05.09.2009

Clearstream est un procès politique

Après les attaques de Jean-Claude Marin au micro d’Europe 1 la semaine dernière, c’est au tour d’Imad Lahoud de charger l’ancien Premier Ministre dans le Journal Du Dimanche à la veille du procès. Une nouvelle illustration de l’aspect purement politique de l’affaire.

Lagardère charge Villepin

A l’origine déjà, le timing de l’affaire Clearstream était suspect. En effet, elle avait éclaté à peine quelques jours après la fin de l’épisode du CPE, comme un second et définitif coup de massue porté sur le seul rival crédible de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle. Les interventions consécutives de deux protagonistes majeurs de cette affaire, quelques semaines avant le début du procès, le tout sur des médias appartenant au groupe Lagardère, le groupe de celui qui se déclare être comme un « frère » pour le président, renforce la suspicion que l’on peut avoir sur toute cette affaire.

En effet, il est déjà extrêmement choquant que Jean-Claude Marin se soit exprimé publiquement sur l’affaire en mettant lourdement en cause Dominique de Villepin. Mais, pire, il le fait sur Europe 1, au micro de Jean-Pierre Elkabbach, qui ressemble plus à un « pom pom boy » du président qu’à un véritable journaliste. Cette semaine, il a émaillé son interview de Martin Hirsch de « bravo » alors qu’il retrouvait son mordant face à Jean-Christophe Cambadélis… De même, les confessions d’Imad Lahoud se sont faites dans le JDD. Comment ne pas y voir l’influence de l’Elysée ?

Un procès de Moscou à Paris

Même le tribunal de Nanterre a jugé récemment qu’il y avait une asymétrie anormale dans ce procès entre l’accusé, Dominique de Villepin, et le plaignant, Nicolas Sarkozy, dans la mesure où le locataire de l’Elysée ne peut pas être inquiété par la justice, du fait de son immunité. Il faut rappeler ici que ce dernier est le premier président de la République qui mène une action judiciaire pendant l’exercice de ses fonctions, alors qu’il peut exercer une influence non négligeable sur le cours de la justice. Et avec le soutien de Lagardère, il est à la fois, juge, partie et commentateur…

Il est temps que cette farce, qui dure depuis plus de trois ans, se termine. Aujourd’hui, il semble de plus en plus clair que ce procès est avant tout un outil pour essayer de tuer politiquement un des rares hommes politiques capables de remettre en question le président. Le comportement de Jean-Claude Marin amène à se poser la question de l’indépendance d’une partie de la justice, qui semble de parti-pris. Mais outre la partialité apparente du pouvoir judiciaire, s’y ajoute un plan médiatique, lancé par un groupe proche du pouvoir, redoutablement orchestré pour décrédibiliser le Premier Ministre.

L’addition de tous ces points amène à s’interroger sur Clearstream. Qui manipule qui ? Qui a réellement bénéficié de toute cette affaire ? D’où viennent les fuites destinées à mouiller l’accusé ? On peut se demander si, un jour peut-être, les rôles ne seront pas inversés devant les tribunaux…

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/05/affaire-clearstream-lahoud-mouille-de-villepin-et-gergorin_1236191_3224.html

Commentaires

Laurent

Il est fort dommage que ce procès ne soit pas surtout l'occasion de parler du "vrai" scandale Clearstream dénoncé par Denis Robert au sujet des flux financiers non contrôlés qui passent par les chambres de compensation telles que Clearstream.

Voir ici (pub !)

http://ecodemystificateur.blog.free.fr/index.php?post/2009/03/23/Le-vrai-scandale-Clearstream%2C-la-%22meilleure-lessiveuse-du-monde%22

ou ici

http://bibliobs.nouvelobs.com/20090827/14188/denis-robert-clearstream-2-sera-le-proces-dune-epoque

Écrit par : RST | 05.09.2009

La coupe est pleine...
archi pleine!
Les bras m'en tombent, aucune expression ne peut sortir de ma bouche.
Et il y a encore des français qui soutiennent le dictateur ?
Il a bien oeuvré le roi en nommant madame Alliot-Marie, ministre d'état chargée de la justice.
Je me calme.
Comme le disait en substance Jean de la Fontaine...à un perfide ami mieux vaut un plus juste ennemi...
Le silence des français et des courtisans me dicte que l'histoire peut se répêter en toute quiétude...
A tout moment.
Je le pense depuis le début....
Marie-Magdeleine van waertermeulen.

Écrit par : Marie-Magdeleine van Waetermeulen | 05.09.2009

Merci Laurent Pinsolle!

Voici le message que j'ai essayé de faire passé sur quelques sites d'information.

Tout cela ne tient pas la route.

La falsification commence au plus tard en ÉTÉ 2003. Or en mars/ avril 2004 IL aurait eu des scrupules à rajouter des noms?!

Dans ses fameux cahiers le Général Rondot parle d'un 'compte couplé' Nagy/Boksa à partir de JANVIER 2004. Et ce n'est qu'en mars/ avril 2004 qu'il apparaitrait?!

JLG aurait eu besoin de l'aide de IL pour rajouter 2 noms sur un tableau Excel (!) mettant ainsi IL inutilement au parfum?!

Je note que, même si IL disait vrai, le seul à mettre DDV en cause, serait une fois de plus JLG puisque IL – tout comme le Général Rondot – ne sont informé de la 'connaissance' de DDV qu'à travers les témoignages de JLG.

Je note en outre que IL contredit ici tout ce qu'il avait affirmé dans ses déclarations (elles-mêmes incohérentes) dans le cadre de l'instruction de l'affaire Clearstream; que JLG n'a, lui aussi, cessé de se contredire tout au long de l'information judiciaire et que le seul à avoir tenu le même discours depuis sa première audition, le 21 décembre 2006, sans jamais se contredire ou se retracter est DDV.

Mais la vrai question n'est pas là. La vrai question reste pour moi celle-ci: Comment peut-on salir quelqu'un dont le nom se trouve sur un listing truqué (ce qui n'est pas le cas du nom 'NS', mais passons) en saisissant la DGSE (comme l'aurait demandé Chirac en janvier 2004), en saisissant le juge d'instruction le plus compétent de France, VR (comme l'aurait demandé DDV en mai 2004) ou encore la DST (comme l'a effectivement fait DDV en juillet 2004), bref en saisissant les instances les plus à même de déjouer le piège?!

C'EST ABSURDE.

La seule instance qui était susceptible de salir un homme (capacité dont elle a fait preuve pendant les 5 dernières années en menant une campagne de diffamation sans relâche contre DDV) c'est la presse. Or c'est précisément cette instance-là que DDV aurait totalement négligé!

La date de l'apparition - quelques jours avant l'ouverture du procès - d'une affirmation que IL a faite il y a bientôt 1 an (!) en dit long sur cette volonté de salir à tout prix DDV. Il est de plus en plus évident que DDV n'est pas l'auteur, mais la seule et unique victime d'une diffamation dans l'affaire Clearstream.

Écrit par : Lector | 05.09.2009

Merci Laurent, très bon billet.

Écrit par : Mancioday | 05.09.2009

Petite contribution au sujet :

Clearstream, le retour des bonimenteurs

Les débuts imminents du procès Clearstream font ressortir du bois une pléthore de bonimenteurs prêts à tout pour sauver leur peau. De Lahoud à Gergorin, en passant par Bertrand, c’est une véritable partie de bonneteau qui est en train de se dérouler sous nos yeux….

http://reversus.fr/clearstream-le-retour-des-bonimenteurs

Écrit par : Reversus | 06.09.2009

Le véritable scandale de l’affaire Cleartream c’est tout d’abord un listing de comptes bancaires de dirigeants politiques, de gauche comme de droite, qui ont reçu des sommes considérables issues de la corruption. Et il faut remonter à la présidence de François Mitterrand pour en avoir une vue correcte :

http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/

Jean-Charles Duboc

Écrit par : Jean-Charles Duboc | 21.09.2009

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