13.10.2009

Un roitelet à la Défense, une République en souffrance

Décidemment, l’actualité de la SarkoFrance, pour reprendre l’expression de Juan, est vraiment désolante depuis deux semaines. Après l’affaire Polanski et l’affaire Mitterrand, l’actualité politique est désormais dominée par l’affaire de la possible nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD.

Le népotisme dans toute sa splendeur

Il faut dire que Nicolas Sarkozy fait fort. Vouloir nommer son fils de 23 ans président de l’EPAD (l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense) atteint des sommets dignes d’une république bananière. Car qui peut imaginer une seconde que le rejeton du président de la République ait les qualifications requises pour présider à la destinée d’un établissement réalisant un milliard d’euros de chiffre d’affaire et trois cent millions de bénéfice ?

Qui peut croire qu’un jeune homme de 23 ans, étudiant en deuxième année de droit (…) et conseiller général depuis un peu plus d’un an ait les compétences requises pour gérer l’EPAD ? Il est évident que c’est son seul statut de « fils de » qui explique une telle nomination. Heureusement, la tempête médiatique qui prend forme pourrait contrecarrer les projets d’un président qui osait déclarer pendant la campagne présidentielle que les « nominations devaient être irréprochables »…

La presse étrangère a la dent dure contre notre président. The Guardian parle de « népotisme », et dénonce la mainmise du « clan Sarkozy » sur les Hauts de Seine. Le Times parle « d’embarras » et son correspondant évoque une « république bananière ». L’affaire est même évoquée en Inde, en Chine et en Indonésie, ce qui ne contribue pas à améliorer l’image de notre pays.

L’aléa moral de la présidence Sarkozy

Cette affaire est d’autant plus gênante qu’elle suit un certain nombre de nominations déjà contestables. En effet, Nicolas Sarkozy a nommé François Pérol, un ancien membre de son cabinet, président du regroupement entre les Caisses d’Epargne et la Banque Populaire. Il veut également faire d’Henri Proglio le président d’EDF, tout en lui permettant de conserver un poste chez Véolia, dans un montage trop peu orthodoxe pour ne pas être un nouveau petit arrangement entre amis…

Pire, cette affaire vient après les polémiques sur Roman Polanski et Frédéric Mitterrand, où le pouvoir, qui s’est toujours présenté comme intransigeant avec toute forme de délinquance, particulièrement sexuelle, a fait preuve d’une tolérance qui n’a pas fait l’unanimité. Europe 1 annonçait hier matin le report de la campagne contre le tourisme sexuel… Bref, comment ne pas avoir l’impression qu’avec ce gouvernement, la règle n’est pas la même selon les liens que l’on peut avoir avec le pouvoir ?

Outre l’aléa moral que représente l’addition de ces affaires, on peut également se poser des questions sur la coupure avec la réalité de Nicolas Sarkozy. En effet, comment pouvait-il imaginer une seconde que la nomination de son fils ne déclencherait pas une telle tempête médiatique ?

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/12/la-presse-etrangere-raille-sarko-junior-et-la-republique-bananiere-francaise_1252912_823448.html#ens_id=1052464

http://timescorrespondents.typepad.com/charles_bremner/2009/10/sarkozy-rules-okay.html

Le papier de Juan : http://www.marianne2.fr/La-semaine-de-Sarkozy-mepris,-inconscience,-nepotisme_a182396.html

Le lien vers la pétition contre sa nomination (le serveur est souvent surchargé) : http://www.mesopinions.com/Jean-Sarkozy--renoncez-a-postuler-au-poste-de-president-de-l-EPAD-petition-petitions-fdc75d89c604d782a5b2198681c67f26.html

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