18.08.2009

Après les pin’s de gauche, les pin’s de droite de Nicolas Sarkozy

Il est comme ça Nicolas Sarkozy. Il a besoin de plaire et d’amasser les soutiens, même si c’est au prix de la cohérence. C’est ainsi qu’après avoir attiré Jean-Marie Bockel, Michel Rocard ou Eric Besson dans ses filets, il vient de prendre les chasseurs et Philippe de Villiers…

Un président attrape-tout

L’évolution politique de Nicolas Sarkozy est assez incroyable. Après s’être fait le défenseur du modèle étasunien alors qu’il faisait partie d’un gouvernement qui s’y opposait, il a fini par se raviser en partie dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Réceptif à ceux qui annonçaient qu’il perdrait l’élection en se présentant ainsi, il a infléchi son discours en recrutant Henri Guaino, qui lui a apporté une rhétorique républicaine et gaulliste. Se contredire d’un discours à l’autre en fonction du parolier qui lui avait concocté la sérénade pour la cible électorale du moment ne l’a pas effrayé outre mesure...

Avant son élection, Nicolas Sarkozy moquait la proposition de François Bayrou de faire travailler ensemble des personnes de gauche et de droite. Mais après l’élection, il a compris que le président du Modem pourrait être un adversaire bien plus redoutable que n’importe quel socialiste en 2012. Il a donc décidé de copier la proposition de son adversaire pour lui retirer un argument électoral. C’est ainsi qu’il s’est embarqué dans le débauchage (pardon, on dit « ouverture », selon la rhétorique du pouvoir) de personnalités socialistes : Eric Besson, Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Jouyet, Michel Rocard...

Les carriéristes parlent aux carriéristes

En fait, il n’était pas compliqué de débaucher ces quelques mercenaires. Nicolas Sarkozy détient le pouvoir pour cinq ans, et le Parti Socialiste est truffé d’ambitieux pour qui les honneurs de la République comptent plus que les idéaux ou les combats passés. L’ancien candidat de l’UMP le comprend mieux que les autres, lui qui n’est obsédé que par le pouvoir. Dès lors, il a facilement repéré les frustrés de l’ambition du camp d’en face et les a traité avec tellement d’honneurs que leur ego en souffrance a cédé, quitte à servir celui qu’ils dénonçaient avec tant d’ardeur quelques mois auparavant…

Mais après avoir favorisé l’émergence de deux groupuscules de gauche, Nicolas Sarkozy a compris qu’il avait intérêt à rassembler à droite en vue des élections régionales. C’est pour cela qu’il vient d’intégrer à la majorité les chasseurs et le MPF de Philippe de Villiers. Le député de Vendée n’est pas à une incohérence près, lui qui dénonçait il y a quelques mois encore la politique du président sur la Turquie ou l’OTAN. Mais, après tout, pourquoi s’attacher aux idées quand on peut obtenir des postes en les reniant ? La crédibilité du député souverainiste vient sans doute d’en prendre un coup fatal.

S’il est aisé de comprendre les motivations de Nicolas Sarkozy, qui prépare 2012, le grand écart entre les pin’s du président montre bien qu’il ne s’agit qu’un rassemblement d’ambitieux en déshérence. Pas sûr que ce soit un atout le moment venu…

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/08/14/le-rapprochement-de-villiers-ump-cree-des-remous-au-sein-de-la-majorite_1228469_823448.html

http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/post/2009/08/06/%C2%AB-La-petite-soupe-%C2%BB

Commentaires

il est peut-etre facile de critiquer jean-marie lepen mais il faut au moins lui reconnaitre une qualite contrairement a de villiers il n'a jamais abandonné ses idées quelqu'en soit la valeur pour une assiette de soupe

Écrit par : tripier | 19.08.2009

@ Tripier

Je préfère encore une girouette sans conviction à quelqu'un qui récidive sur le détail....

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 19.08.2009

Rencontre Chicago/Neuilly sur Seine

Le film Neuilly sur Mère semble être un plagiat ou inspiré d’un incident arrivé à Neuilly sur Seine en 1981.
Ce grave incident est raconté dans le livre : « Classe de neige franco américaine » publié par André Girod le fondateur de ce programme.
Depuis 1975, un échange de classes primaires CM2 était organisé dans le cadre des classes transplantées en France. Dans le même chalet, vivaient pendant 3 semaines deux classes françaises et deux classes américaines tous des CM2. Puis les trois derniers jours les enfants américains étaient hébergés dans la région parisienne par les familles des enfants français. Des milliers d’enfants y participèrent.
Depuis 1976 une classe d’enfants du sud de Chicago ( tous noirs) du quartier de Barrack Obama venait en France. Sa ns problème jusqu’à ce que la classe de Chicago fût associée à Neuilly sur Seine en janvier 1981.
Lorsque les parents des écoles rue des Saussayes et de la rue Miollis apprirent que les enfants de Chicago étaient des enfants noirs, beaucoup refusèrent d’en recevoir un. Par contre, les enfants de la classe de Toledo Ohio tous blancs furent placés sans problème.
Après bien des tractations, et pris de cours, les enfants étant en France, je réussis à les placer parfois trois dans une famille très ouverte.
En avril 1981 la Mairie fit savoir au fondateur qu’elle exigeait le « droit à la préférence » qu’elle voulait dés octobre choisir les classes qui viendraient à Neuilly. Le fondateur refusa. Neuilly annula le programme des classes franco américaines.
La classe de Chicago continua à participer sans encombres au programme de nombreuses années reçue par des villes comme Levallois-Perret, Issy les Moulineaux, Montmorency.

Écrit par : André Girod | 19.08.2009

@ andré girod :

édifiante histoire, dont moi je tire la "morale" suivante : la caque sentira toujours le hareng

j'habite dans paris 17, pas loin de la riante commune de neuilly, et il faut savoir que de charmantes personnes (des peaux de vache, quoi !) refusent que l'esthéticienne (très compétente et courtoise) originaire de la Réunion, qui travaille dans l'institut de beauté voisin, touche leur peau fripée et malodorante !

eh oui

douce France, où c'esy bien connu il n'y a pas de "racistes"

Écrit par : mlg | 19.08.2009

Au début l'UMP, c'était plutôt simple, c'était l'union du RPR, de Démocratie Libérale et une majorité de l'UDF. En somme, un rassemblement de gaullistes, de libéraux et de démocrates chrétiens, c'est-à-dire la réconciliation entre les tendances majeures de la droite française : les bonapartistes et les orléanistes. Seuls deux partis fondateurs substistaient en tant que tel : le Forum des Républicains Sociaux de Christine Boutin (devenu depuis peu le Parti Chrétien Démocrate) et le Parti Radical de Jean-Louis Borloo.

Désormais, il y a des partis associés : le RPF de Charles Pasqua, la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel, et les Progressistes d'Eric Besson ; et des mouvements :Ecologie Bleue de Patrice Hernu (fils de Charles Hernu), la Droite Libre de Rachid Kaci, les Réformateurs d'Hervé Novelli, la Diagonale de Brice Hortefeux, le Chêne de Michèle Alliot-Marie, Réforme et Modernité d'Hervé Mariton, Nation et Progrès, le Club Nouveau Siècle, les Jeunes Actifs, Gay LIb', ... etc.

N'oublions pas les alliés, parmi lesquels il faut compter : Génération Ecologie, le CNI d'Annick du Roscoät, le Nouveau Centre d'Hervé Morin, le MPF de Philippe de Villiers et le parti CPNT de Frédéric Nihous. Et puis, il y a Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, d'inspiration gaulliste sociale, qui est pour l'instant en marge ... Au surplus, il y aura bien quelques millonistes à plaider leur différence ...

Ce petit rappel du camaieu de la majorité actuelle effectué, on peut intégrer qu'il y a potentiellement 79 postes éligibles en Rhône-Alpes sur les 157 sièges de conseillers régionaux, si on retient que l'objectif de l'UMP est d'être la liste arrivant en tête au second tour avec plus de 35 % des suffrages exprimés afin de s'assurer de contrôler 50% des sièges + 1.

Selon les résultats des européennes 2009, au gré d'une abstention à près de 60% (59,38%), l'amalgame des résultats de Françoise Grossetête (UMP - 28,60%), de Patrick Louis (MPF - 4,23%) et de Michèle Vianès (DLR - 2,04%), porterait l'ensemble à 34,87%. Le pari est jouable mais loin d'être gagné quand on sait qu'un des messages des européennes était l'intérêt confirmé des Français pour l'écologie et que le gouvernement est en voie de rendre son application impopulaire avec le projet de taxe carbone élaborée par Michel Rocard, orfèvre de la CSG ...

Dans l'équation, il faut retenir que le groupe UMP compte aujourd'hui 27 élus et qu'il n'y a aucune raison qu'une majorité d'entre eux ne demande pas à être reconduit à des positions éligibles. De là, il y a la règle de la parité qui s'applique de façon statutaire et celle de la diversité (au sens large) qui s'arroge aussi un pré carré.

Ainsi, mieux vaut être issu d'une minorité visible, être une femme et avoir trahi des engagements contradictoires avec le Sarkozysme pour se faire une place sur les listes aux élections régionales plutôt que d'être un hétéro ordinaire militant à l'UMP. Et pourtant, ce dernier va soutenir cette Arche de Noé politique contre vents et marées, il va souquer avec la ferveur et le volontarisme qui caractérisent les chevilles ouvrières de tous les partis politiques.

Écrit par : Griffon Lyonnais | 21.08.2009

sarko peut tout faire pour 2012,rallier les traites,ect ect
le peuple a un avantage sur les magouilleurs,
il glisse sont bulletin de vote dans l"urne
et tout se paye un jours,si,si

Écrit par : michel | 23.08.2009

@ Michel,

Je l'espère...

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 23.08.2009

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