11.10.2009
Stop à l’autorisation des paris en ligne !
Ça y est, l’Assemblée s’apprête à voter le projet de loi qui autorisera les paris en ligne. Cette évolution, imposée par la réglementation européenne, ne rencontre malheureusement guère d’opposition.
Une nouvelle avancée néolibérale
Les défenseurs de ce projet évoquent tout un tas de raisons contradictoires. Tout d’abord, le marché existe déjà, même s’il n’est pas légal, grâce à la couverture que procurent les paradis fiscaux notamment (qui semblent finalement bien s’accommoder des déclarations du G20…). Ensuite, la plupart des autres pays ont libéralisé ce marché. Enfin, comment l’Etat peut-il vouloir limiter les activités des jeux alors qu’il possède la Française des Jeux et le PMU ?
Mais la réalité derrière cette évolution est à nouveau une réglementation européenne. Alors que la Commission devrait sans doute davantage se préoccuper d’emploi ou du taux de change de l’euro par rapport au dollar, on se demande bien quelle peut être la raison pour laquelle elle contraint les pays de l’Union Européenne à libéraliser les paris en ligne. En quoi cela peut-il correspondre à l’intérêt des citoyens des pays européens de pouvoir parier de manière virtuelle ?
Les jeux d’argent sont-il une activité comme une autre ?
Aux yeux des néolibéraux, il s’agit sans doute d’une activité comme une autre, comme le commerce des reins humains pour The Economist (il ne s’agit malheureusement pas d’une blague, l’hebdomadaire anglais ayant poussé son dogmatisme jusque là…). Pourtant, les jeux d’argent sont une activité qui ne procure pas vraiment de bénéfices à la société. Il s’agit en outre d’une activité dangereuse, qui peut provoquer une addiction destructrice chez certains.
C’est pour cette raison qu’il vaut mieux ne pas confier à des entreprises privées de telles activités. En effet, quand la recherche de profit entre en résonance avec une activité potentiellement addictive qui peut ruiner des personnes, la seule chose que l’on risque de maximiser, c’est le nombre de victimes des excès du jeu. Dès lors, il convient de strictement encadrer cette activité pour limiter au maximum ses conséquences néfastes. Et c’est pourquoi la libéralisation des paris en ligne est une mauvaise décision.
Entre l’intérêt des citoyens européens et le dogmatisme néolibéral, Bruxelles et le gouvernement choisissent à nouveau le second. Il serait tant que l’Europe soit du côté des citoyens et pas des intérêts financiers et autres lobbys. Sinon, c’est l’Europe elle-même que les citoyens rejetteront.
10:58 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : commission européenne, paris en ligne, the economist




Commentaires
> il ne s’agit malheureusement pas d’une blague, l’hebdomadaire anglais ayant poussé son dogmatisme jusque là…
Par pitié, étudiez un peu l'économie avant de donner votre avis sur tout et n'importe quoi, ça devient un peu lassant à la longue (vous me direz : je ne suis pas obligé de vous lire ; c'est vrai).
La légalisation du commerce des organes permettrait d'une part d'éviter que ce marché soit laissé aux mains du marché noir (et donc des mafias), et surtout permettrait une explosion de l'offre, ce qui sauverait bien des vies !
Car pour l'instant, au nom de principes moraux peu convaincants, le seul prix autorisé pour les organes est 0 (c'est une forme extrême de contrôle des prix), et donc il y a très peu de donateurs, et bien évidemment cela entraîne une pénurie pour la plupart des organes vitaux (à ce propos, êtes vous personnellement enregistré comme donneur d'organes ?)
Quant aux jeux, je ne suis pas étonné de votre réaction. Il faut dire que cette horreur ultra-libérale est autorisée dans tout un tas de pays du monde, et c'est vraiment l'anarchie (que dis-je, l'apocalypse !)
Mais pas question de toucher aux bistrots et aux bureaux de tabac, hein... Le jeu et les drogues, rien à voir !
Écrit par : Yop | 11.10.2009
@ Yop
Un grand merci pour montrer les extrémités de la pensée néolibérale.
Je vais vous rassurer, ma prise de position n'est pas basée sur le froid examen des bénéfices économiques, elle repose uniquement sur certains choix de valeurs. Le raisonnement économique ne m'intéresse pas quand il s'agit de commerce d'organes humains. Pour moi, ce n'est pas acceptable en soi.
Concernant la légalisation des paris en ligne, je ne vois pas pourquoi le fait que certains l'autorisent soient une preuve d'intelligence. Je me souviens d'un vieil adage sur les moutons qui sautent dans le vide...
A titre personnel, je ne vois pas ce que cette libéralisation apportera à l'intérêt général. Pour moi, il n'y a pas de bénéfices pour la collectivité.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 11.10.2009
> A titre personnel, je ne vois pas ce que cette libéralisation apportera à l'intérêt général. Pour moi, il n'y a pas de bénéfices pour la collectivité.
Vos tournures de phrases sont très intéressantes et assez révélatrices : "A titre personnel [...] intérêt général". "Pour moi [...] la collectivité".
Si différents individus ont différents avis sur ce qu'est ce fameux "intérêt général", c'est justement parce que celui-ci n'existe pas.
La généralisation du jeu est simplement un bénéfice pour les individus qui aiment jouer ! Pour ceux qui ne jouent pas, cela ne fait pas la moindre différence.
Car c'est un peu comme si vous disiez : "Qu'est-ce que la chasse apporte comme bénéfice pour la collectivité et pour l'intérêt général ? Strictement rien, c'est un loisir personnel. Interdisons la chasse !" (et pourquoi pas le cinéma, les fêtes foraines, etc.)
Pour en revenir au commerce des organes, j'ai un peu de mal à voir en quoi vouloir sauver plus de vies en remplissant les banques d'organes serait de l'extrémisme... Vos grands principes moraux, c'est de laisser mourir des gens faute de généreux donneurs ?
Écrit par : Yop | 11.10.2009
Bonjour Mr Pinsolle
Je participais au blog de Malakine, mais là je viens de me faire insulter par mel, Malakine débloque plein pot, il se prend pour un tsar, vous devriez vous en méfier, il perd ses nerfs, mauvais présage.
Écrit par : olaf | 12.10.2009
@ Yop
Bénéfice pour les joueurs ? Ruine pour davantage de personnes surtout !!! La chasse peut avoir pour bénéfice de réduire des populations animales trop importantes qui peuvent abîmer les cultures ou la forêt par exemple. Je crois qu'il faut faire la balance entre les bénéfices et les inconvenients d'une activité et pour moi, les paris en ligne n'ont guère de bénéfice et beaucoup d'inconvénients.
Concernant le commerce des reins, on sait tous ce qui se passerait si on l'autoriserait : un trafic d'organes dans les pays émergents à destination des pays riches. Mon principe moral, c'est éviter la marchandisation du corps humain.
@ Olaf
A la décharge de Malakine, le débat sur l'affaire Mitterrand est vif et j'imagine (je n'ai pas vérifié) que les commentaires sur Marianne devaient être gratinés. Pour avoir eu quelques échanges (y compris par mail) avec d'autres personnes sur mon papier, je me rends compte à quel point il peut être parfois être pesant d'écrire et d'être jugé durement.
Du coup, même si sa réaction a pu être vive, je crois qu'elle n'est que la conséquence des commentaires qu'il a reçus.
On peut échanger par mail si vous souhaitez (voir dans l'a propos).
Écrit par : Laurent Pinsolle | 12.10.2009
Désolé mais vos propos sont trop simplistes.
Si la Commission européenne a demandé la libéralisation des paris en ligne, la Cour de Justice des Communautés européennes a estimé que la législation portugaise qui exclut tout opérateur privé basé à l'étranger proposant des jeux de hasard est compatible avec les règles communautaires et notamment la libre prestation des services (art. 49 CE).
La France avait donc tout à fait la possibilité de résister et de ne pas libéraliser son marché des jeux en ligne.
Écrit par : Titem | 12.10.2009
@ Titem
Merci pour cette précision que j'ignorai. Cela ne retire rien à mon opposition à cette mesure mais cela permet de montrer la responsabilité du gouvernement actuel.
Écrit par : Laurent Pinsolle | 12.10.2009
Il me semble que par leur non au référendum constitutionnel les Français avaient déjà signifié leur refus de ce type d'Europe qui ne se préoccupe pas de ce qu'ils estiment être leurs besoins légitimes. Il suffit de constater qu'elle se soucie toujours plus de libéraliser ce qui facilite le jeu financier quel qu'il soit par le biais de la dérégulation généralisée que de répondre aux demandes bien plus légitimes et urgentes des agriculteurs et autres producteurs de lait... qui eux assurent notre subsistance quotidienne. Et non pas les addictions diverses qui font la fortune de certains qualifiés "d'entrepreneurs".
Il est bien loin le temps de la République qui, au nom du rejet de l'addiction au jeu, ne tolérait que la loterie nationale et ses "Gueules cassées" !
Écrit par : Erel | 13.10.2009
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