28.09.2009
La victoire de Muti Angela
La grande coalition a vécu. Le SPD s’est effondré, la CDU a résisté et les libéraux du FDP ont triomphé. Angela Merkel vient donc de gagner un nouveau mandat à la tête de l’Allemagne mais elle change de partenaire de coalition en s’associant classiquement avec les libéraux.
Un Bundestag recomposé
Les résultats d’hier sont historiques à plus d’un titre. Car si le SPD a perdu plus de 10 points, à 23%, et enregistre son plus mauvais résultat, la CDU, avec 34%, perd quelques voix également, une nouvelle étape dans l’érosion des deux « Volkspartei » qui dominent de moins en moins la vie politique Allemande. Derrière, le FDP signe son meilleur score depuis près de 50 ans avec 14% des voix. L’Allemagne va revenir à l’alliance qui avait dominé les années 80 et le début des années 90.
La percée de Die Linke, à 12%, est spectaculaire puisque le parti d’Oskar Lafontaine parvient à plus que doubler son score. Désormais, il pèse la moitié du SPD, le rendant sans doute incontournable, y compris au niveau fédéral, alors que les socio-démocrates refusaient précédemment toute coalition à Berlin avec leurs frères ennemis…. Mieux, Die Linke est désormais le 4ème parti du Bundestag, reléguant les Verts à la 5ème position alors qu’ils visaient la 3ème place auparavant.
Une victoire personnelle de la chancelière
Et cette victoire doit beaucoup à Angela Merkel, qui est restée très populaire, devenant une figure protectrice pour une Allemagne finalement heureuse d’être maternée par la première chancelière du pays, qui allie simplicité et compétence. Alors que la Grande Coalition a sans doute achevé de réduire les différences entre les deux grands partis, l’équation personnelle supérieure de la chancelière a permis à la CDU de battre un SPD dans une position très difficile.
Gerhard Schröder avait fait prendre un virage très libéral à son parti dans les années 90. Le SPD va devoir choisir entre deux voies : conserver cet héritage et compter sur un leader plus charismatique ou remettre en question l’adhésion au modèle néolibéral. Espérons que la crise et cet échec cuisant favoriseront une véritable remise en question. La victoire d’Angela Merkel est également intéressante par ce qu’elle dit des Allemands et du leadership qu’ils apprécient, compétent, calme, simple.
La perspective d’un gouvernement CDU-CSU-FDP est une mauvaise nouvelle en revanche pour la refondation du capitalisme. Le glissement libéral de la nouvelle coalition au pouvoir ne sera guère favorable à une remise en question du système qui nous a menés dans le mur…
10:55 Publié dans Actualités, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, cdu, die linke, fdp, spd, angela merkel, oskar lafontaine




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