06.10.2009

Améliorer les conditions de travail dans l’éducation nationale

Tel le monstre du Loch Ness, le débat sur la simplification de l’orthographe a ressurgi. Mais si, au lieu de chercher à baisser le niveau d’exigence pour améliorer artificiellement le niveau, on cherchait plutôt les moyens d’améliorer le niveau général ?

Des conditions de travail difficiles

Cela a beau être une condition essentielle de la réussite de notre enseignement, presque personne n’en parle. Pourtant, quand on discute avec des enseignants, on se rend compte de la difficulté de leur métier. Passées les polémiques souvent stériles sur leur temps de travail (après tout, leur salaire reste limité vu leur niveau d’études), comment ne pas reconnaître que tout n’est pas fait pour leur permettre d’enseigner dans de bonnes conditions, que ce soit vis-à-vis d’eux ou des élèves.

Déjà, après avoir passé leur concours, la plupart des professeurs se retrouvent souvent envoyés dans une autre région. Comment imaginer que le déracinement constitue un plus pour l’enseignement ? Ensuite, ils sont fréquemment envoyés dans des établissements difficiles, où ils doivent à la fois apprendre à enseigner et à faire la discipline. Pire, l’éducation nationale refuse trop souvent de sévir face aux élèves dissipés, entretenant un désordre peu propice à l’enseignement.

Quelques propositions de bon sens

Pourtant, il est essentiel que les professeurs soient bien dans leur peau et qu’un climat studieux soit garanti dans les classes. Pourquoi ne pas permettre aux professeurs débutants d’enseigner dans leur région d’origine ? En effet, la stabilité géographique peut être un facteur favorisant leur travail. Puisqu’il est plus facile pour le pays d’avoir des professeurs mobiles, cette mobilité doit être récompensée sous financièrement. Aux jeunes professeurs de choisir entre la prime et le lieu d’enseignement.

De même, l’enseignement dans des établissements difficiles ne doit pas être autorisé à de jeunes enseignants, sous réserve de motivations exceptionnelles et d’une véritable reconnaissance financière. Enfin, il est essentiel que la discipline règne dans les classes, de manière plus systématique. Et là, une solution avancée par Jean-Pierre Chevènement semble évidente : l’envoi des éléments perturbateurs dans des centres éducatifs spécifiques, sans possibilité de recours pour les parents.

Si les élèves qui perturbent les cours ne sont pas sanctionnés, comment espérer que la discipline règne ? Aujourd’hui, les consignes du rectorat sont trop souvent laxistes et ne permettent pas de sanctionner un élève. Pourtant, si tout élève véritablement perturbateur pouvait être envoyé dans un établissement spécialisé, cela serait un plus pour tout le monde. Pour l’élève, qui apprendrait à se comporter de manière civilisée, pour le professeur, qui pourrait enseigner et les autres élèves, qui pourraient étudier.

Bien sûr, on ne règlera pas les problèmes de l’éducation nationale juste avec ces mesures. Néanmoins, elles pourraient grandement contribuer à l’amélioration des conditions de travail des professeurs et des élèves, et donc au niveau général de l’éducation nationale.

Commentaires

Améliorer les conditions de travail des enseignants?
Certes, oui, il y a le problème des mutations et pas seulement pour les nouveaux... C'est que maintenant il faut demander son entrée dans une académie.... l'obtenir, puis prier le bon Dieu pour avoir le nombre de points qu'il faut pour ne pas se retrouver au fond de la Lozère...

Mais il y a surtout l'obligation de résultats qui pèse de plus en plus sur nos épaules.... Or qui puis-je, moi, si les devoirs ne sont pas surveillés par les parents, si les mots mis sur le carnet n'entraînent pas de sanctions à la maison, si personne à la maison ne s'est inquiété que le môme de 6° ne lit pas couramment, ne lit pas de façon fluide, si les parents laissent les gamins avoir des cahiers qui ressemblent à des torchons? Que puis-je faire si le môme passe plus de temps devant l'ordi que devant les livres. Que puis-je si l'ensemble de la société valorise l'instantanéité, le plaisir immédiat ? Que puis-je si la société a institué les adolescents en groupe auto-référentiel pour lequel l'âge adulte n'est plus enviable ( et l'adulte pas nécessairement respectable)? Que puis-je si jamais on ne responsabilise le jeune, si on lui donne du fric pour qu'il aille à l'école ( n'y va-t-il donc pas pour lui-même, pour avoir notamment un diplôme?). Qu'y puis-je si la rigueur intellectuelle, le sens de l'effort voire de l'abnégation, l'exigence envers soi-même sont désormais valeurs obsolètes pour beaucoup? Améliorer les conditions de travail des enseignants, ce serait simplement que la société dans son ensemble accepte de voir que les problèmes de l'école ne sont pas des problèmes inhérents à l'école, mais des problèmes générés par la société et qui doivent être traités, réfléchis par l'ensemble de la société - chacun acceptant de se regarder dans son miroir...

Améliorer les conditions de travail des enseignants de façon plus pratique ?? Oui, avoir une médecine du travail, comme tous les travailleurs sauf nous. Avoir un CE avec des colos pour nos enfants, et des tarifs sympas pour le théâtre et le cinéma par exemple. Améliorer les conditions de travail des enseignants? Oui, qu'on nous fournisse notre matériel professionnel, des stylos, cahiers etc, comme pour les autres travailleurs, et de quoi s'acheter les livres d'étude autrement qu'avec nos deniers. Avoir un endroit pour travailler au collège ou au lycée pendant nos heures de "trous", avec des ordinateurs en nombre suffisant placés dans des endroits décents... Que le ministère envoie à chaque enseignants le "socle commun" dont on nous rebat les oreilles et que l'on n' a pas daigné nous envoyer ( faut-il que j'utilise l'imprimante de mon collège??? puis la photocopieuse pour tous mes collègues?) contrairement au livre que Ferry avait fait du temps qu'il était ministre. Et puis on veut bien aussi un exemplaire des programmes quand ils changent... Bref, être traités comme l'est n'importe quel salarié de n'importe quelle entreprise au moins quand il est de niveau cadre, ce que nous serions avec nos 4 ans d'études minimum et un concours où 10-20% des candidats sont reçus...

Mon commentaire est déjà long... mais j'aurais pu faire plus long...

Écrit par : pascale | 06.10.2009

Redonnons aux enseignants le dernier mot dans les décisions de redoublement, ça sera déjà pas mal...

Écrit par : Naradatta | 06.10.2009

@ Pascale

Merci pour ce témoignage.

Écrit par : Laurent Pinsolle | 07.10.2009

Merci à Laurent Pinsolle pour cette intervention ; puisse-t-elle faire comprendre le malaise qui touche la profession enseignante ; le commentaire de Pascale est de plus d'une grande justesse.
Les enseignants sont dans une très grande majorité des gens d'une grande conscience professionnelle : ils ont besoin qu'on reconnaisse cela, dans la société, dans le monde politique.
C'est à DLR de tenir ce discours différent.
Luc

Écrit par : Luc | 07.10.2009

@Pascale
Vous ne dresseriez peut être pas ce constat alarmant si certaines élites il y a 30 ans, affirmaient dans le privé "il n'y aura plus d'élèves moyens, il y aura une minorité brillante plus nombreuse et plus brillante qu'aujourd'hui et une majorité médiocre et plus médiocre qu'aujourd'hui". Or sauf cause de santé environnementale inconnue, il n'y avait aucune raison biologique pour que naissent aujourd'hui moins de cerveaux moyens qu'hier, et donc pour faire cette prévision sauf résultat souhaité.
Trois générations d'élèves très médiocres donneront un modèle de société assez similaire aux pays émergents que l'on nous montre en modèle avec une très grande majorité d'intouchables indiens, de coolies chinois, et d habitants de favelas.
Le mot "moyen" a quitté le langage de nos hommes politiques tous horizons confondus.
Les élites du PS parlent des riches et des pauvres, celles de l'UMP parlent de la France d'en bas et de la France d'en haut.

Espérons qu' avec DLR et NDA, nous ré-entendrons dire que les Français sont des veaux" au moins cela valait du bas jusqu'en haut.

Sinon avec la simplification de l'orthographe, nous pourrons nous consoler en écrivant "démo"( comme démonstration)-"crassie" ( néologisme alliant saloperie et médiocrité) puisque c'est plutôt le spectacle auquel nous assistons quotidiennement.

Écrit par : agnes | 07.10.2009

On parle des jeunes profs, qui sont envoyés au casse pipe etc. j'ai fait tout le parcours aussi dans mon jeune temps ,pourquoi ne pas mentionner des séniors comme moi ,qui, après 7ans de bons et loyaux services dans un lycée d'élite, est "exilée" par volonté arbitraire du prince ou des hauts- lieux , tel Victor Hugo qui a osé affubler Napoléon 3 du titre mérité de Napoléon le Petit, crime de lèse- majesté, pour terminer 3 trimestres de sa carrière, dans une ZEP. pour laisser sa place à la jeunesse sic , les pistonnés du système , népotisme en avant !
Sartre et Nizan peuvent se retourner dans leur tombe," les chiens de garde de la bourgeoisie"pullulent décorés, en hauts- lieux et le sanctuaire de l'élite peut dormir sur ses deux oreilles .

Écrit par : colette | 09.10.2009

Repassez quand nous aurons changé de gouvernement... Et encore, plus ou moins secrètement, les socialistes approuvent certaines mesures de l'actuel gouvernement.

Écrit par : Gentsracer | 02.10.2011

Ok, je vois que le fil est ancien, étant arrivé ici par un lien dans un article d'actualité...

Écrit par : Gentsracer | 02.10.2011

Excellent article mais ne pensez vous pas que la situation socio-économique des enseignant s'est terriblement détériorée?
Depuis une trentaine d'année et la desindexation entre le salaire des enseignant et l'inflation ce salaire (moyen) est passé de 5,8 fois le SMIC à 1,5 fois le SMIC.
Quel intérêt y-a-il à faire un bac + 5, passer un concours pour avoir ce niveau de rémunération? Quasiment le smic en début de carrière à comparer avec l'évolution du prix de l'immobilier entre-autres... Il faut bien, au moins, se loger et éventuellement se nourrir...

Écrit par : Jean Luc Couget | 04.10.2011

@ Jean-Luc

C'est juste. ce n'était pas l'angle principal de l'article mais c'est un point important. Il faut également que les rémunérations soient en ligne avec les exigences, notamment d'un point de vue des études.

@ Gentsracer

On verra

Écrit par : Laurent Pinsolle | 04.10.2011

Totalement d'accord.
Et cela est URGENT
Les Pays analogues ont compris depuis longtemps.
Il y va de l'avenir des Jeunes ,c'est à dire du Pays ,des Générations.
Le Quotidien "Le Télégramme de Brest" produisait la semaine passée un article sur la désaffection des candidats pour les postes d'Enseignants...Et pour cause !!
Ces Personnes ne sont pas des moines ou des moniales ayant fait voeu de pauvreté..Et par contre leur véritable sacerdoce force l'admiration.
RENDEZ LEUR LEUR DIGNITE.

Écrit par : Jean Louis / BREST | 10.10.2011

Totalement d'accord.
Et cela est URGENT
Les Pays analogues ont compris depuis longtemps.
Il y va de l'avenir des Jeunes ,c'est à dire du Pays ,des Générations.
Le Quotidien "Le Télégramme de Brest" produisait la semaine passée un article sur la désaffection des candidats pour les postes d'Enseignants...Et pour cause !!
Ces Personnes ne sont pas des moines ou des moniales ayant fait voeu de pauvreté..Et par contre leur véritable sacerdoce force l'admiration.
RENDEZ LEUR LEUR DIGNITE.

Écrit par : Jean Louis / BREST | 10.10.2011

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