26.07.2009
Fin de la crise chez Goldman Sachs
Et s’il y a bien une entreprise où la crise semble finie, c’est Goldman Sachs. Les résultats du second trimestre de la plus célèbre des banques d’affaires étasuniennes démontrent que les mécanismes qui ont provoqué la crise sont toujours en marche, cette fois-ci pour son plus grand bonheur.
Des résultats incroyables
Dès le deuxième trimestre 2009, Goldman Sachs semble ignorer la crise. La célèbre banque d’affaires a fait un chiffre d’affaire de 13,8 milliards de dollars au dernier trimestre, le meilleur résultat de son histoire. Son bénéfice, en hausse de 68%, a atteint 3,4 milliards. Slate note que ces résultats, avant la prise en compte des frais financiers dus à l’Etat pour son prêt, reviennent à une rentabilité des capitaux propres proche de 24%, soit le niveau d’avant la crise.
Il est proprement incroyable qu’au deuxième trimestre 2009, alors que le chômage explose partout et que les conséquences de la crise se font sentir de manière aussi douloureuse, que les résultats d’une telle banque soient si bons. La crise financière de l’automne semble avoir été effacée en à peine six mois. Mieux, ce sont les activités de marché qui se sont bien portées. Il faut dire que les indices boursiers se sont bien redressés depuis mars, donnant de multiples opportunités aux banques…
Les leçons de ce redressement
Ce redressement amène deux leçons importantes. Premièrement, il rappelle l’importance déterminante des évolutions du monde financier sur l’économie : leur baisse plonge l’économie réelle dans la récession, leur hausse donne une puissante impulsion positive à l’économie. En fait, la toute puissance des marchés a une dimension auto réalisatrice : un accès de pessimisme et leur baisse provoque la dépression crainte, un accès d’optimisme et les bénéfices de la hausse engendrent une reprise.
Deuxième enseignement : rien n’a été retenu de la crise. Le système économique n’a pas changé et nous sommes condamnés à subir les mêmes excès que dans le passé. À titre d’exemple, comment ne pas être découragé en constatant que Goldman Sachs s’apprête à doubler ses bonus en 2009 (20 milliards de dollars, soit plus de 700 000 dollars par personne), pour retrouver le record de… 2007. Décidemment, la crise n’aura pas duré très longtemps pour certains.
Le cas de Goldman Sachs illustre parfaitement la réalité d’un système économique qui n’a pas été changé mais seulement sauvé à l’automne par les Etats. Il n’a tellement pas changé que les mêmes excès qui ont plongé le monde dans un chaos financier sont commis à peine quelques mois après…
Source : http://www.slate.fr/story/8253/goldman-sachs-nest-pas-une...
10:55 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : goldman sachs, crise financière, bonus, slate




Commentaires
Ce n'est pas étonnant, l'intervention étatique a brisé la notion d'aléas moral et va pousser les banques à poursuivre leurs comportements déviants.
Privatisation des profits, nationalisation des pertes, la formule a fait leur bonheur.
Écrit par : Vincent | 26.07.2009
"En fait, la toute puissance des marchés a une dimension auto réalisatrice : (...) un accès d’optimisme et les bénéfices de la hausse engendrent une reprise"
Quelle reprise ? Le chomage n'en finit pas de croitre, les bénéfices de GS sont dus en grande partie au changement des normes comptables FASB, à l'injection massive de capitaux publics, et une activité artificielle des bourses dues à des programmes de trading automatiques envoyant des ordres d'achat/vente à la milliseconde près pour maximiser les bénéfices sur des variations même infimes de cours.
Pour ma part je pense que les profits de GS illustrent la déconnection totale du secteur de la grande finance vis-à-vis de l'économie "réelle", et tout cela va très mal finir.
Écrit par : Bouboune41 | 28.07.2009
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