui ont OBLIGE les banques américaines à émettre des prêts "subprimes".
L'Etat américain a volontairement inhibé les mécanismes régulateurs du marché avec ses deux agences Fannie Mae et Freddie Mac.
Dans un marché libre on ne prête qu'aux personnes solvables et les organismes qui prennent trop de risques voient leurs valeur se déprécier et leur clients fuir.
Les étatistes ne peuvent évidemment pas avouer que l'hyper régulation du marché bancaire et la patte des politiciens de Washington sont la cause du désastre. D'autant plus qu'Obama était un fervent défenseur du système qui consistait à désigner comme "discriminantes", les banques qui refusaient de prêter aux personnes insolvables, c'est à dire aux minorités ethniques...
Écrit par : alcodu | 27.04.2009
En effet: http://www.wikiberal.org/wiki/Route_nue
Écrit par : Route nue | 28.04.2009
@ Alcodu
Tous les libéraux demandent l'intervention de l'Etat pour sauver les banques et les institutions financières...
Sur les subprimes, votre remarque est complètement fausse. L'Etat n'a jamais poussé les subprimes. Fannie Mae et Freddie Mac avaient une part de marché largement inférieure à leur part de marché sur le marché subprime, qui a été développé par des institutions complètement privées qui ont pris beaucoup de parts de marché grâce aux subprimes. Lisez Paul Jorion. Je vous signale que même The Economist ne soutient pas cette thèse.
Bien sûr qu'il y avait beaucoup de (mauvaises) régulations puisque nous sommes arrivés où nous sommes arrivés. Je ne demande pas un volume plus important de réglementation, mais simplement un cadre plus ferme pour éviter les bulles.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 28.04.2009
Merci, voilà qui est déjà plus clair. Excellente lecture, The Economist. Paul Jorion, je suis plus sceptique.
En effet, plusieurs paramètres offrent davantage de flexibilité qu'auparavant : les cours de change sanctionnent et corrigent les abus monétaires ou budgétaires. C'est bien ainsi, et vous constatez à quel point des pays affaiblis comme la Grèce souffrent de la force de l'Euro qui n'est pas adaptée à leur situation désastreuse.
Les mouvements de capitaux sont plus libres, en effet. Les barrières douanières plus ouvertes. Mais les entreprises sont de plus en plus étroitement encadrées et de plus en plus lourdement taxées. Heureusement que la concurrence fiscale limite la hausse inexorable de la pression fiscale l'égard des acteurs et des produits les plus mobiles. Si la pression fiscale exercée sur eux n'est plus aussi scandaleusement confiscatoire qu'avant, la hausse de la pression fiscale d'ensemble confiorme le renforcement du poids des administrations publiques dans nos économies. La France figurant parmi les plus en pointe de l'omniprésence de l'Etat.
L'impact du CRA n'est pas contesté, quoi qu'en pense Paul Jorion. Mais comme vous le soulignez, les banques sont aussi responsables de cette bulle par leurs pratique douteuses et par des leviers trop importants. Lorsque la Fed leur propose des montagnes de liquidités à des prix extrêmement bas, elles sont tentées de multiplier les effets de levier. Si les subprimes sont les déclencheurs, c'est la bulle de l'immobilier et du surendettement qui est au coeur de la crise actuelle. Comme toutes les grandes crises, nous retrouvons à son origine un dérapage inflationniste.
Enfin, les retraites par capitalisation bien diversifiées actions défensives - obligations -pierre et monétaire, souffrent beaucoup moins que les futurs retraités en France qui, déjà, se font arnaquer de la moitié du rendement moyen OAT.
Écrit par : Aurelien | 28.04.2009
Laisser-faire.
Vos billets deviennent un peu redondants,en avril 2009 s'en prendre aux politiques néolibérales c'est un peu comme rejoindre le maquis en juillet 44.
Encore une fois(...)vos incessantes attaques contre le libéralisme dénotent une méconnaissance ou au moins une incompréhension des principes qui fondent l'Ecole autrichienne.
Vous(NDA,DLR)n'avez pas l'air de comprendre que les néolibéraux(appelons les ainsi)utilisent l'Etat et les instances responsables de la régulation pour organiser l'anarchie capitaliste.
En d'autres termes,et contrairement à ce que vous affirmez,il y a bien un code de la route,et il est même très contraignant,mais il est rédigé par les chauffards!
Ils décident qui doit respecter les limitations de vitesse,où sont placés les stop,qui doit les "marquer",ils contrôlent les feux,ont toujours la priorité.
Evidemment comme les rédacteurs du code respectent naturellement les règles qu'ils s'imposent,ils n'ont rien à craindre de la Gendarmerie...
Il y a quelques jours l'économiste Jeffrey Sachs résumait en une formule lapidaire cette état de fait;
"L'instabilité découle clairement du fait que notre industrie financière a pris le contrôle de notre gouvernement(...)"
Suprème dérision,dans vos réponses aux commentaires vous raillez les libéraux,mais sans même vous en apercevoir vous faites l'apologie du libéralisme!
"Le système actuel pousse à une déresponsabilisation maximale des banques et du système financier qui finit par savoir que si il est en difficultés,les taux seront baissés et l'Etat finira par les recapitaliser."
Alors pourquoi baisser les taux et recapitaliser les banques!
Laisser-faire...
Vous vous trompez quand vous écrivez que "tous les libéraux demandent l'intervention de l'Etat pour sauver les banques et les institutions financières",ils considèrent au contraire que les institutions financières défaillantes doivent disparaitre.
Aujourd'hui même les économistes keynésiens commencent à douter.
Vous semblez apprécier Krugman et Stiglitz,alors lisez les;
"Nous avons critiqué le Japon pour sa lenteur à traiter les vrais problèmes pendant sa décennie perdue,mais nous faisons la même chose(...)et le plan de rachat des actifs toxiques des banques n'est qu'une emplâtre sur une jambe de bois inspiré par les mêmes qui ont mené le système à la faillite."
"Les gens qui ont conçu ces plans sont soit corrompus par les banques soit absolument incompétents."
Même Business Week(que l'on ne peut pas accuser de tropisme socialiste),ne marche plus dans la combine(resistance de la 25ème heure...),dans les colonnes du journal on pouvait lire il y a quelques jours que le programme de relance n'était rien de plus qu'un plan visant à vider les poches des retraités américains pour donner l'argent à de riches banquiers.
"Obama,le Superman de la crise?"...
Ceci dit ne dénaturez pas mon propos,les libéraux ne sont pas,pour reprendre les termes d'Alcodu,pour "aucune intervention de l'Etat dans les entreprises".Pour mémoire Maurice Allais,qui se définit lui même commme un libéral de gauche,est favorable au protectionnisme européen.
Non vraiment il est malheureux que vous ne compreniez pas les dégats que pourrait faire un "libéral" dans le camp adverse;fin de l'étalon dollar,préférence communautaire,faillite de Wall Street,suppression de la FED,de la BCE(la police des salaires...)du FMI,de l'OMC etc...etc.
Écrit par : Balthazar | 01.05.2009
@ Balthazar,
Ma dénonciation ne date pas d'avril 2009 : les archives du blog sont à votre disposition.
Bien sûr qu'il faut une intervention de l'Etat pour déréglementer. Dans le cas de cette parabole, il revient à l'Etat de supprimer le code de la route par exemple. Tout est politique.
Je ne comprends pas bien votre commentaire sur la baisse des taux et la recapitalisation. Je suis pour ces deux solutions qui ne correspondent pas au laissez-faire justement. En outre, The Economist plaide bien pour sauver le système (plutôt avec des bad banks, avec quoi je ne suis pas d'accord).
Stiglitz et Krugman : vous trouverez des comptes-rendus d'un de leur livre à chacun des deux dans les archives...
Et surtout, je ne comprends pas la fin de votre commentaire : je suis contre l'indépendance des banques centrales (plusieurs papiers sur le sujet), je suis pour le protectionnisme, pour un nouveau système monétaire international, je dénonce les politiques du FMI...
@ Aurélien,
"The Economist, excellente lecture. Paul Jorion plus sceptique" : l'idéologie vous donne des a priori. Je suis heureux de lire les deux car cela donne une vision plus complète de l'économie, même si je ne suis pas d'accord avec eux.
Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 02.05.2009
Vous êtes un peu soupe au lait!
Je ne vous ai jamais accusé d'avoir vendu du beurre aux Allemands,simplement d'avoir défoncé une porte ouverte.
Vous prêchez des convertis!
Vous ne "retournerez" pas les électeurs qui accordent encore leur confiance au Président(pour faire court les affairistes et les personnes agées,abonnées au Figaro,qui s'endorment le soir devant le 20H de TF1).
Je n'ai pas insinué que vous n'aviez pas lu Stiglitz et Krugman(au contraire),je note simplement que même des économistes "keynésiens" dénoncent aujourd'hui la politique de l'Administration Obama.
Oui manifestement vous ne m'avez pas compris.Vous êtes pour la baisse des taux et les recapitalisations(Japon 1990/2009,Etats-Unis 2001/2003...),je suis contre!Pour la liquidation de la dette.Une violente crise de 2/3 ans ou une crise larvée de 10/15 ans,mon coeur ne balance pas(Obama n'est pas un grand Président,un homme d'Etat).
The Economist?Le journal de la paroisse...(la City).
Je ne suis pas contre l'indépendance des banques centrales,je suis contre les banques centrales(des cartels de banques privés).
Je suis évidemment pour la disparition du FMI et de l'OMC,pour la fin de l'étalon dollar et comme Maurice Allais(libéral...)je suis partisan de la préférence communautaire.
Avec Yann vous coupez les cheveux en quatre!
Sans liquidation de la dette américaine il n'y aura "pas de reprise".
Scénario à la japonaise;1% de croissance moyenne depuis le debut des années 90(le résultat des politiques "keynésiennes" conduites par les autorités politiques et monétaires du pays).
On va assister à un découplage entre les économies occidentales(croissance atone,déficits budgétaires,commerciaux,augmentation de la dette publique,hausse des taux d'intérêts,des prélèvements obligatoires,baisse du pouvoir d'achat,perte d'influence sur la scène internationale)et les émergents(et les producteurs de matières premières).
PS;Je n'ai pas bien compris "Dans le cas de cette parabole(...)".
Pour dire vrai...comme je ne suis ni de droite ni de gauche je ne suis ni libéral ni keynésien.
En réalité il n'y a pas véritablement de paradoxe à épouser en même temps les deux "Ecoles"(le keynésianisme ce n'est pas simplement la relance contra-cyclique par l'investissement public).
On peut jouer sur les mots...quand l'OMC interdit de frapper de droit de douanes les importations,on peut affirmer qu'il dérégule mais en même temps ils fixent bien des règles...Quand l'OMC proscrit les aides publiques à l'industrie il ne dérégule pas,au contraire il fixe un cadre contraignant encadrant les subventions publiques.
Les libéraux sont pour la liberté de la concurrence,il faut bien définir des règles pour permettre des sanctions quand ces règles sont violées(cartel,entente illicite,concurrence déloyale).Ils ne sont pas contre la législation relative aux transactions boursières, contre les règlementations sanitaires,le code du travail ou celui des impôts.
Écrit par : Balthazar | 03.05.2009
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