19.10.2009

L’euro cher, le boulet de l’Europe

Près de 1,5 dollar l’euro : loin de menacer la reprise mondiale, la baisse de la monnaie étasunienne représente surtout une calamité pour les pays de la zone euro, qui risquent de voir leur reprise économique réduite à pas grand-chose du fait de la cherté de la monnaie unique.

L’euro cher, encore et toujours

Michel Aglietta affirme qu’à parité de pouvoir d’achat, l’euro devrait coter 1,07 dollars, ce qui est confirmé par les analyses de The Economist. Cela signifie donc qu’aujourd’hui, l’euro est surévalué de 40% par rapport au dollar. En clair, un bien produit dans des usines ayant la même productivité coûte 40% plus cher dans la zone euro que s’il était produit outre-Atlantique, ce qui laisse beaucoup de marges pour payer le transport, au détriment des industriels européens…

Pire, cette situation n’est pas limitée au dollar. La Grande Bretagne a laissé la livre se déprécier de 30% par rapport à l’euro depuis le déclenchement de la crise. Et le lien entre le yuan chinois et le dollar fait que la dépréciation du second par rapport à l’euro se transmet au premier… Enfin, plusieurs monnaies d’Europe de l’Est ont vu leur cours baisser par rapport à la monnaie unique. En clair, la zone euro présente la particularité de voir le cours de sa monnaie monter fortement pendant la sortie de la crise.

L’euro contre la reprise

Si l’euro est aussi cher, c’est la conséquence de la politique monétaire relativement plus restrictive de la BCE par rapport à celles de la Banque d’Angleterre et de la Fed étasunienne et d’un laissez-faire absolu des pays de la zone euro vis-à-vis de la politique de change. Nul doute que si la politique monétaire de la BCE était également fonction du taux de change de l’euro, alors, la monnaie unique ne serait pas aussi chère. Malheureusement, le seul objectif de la BCE est l’inflation…

Du coup, sa politique présente un biais monétariste qui rend l’euro trop cher. Les conséquences sont simples. Le cours trop élevé de l’euro pousse les industriels à délocaliser un maximum d’activités de la zone pour baisser leur coût de production. Ainsi, Renault, Peugeot et Citroën ont délocalisé de France la production d’un million de véhicules de 2004 à 2009, essentiellement dans des pays à bas coûts. De même, Airbus utilise de plus en plus de fournisseurs étasuniens…

Il ne faudra pas être surpris si en 2010, on se rend compte que la reprise économique est plus faible dans la zone euro qu’aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. La politique monétaire de la BCE continue d’être le boulet de nos économies. Jusqu’à quand ?

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/10/16/la-faiblesse-du-dollar-menace-la-reprise-mondiale_1254687_3234.html

http://www.leap2020.eu/GEAB-N-38-est-disponible!-Crise-systemique-globale-L-Union-Europeenne-a-la-croisee-des-chemins-en-2010-complice-ou_a3879.html

Commentaires

Je ne t'ai pas entendu encenser l'euro lors de la flambée du cout des matières premières ? Ni aujourd'hui alors que le baril stagne au dessus des 70 $ le baril ?

Clairement, il y a effectivement un boulet à assumer mais alors que tout le monde s'est empressé d'introduire des liquidités à coup de milliards sur les marchés, il faut réduire à minima une inflation qui arrivera, de toute manière, un jour ou l'autre. Car il faudra payer la main à la poche et le fonctionnement des planches à billets...

Bonne Journée Laurent.

Écrit par : Seb de CaRéagit | 19.10.2009

Seb et Laurent parlent du même sujet mais de deux choses différente. Laurent par du taux de change qui va dégrader la balance commerciale de la zone euro et Seb des taux d'intérêts.

Personnellement j'ai toujours pensé qu'on ne pouvait rien contre l'appréciation de l'Euro, et surtout pas une politique d'argent gratuit. Tout ce qu'on peut faire c'est de se protéger des conséquences commerciales.

Écrit par : Malakine | 19.10.2009

Des fossoyeurs néo-libéraux à l'anglo-saxonne, des veaux dans toute leur laideur, des francs-tireurs de la droite financière, alliés objectifs de la gauche bo-bo, les antithèses et les négations de De Gaulle... L'horreur absolue, l'anti-France par excellence, traîtres à la France et à ses valeurs... Hautement vomitifs.

Chassons-les à grands coups de pompes dans le cul !

Écrit par : Marc | 20.10.2009

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