24.10.2009

N’avons-nous rien appris sur le crédit ?

Alors que l’économie mondiale semble tout juste émerger de sa pire crise économique depuis 80 ans, une crise notamment provoquée par l’excès de crédit, comment ne pas voir dans les publicités pour la carte Double Action du Crédit Agricole une provocation scandaleuse ?

Double action ou double peine ?

En effet, même en ne regardant la télévision qu’avec parcimonie, il est impossible en ce moment d’échapper aux publicités pour cette carte « révolutionnaire » à la fois carte de paiement et carte permettant de déclencher instantanément un crédit, dont le taux, naturellement indiqué en tout petit, est 17,5% de TEG annuel maximum. Un taux qui permet de financer ces campagnes publicitaires puisque le Crédit Agricole se finance à seulement quelques pourcents, laissant une belle marge.

Et c’est toute la perversité du système qui se met en place. En effet, les TEG autorisés sur les crédits à la consommation permettent aux banques de dégager des marges énormes, même avec un taux de non-paiement significatif. Du coup, elles en font la publicité et les facilitent grandement pour les consommateurs en mettant à leur disposition une carte qui déclenche automatiquement un crédit. Mais cet accès automatique démultiplie son utilisation et donc les risques...

Mais que fait le gouvernement ?

Bien sûr, on pourra dire qu’il revient aux individus de bien lire toutes les petites lignes concernant les conditions du crédit. Et ce n’est pas faux. Néanmoins, ce raisonnement présente ici deux limites. Tout d’abord, le rapport de force entre les banques et les particuliers est asymétrique. Les banques l’ont bien compris : en créant cette carte « double action », elle déconnecte le moment où le client « lit » les conditions du prêt du moment où il le contracte tout en simplifiant à l’extrême la procédure.

Ensuite, il ne faut pas oublier que l’abus de crédit est dangereux pour la collectivité, comme l’expérience des subprimes aux Etats-Unis le montre. Un trop grand recours au crédit peut provoquer une bulle, qui, en se dégonflant, peut avoir des conséquences dévastatrices. Dès lors, il est important de mieux encadrer cette activité. Le gouvernement l’avait promis il y a quelques semaines mais rien n’a changé. A minima, il pourrait déjà interdire la publicité, ce qui semble la moindre des choses.

Ce qui est terrifiant avec la crise actuelle, c’est la vitesse à laquelle nous revenons aux excès qui nous ont menés dans le mur il y a si peu de temps. Bonus, crédit, rien n’a changé sous le soleil de la planète finance. Pour notre plus grand mal.

Source : http://www.credit-agricole.fr/particuliers/quotidien/moyens-de-paiement/cartes-retraits-et-paiements/mastercard-double-action.html

Commentaires

Libéralisme = Délocalisation pour maximiser les profits !

Délocalisation = moins d'argent dans le pays, moins de dettes, moins de salaires, moins de liquidité, baisse du C.A. de l'Etat ... donc Crise Economique ...

Écrit par : Aurélien | 24.10.2009

Bravo pour votre article, votre analyse m'a convaincu. Le crédit a été utilisé comme une sorte de drogue pour une classe moyenne et populaire dont la mondialisation empêchait le pouvoir d'achat d'augmenter. Malheureusement dans notre système néolibérale le retour à la croissance passe par la consommation et donc par toujours plus de crédit. Tout laisse penser que nous n'avons pas tiré les leçons de la crise.

Mon blog politique : http://unecertaineideedelafrance.hautetfort.com/

Écrit par : Adrien | 24.10.2009

D'ailleurs la pub actuel bingo crédit évoque à merveille cette dépravation dont le crédit agricole se fait le chantre !

Écrit par : aurélien | 24.10.2009

Les grands groupes financiers et bancaires savent très bien qu'en contrôlant et muselant les médias d'un pays, on peut y faire élire qui on veut !

C'est ainsi qu'Hitler l'Autrichien devint le reich furher de l'Allemagne, que musolini s'empara de l'Italie ... que le cow-boy cocainomane W. Bush devint président des states et que Sarko le hongrois s'empara de la France ...

Le fait d'être élu dans de semblables conditions n'empêche en rien la trahison des intérêts bien compris d'une grande nation particulièrement quand on se revendique militant de lobby étranger défendant des intérêts bien comme ceux du lobby sioniste fodé et dirigé par les Grands banquiers de la FED, à savoir les Rothschilds & consorts ...

Les résistants ne sont pas des élus comme ceux de vichy par exemple .... mais assurément, ils sont les seuls à représenter dignement une nation lorsque celle-ci est sous occupation, militaire, financière, politique ou médiatique : voilà la vérité cher ...

Vive la France libre !!!

Écrit par : benoit | 24.10.2009

Tiens d'ailleurs, en parlant de collaborateur de Vichy:


Dans une chronique parue dans Libération le maire PS de Quimper, Bernard Poignant, rappelle que le bouclier fiscal (pas plus de 50% des revenus indécents prélevés) fut la créature chérie (en même temps que l’Ordre des experts-comptables et la fonction de.. PDG !) du ministre des finances de Pétain entre juin 1940 et avril 1942, Yves Bouthillier (lequel il est vrai fut finalement arrêté par les Allemands en 1944, mais revint vivant).

En fait, le bouclier fiscal était né d’un décret-loi du 12 novembre 1938 (resté inappliqué) tandis que l’obsession de Bouthillier était d’inscrire ce bouclier dans le marbre de la constitution maréchaliste alors en gestation.

Une constitution qui heureusement ne vit jamais le jour, pour cause de défaite cataclysmisque de l’Europe hitlérienne.

Mais ce que ne souligne pas Bernard Poignant, c’est que c’est bien le Medef qui voulait dernièrement constitutionnaliser le bouclier fiscal, exactement comme ce ministre vichyste, au moment où la Commission Balladur, nommée par Sarko Ier, s’apprêtait à défigurer le Préambule constitutionnel issu de la Résistance et de la Libération antifasciste, avant de renoncer à l’oser.

Écrit par : juaio | 24.10.2009

Georges Pompidou etait salarié de la banque Rothschild :Depuis 1973 la France s'est interdite de créer la monnaie dont elle a besoin pour combler ses propres déficits, que ce soit en fonctionnement (salaires et retraites des fonctionnaires, loyers, etc.) ou en investissements pour son développement (écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hopitaux, bibliothèques, etc..) mais s'est obligée à emprunter sur les marchés monétaire en émettant des obligations (bons du Trésor) sur lequel évidemment elle doit payer un intérêt à ceux qui souscrivent (40% du montant par des résidents, 60% par des non-résidents), ce qui a pour conséquence, comme nous l'avons vu plus haut, qu'au fil des années la dette s'alourdit d'un montant sensiblement égal au "déficit", qu'il faut couvrir par l'emprunt, c'est-à-dire par l'émission d'obligations nouvelles auprès du public et surtout des investisseurs institutionnels (assurances, banques, etc).

Écrit par : max | 26.10.2009

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