08.09.2009
L’espoir venu du pays du soleil levant
Il y a une semaine, les élections législatives au Japon ont provoqué une vraie révolution dans le pays. Après cinquante années passées au pouvoir de manière quasiment ininterrompue, le PLD a subi une cuisante défaite qui permet à l’opposition de s’emparer fermement des rênes du pouvoir.
Un pays en recherche d’un nouveau souffle
Pendant des décennies, le Parti Libéral Démocrate a présidé aux destinées du pays du soleil levant. Sa capacité à organiser la croissance économique du pays lui a longtemps permis de régner sur le pays sans véritable opposition. Les Japonais étaient heureux de l’essor de leur pays, dont ils profitaient largement. Personne n’avait intérêt à changer une formule gagnante. Curieusement, il aura fallu presque vingt ans au Japon pour remettre en question la domination du PLD depuis que l’économie est entrée dans une torpeur dont le pays ne parvient pas à sortir.
Si le PLD a brièvement été exclu du pouvoir dans les années 90, c’était par le biais d’une alliance de courte durée des principaux partis d’opposition. Il avait alors conservé sa place de premier parti du pays. En fait, son règne a été prolongé par le passage de Junichiro Koizumi comme Premier Ministre, le seul depuis longtemps à être resté cinq ans au pouvoir. Il avait réussi l’exploit de convaincre les Japonais à voter PLD pour changer leur pays, malgré les résistances de certains de ses collègues de parti. Mais le PLD s’est ensuite montré incapable de changer pour changer le Japon.
Une leçon pour le monde ?
Résultat, les électeurs Japonais ont bouleversé la donne politique lors des élections législatives, provoquant un changement radical de majorité. Le PLD, qui avait plus de 300 sièges dans l’Assemblée sortante, n’en gagne qu’à peine plus de 100. A contrario, le Parti Démocrate du Japon, qui avait à peine plus de 100 sièges dans la précédente législature, a remporté plus de 300 sièges, avec un mandat très clair de changement et de remise en question du statut quo qui dominait le Japon depuis des décennies. Le parti a pris des engagements concrets de réforme en rupture avec le passé.
Le fait que les électeurs Japonais aient renversé la table et changé aussi brutalement d’orientation politique peut donner un espoir de changement pour d’autres pays sclérosés par la présence d’un ou de deux partis dominants. Certes, on pourra dire que la situation Japonaise est atypique dans le sens où un seul parti a dominé la vie politique nationale pendant des décennies. Mais cela signifie également qu’un changement aussi radical de majorité représente un véritable saut dans l’inconnu et que les Japonais n’ont pas hésité à bousculer l’ordre établi. En cela, ce vote représente un message d’espoir pour le monde.
L’avènement du PDJ représente un immense message d’espoir pour tous ceux qui se désespèrent du manque d’une véritable alternance démocratique. Les peuples, finissent toujours par se réveiller et renverser démocratiquement les tenants d’un ordre qui a failli.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2009/08/31/01003-200...
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : japon, junichiro koizumi, pld, pdj




Commentaires
"Mais cela signifie également qu’un changement aussi radical de majorité représente un véritable saut dans l’inconnu et que les Japonais n’ont pas hésité à bousculer l’ordre établi."
On saute dans l'inconnu, en effet, si l'on en croit certaines promesses du nouveau parti (relèvement considérable, de l'ordre de 40%, du salaire minimum, par exemple), alors que ce dernier promet une politique d'amour et de bonheur.
En revanche, parler de "changement aussi radical de majorité" me semble un peu excessif. Une partie importance des cadres du PDJ viennent en effet tout droit du PLD, qu'ils ont pour certains quitté il y a quinze ans. Et Hatoyama demeure un véritable héritier, un "prince" de la politique nipponne au même que l'était (le très bon, à mon goût) Asô, tandis que l'homme des coulisses, Ichirô Ôzawa, demeure un renard aguerri aux idées parfois plus conservatrices et traditionnelles qu'on pourrait ne le penser, ce qui n'est pas plus mal.
PS: Voir sinon, pour une fois, ce très bon cru de "C dans l'air":
--> http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1240&date=2009-09-01
Ecrit par : Villèle | 08.09.2009
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