07.09.2009
François Bayrou peut-il plumer la volaille socialiste ?
C’est un évènement dont la portée politique ne semble pas avoir été saisie par tout le monde, mais le rapprochement de François Bayrou avec le Parti Socialiste bouleverse la donne pour 2012…
La fin du « ni-ni »
En 2007, la posture gagnante de François Bayrou avait été de se tenir à égale distance du Parti Socialiste et de l’UMP. S’il avait indiqué une plus grande proximité avec Ségolène Royal qu’avec Nicolas Sarkozy, il n’avait pas franchi le Rubicon du soutien à la candidate socialiste pour le second tour, après bien des rebondissements. Cette posture indépendante avait été reconduite lors des municipales avec des accords différents selon les villes : avec le PS à Nantes, avec l’UMP à Bordeaux par exemple. L’égale distance entre la gauche et la droite était la marque de fabrique de François Bayrou.
Mais cette posture présente une double limite. Les débauchages de Nicolas Sarkozy ont affaibli l’argument selon lequel il était le mieux à même de rassembler des personnes de gauche et de droite. Ensuite, se posait la question de la majorité sur laquelle il pourrait s’appuyer, d’autant plus que le Modem s’est effondré lors des élections européennes et que les perspectives pour les régionales ne semblent guère plus brillantes… Enfin, la stratégie d’indépendance absolue est devenue d’autant plus délicate que François Bayrou se veut un opposant frontal au président de la République.
Les socialistes peuvent-ils se faire plumer ?
Il y a quelques décennies, les communistes espéraient « plumer la volaille socialiste » en s’alliant avec eux. C’est l’inverse qui s’est passé. Mais le rapprochement PS-Modem représente un danger autrement plus important pour les socialistes qui se retrouvent un peu dans la position du PCF de l’époque. L’intérêt pour les socialistes est clair : une alliance avec le Modem est sans doute le seul moyen de pouvoir battre l’UMP, aux régionales comme lors de la présidentielle. Une nouvelle majorité plurielle qui rassemblerait également les centristes peut représenter une alternative solide à Nicolas Sarkozy.
Cependant, une telle alliance n’est pas sans risque. Tout d’abord, François Bayrou sera sans doute le meilleur candidat du second tour. Mais surtout, les primaires laisseront le Parti Socialiste coupé en deux entre partisans et opposants à Ségolène Royal. Six longues années de guerre interne pourraient bien pousser le camp perdant à soutenir le candidat centriste plutôt que le candidat du parti, un peu comme Jacques Chirac en 1974. Est-il vraiment inimaginable que Manuel Valls, suivi par d’autres, appelle à voter François Bayrou dès le premier tour en 2012 pour faire barrage à Nicolas Sarkozy ?
François Bayrou aimerait bien marcher sur les pas de François Mitterrand. En se rapprochant du parti de l’ancien président de la République, il construit peut-être l’alliance qui lui permettra d’entrer à l’Elysée…
10:55 Publié dans Actualités, Parti Socialiste, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : françois bayrou, modem, ségolène royal, parti socialiste




Commentaires
Mazette !
On ne fait pas du tout la même analyse...
http://carnet.causeur.fr/antidote/reniement-mortel-au-modem,00383
Écrit par : David Desgouilles | 08.09.2009
Bonjour,
Vous écrivez que le MoDem et le Ps ont fait liste commune à Nantes pour les Municipales 2008.
C'est faux, le MoDem a conduit une liste autonome.
La liste était conduite par Benoît Blineau.
Écrit par : Isabelle LOIRAT | 10.09.2009
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